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Comment s’enrichir à gauche quand on est de droite ?

Je cite de mémoire ce dilemme relevé dans le fil internet d’un héritier racontant avoir eu à choisir de voter entre gauche et droite, lors de la réélection de François Mitterrand en mai 1988.

« Quand les socialo-communistes sont arrivés au pouvoir en 1981, mes parents ont eu peur. Ils ont envisagé de quitter la France. Après sept ans de socialisme, ils ne se sont jamais autant enrichis. Je suis de droite comme mes parents. Je me demande si je n’ai pas intérêt à voter Mitterrand pour faire fructifier mon héritage. »

Ce brave citoyen n’aura eu aucun souci à se faire : Mitterrand réélu pour sept ans en mai 1988, les riches pourront continuer à s’enrichir de plus belle en régime socialiste. Ce que les socialistes appellent probablement la redistribution par le haut.

Avant d’aller plus loin, retenir ces deux interventions électorales des mandarins socialistes quand ils sont proches du pouvoir « (extrait de ma chronique Les « journalistes » :

1) Congrès d’Épinay, 1971, trois ans après Mai 1968. C’est le chef du Parti socialiste Mitterrand, futur président de la République, qui dénonce les privilèges des « maîtres de l’argent » : « L’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! »

2) Le Bourget, janvier 2012. C’est le candidat socialiste à la présidentielle, François Hollande, qui remet le couvert quarante ans après son prédécesseur, et qui, dans une réunion électorale, déclare la guerre aux « maîtres de l’argent » : « Mon véritable adversaire il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne : cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

Comment est-il possible d’être plus menteur, plus pharisien, que ces deux individus (eux et les autres), alors qu’ils vont, toute honte bue, précipiter les finances publiques de l’État français en les remettant entre les mains de la Haute finance internationale spéculative, cosmopolite et apatride ?

D’abord je rappelle, comme à chaque occasion qui se présente, qu’en République il n’y a pas de droite, cela n’existe pas, c’est une fausse perspective du spectre républicain. La République est de gauche, fondamentalement de gauche, de la gauche la plus horriblement, la plus hypocritement bourgeoise qui soit, cela depuis 1789. La véritable droite ne peut être que hors la République.

C’est sous la période socialiste que le phénomène des oligarchies s’est transféré de Russie en France. Or les oligarques russes sont ceux qui se sont approprié l’économie de l’État communiste après l’effondrement et le démembrement de l’URSS. Donc un oligarque est un capitaliste qui privatise des biens à caractère publics d’un État défaillant et se substitue à cet État. Quand Mitterrand est arrivé au pouvoir, il a élargi les nationalisations d’après-guerre. Il s’est vite retrouvé devant un mur et a été obligé de rétropédaler après avoir fait le généreux avec l’argent public (tournant de rigueur), surtout au moment où les entreprises françaises étaient confrontées à des vagues de licenciements massifs : licencier ou mourir.

Dès l’instant où l’on ouvre ses frontières au commerce international, les entreprises d’État n’ont aucune chance de survie face au capitalisme mondialiste imposé par les normes anglo-saxonnes, États-Unis en tête. La belle idéologie socialiste (on est tous des frères, mon frère, libres et égaux, le monde va changer, on va connaître le bonheur, etc.) ne triomphe que le temps d’un printemps, puis le réel revient au galop et les sectateurs du socialisme libérateur le prennent en pleine figure, le réel : dès lors ils montrent leur véritable visage. En France, le socialisme idéologique, si toutefois cela existe, n’aura duré que trois ans. L’économie sauvage sera de nouveau libéralisée suite à un compromis vaseux social-libéral appelé Ni-Ni ; les socialistes se contenteront de ponctionner les entreprises afin de créer des fonctionnaires en surnombre et des assistés sociaux en masse protégés à vie, en vue d’accroître leur vivier électoral à l’infini, d’imposer leurs conceptions sociétales et leurs mœurs de dégénérés.

L’accroissement de ces ponctions qu’on appelle prélèvements obligatoires ont atteint des limites à peine supportables en France. Le chiffre est calé depuis des décennies sur la proportion de 47,5% du Pib, mais en réalité il tourne autour de 60%, si l’on comprend certains fonds publics de retraites et l’endettement systémique élevé de l’État français. Le résultat de cette situation est d’avoir provoqué le transfert à l’étranger des sièges sociaux de nombreuses entreprises françaises et encouragé l’évasion fiscale, rendant possible les concentrations industrielles off-shore et le développement de l’apatridie économique (opposée au patriotisme économique). Dans un pays qui n’a plus de frontières, rien n’est plus facile que de transférer son argent dans des paradis fiscaux pour échapper au matraquage des prélèvements obligatoires. Il suffit par la suite de s’en prendre aux classes sociales les plus productives.

