Le référendum d'initiative populaire

Ff6 4 bandeau2

 

Dans la Constitution française, le principe de la République est énoncé comme suit :

« Le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ».

Cela, c’est pour l’esbroufe républicaine, le tape-à-l’œil, la gloriole, les proclamations bardées de bonnes intentions, les fières devises dont on orne les frontons des palais officiels. Ou si vous préférez, dit plus simplement, c’est une manière de se moquer royalement (et républicaine­ment !) du citoyen.

Dans les faits, dans la réalité, le véritable principe de la République est tout le contraire ; il est tel que nous le subissons crescendo depuis l’après Mai-1968, c’est-à-dire inversé :

« La République est le gouvernement du peuple sans le peuple et contre le peuple ».

Voilà ce qu’il faut retenir en premier.

Nous n’allons pas aborder ici de manière technique le référendum d’initiative nationale ou populaire, mais le présenter dans son principe.

Nous nous en tiendrons à quelques points essentiels, et déclinerons quelques avantages pour le citoyen électeur. Quitte à invoquer le suffrage populaire, qu’il serve à quelque chose de concret.

Le système électoral républicain, fondé sur la représentation parlementaire, n’agit que sur la désignation d’hommes et le choix d’un panier généralement appelé « programme électoral », véritable fourre-tout de fruits appétissants qu’on met dessus le panier, tandis que les fruits pourris sont cachés au fond. Et quand on vote, on vote pour le panier entier, sans même savoir ce que contient le panier, et sans même se rendre compte que les beaux fruits offerts, qu’on appelle en jargon politique des « promesses », ne sont pas gratuits, coûtent très chers au contribuable, et que, dans le fond du panier, bien cachées au public, se lovent les entourloupes.

D’où les désillusions qui s’ensuivent, puis le report aux élections suivantes sur le vendeur d’illusions du camp d’en face ; et de nouveau, les mêmes arnaques, les mêmes désillusions, et le cycle recommence ; un coup à droite, un coup à gauche, le cycle est sans fin ; il dure depuis soixante-dix ans, pour ne parler que de l’après-guerre ; il est d’autant plus dangereux que c’est un cycle hélicoïdal descendant. Autrement dit, à chaque cycle électoral, la France s’enfonce un peu plus dans le chaos. Tout se passe, dans ce système républicain, comme si les électeurs signaient les yeux bandés un chèque en blanc au profit de leurs mandants, de leurs fondés de pouvoir, la représentation politicienne n’étant qu’un détournement de pouvoir par délégation.

Rappelons que les représentants du peuple, les élus de la république, ne représentent pas plus les électeurs que les citoyens ; en réalité ils représentent les oligarchies mondialistes, et n’ont d’existence que pour faire accepter par le peuple, sous le nom de « démocratie représentative », les lois imposées par le Nouvel Ordre Mondial ; donc des lois au seul bénéfice de ce pouvoir oligarchique qui vient d’en haut, appelé aussi Cartel des banques. Que l’on parle de socialisme, de communisme, de libéralisme, tout en haut de la pyramide on tient le même langage.

Dès lors, nos pseudos « représentants du peuple » ne sont plus que des agents de propagande, relais locaux du pouvoir mondial,  en campagne électorale permanente à seule fin de maintenir le système en place ; ils agissent sous différentes étiquettes politiques, simulent des oppositions fictives pour leurrer les électeurs ; ce qui se résume par ce simple slogan universel : diviser pour régner…  Quant aux idées politiques proprement dites, elles ne sont là que pour brouiller les esprits ; on fait semblant d’aborder les problèmes réels, de les analyser, et apporter des solutions qui sont autant de promesses démagogiques que de leurres idéologiques.

Le système est conçu de telle façon qu’il amène les élus à traiter les effets les plus immédiatement visibles des problèmes de société, sans jamais remonter aux causes situées par nature en arrière-plan, donc invisibles pour l’électeur ; les politiciens républicains se caractérisent en ce qu’ils traitent des effets, jamais des causes réelles ; du coup, l’électeur tend à se satisfaire d’une information superficielle prémâchée, prédigérée, dont il est gavé à longueur de journée, sans chercher à en savoir davantage ; il a été éduqué pour ne jamais se poser de questions au-delà de la perception immédiate qu’il a des faits ; la recherche des causes véritables, parfois lointaines, n’a électoralement aucun intérêt pour l’élu ; elle est même dangereuse pour lui ; la recherche des causes étant la recherche de la vérité, celle-ci n’aurait pour résultat que de le desservir : la vérité dévoilerait ses manigances. Donc, faire de la politique en régime républicain, c’est mentir pour cacher la vérité.

Le système électoral républicain est une véritable nasse d’où l’on ne sort plus dès lors qu’on est piégé.

*

Rien de tout cela dans le référendum d’initiative populaire qui traite au cas par cas, point par point, et de manière circonstanciée, des thèmes politiques proposés. D’autre part l’initiative est déclenchée par les citoyens eux-mêmes sur la base de 1 à 2% du corps électoral.

Dès lors, les partis politiques n’ont plus tout à fait la même fonction limitée à faire élire des personnages ; ils ont aussi pour rôle de lancer des initiatives qui exigent une propédeutique électorale particulièrement performante, dont le but est d’informer contradictoirement et de manière claire, précise, complète, l’électeur sur un thème politique défini, bien circonscrit, et sur lequel on va lui demander de se prononcer.

La méthode est autrement plus pédagogique que les gesticulations tonitruantes des marchands de tapis de la politique politicienne.

Le référendum d’initiative populaire permet de mettre en avant et de porter à la connaissance du public nombre de sujets variés, traités au coup par coup et unitairement, qui, en temps ordinaire, ne sont jamais abordés par la représentation républicaine, voire carrément exclus de la discussion… Vu le nombre de problèmes qui s’accumulent et sont mis sous le tapis, les sujets ne manquent pas !

Deuxième argument, le processus électoral tend à responsabiliser l’électeur, l’oblige à s’impliquer davantage, à s’engager plus à fond. Alors que dans le mode républicain, les électeurs se contentent de mettre un bulletin dans l’urne, puis d’oublier (et de s’endormir !) jusqu’aux élections suivantes. Et tant pis pour la désillusion !

Quatrième argument non négligeable, les campagnes électorales sont moins nombreuses, moins polluées par les effets démagogiques