C’est en régime socialiste que la France a connu une augmentation fulgurante de la fonction publique, jamais atteinte à ce niveau dans aucune société humaine, excepté dans les dictatures communistes.

C’est en régime socialiste que l’endettement structurel récurrent de l’État français a connu une progression foudroyante n’ayant jamais cessé depuis, quels que soient les gouvernements en place.

C’est en régime socialiste que les frontières et les barrières de protection économiques et sociales ont été supprimées, portant un coup fatal à la souveraineté de la nation française.

C’est en régime socialiste que la France a été mise à l’encan, vente à la découpe en gros et au détail ; on ne compte plus les entreprises françaises, petites ou grandes, passées sous contrôle étranger.

C’est en régime socialiste que même les entreprises nationales à caractère stratégique sont bradées à l’étranger : le cas emblématique du secteur énergie d’Alstom, victime d’un véritable « braquage à l’ancienne » perpétré par les Américains avec la complicité active du Gouvernement français.

C’est en régime socialiste que les petits commerces de centre-ville, de quartier, de village, d’artisanat utilitaire, ont été littéralement vampirisés par la multiplication des enseignes de la grande distribution, celle-ci ayant largement contribué avec l'agro-business à la désertification des campagnes et à la destruction de la paysannerie française. 

C’est en régime socialiste que l’État français a fermé les arsenaux dédiés à la fabrication de l’armement léger, faisant désormais dépendre la sécurité du pays de fournisseurs étrangers, et mettant gravement en danger le peuple français, qui se retrouve du même coup dans l’incapacité de se défendre en cas d’agression ennemie, d’où qu’elle vienne.

C’est en régime socialiste qu’a commencé à se généraliser la vente des grands vignobles aux intérêts étrangers, de nos terres cultivables, de nos forêts (voir le pillage en règle des chênes centenaires par les Chinois), de notre patrimoine national historique…

C’est en régime socialiste que les entreprises françaises ont délocalisé en masse dans les pays à faibles coûts salariaux et sociaux, pour échapper au fiscalisme punitif de l’État républicain et rendre notre économie plus compétitive, —  ce qui est le cas quand on profite du caractère esclavagiste ce certains pays maintenus artificiellement dans un état d’infériorité socio-économique volontaire.

C’est en régime socialiste et à contrario que le phénomène des emplois étrangers détachés s’est multiplié (peu importent les directives européennes qui sont toujours la bonne excuse) ; des emplois « détachés » relevant le plus souvent du dumping social et se surajoutant à l’immigration invasion.

C’est en régime socialiste que s’est développé l’usage permanent et systématique de la planche à billets, création de monnaie, de valeurs (titrisation) sans contrepartie physique fondée sur le renchérissement constant du coût de la vie (inflation) et la logique anticipative du prêt à intérêt, susceptibles de se maintenir tant que le système ne s’effondrera pas.

Et je ne parle pas des autres domaines sociaux et sociétaux, de l’enseignement, de la culture, de la diplomatie, de la Défense, de l’insécurité des citoyens, il y aurait des pages de « C’est en régime socialiste que… »         

Trois grands fléaux dont on ne peut accuser les socialistes mais dont ils auraient porté la responsabilité s’ils avaient été au pouvoir plus tôt : l’immigration invasion, le massacre de la paysannerie française de tradition (j’ai bien dit massacre ou génocide si l’on veut), le déferlement de la censure à tout va qui s’est aggravé au fil des ans, toutes dispositions politiciennes que l’on doit à la fausse droite républicaine, bien entendu reprises et exacerbées par la gauche en général. Quant à l’Union Européenne, cette création tératologique sans légitimité aucune, amorphe, dispendieuse, stérile, nuisible, elle a fait l’unanimité du spectre républicain, sauf des électeurs français et européens (référendum de 2005 sur la Constitution de l’UE).

Le brave citoyen ci-dessus, probablement adepte de la droite simili républicaine, ne pouvait être que rassuré : il n’y a pas mieux que le socialisme pour s’enrichir, que l’on soit banquier, national ou international, dans les affaires industrielles et commerciales, élu de la république et militant de gauche ; j’ajouterais : parasite social et gangster.

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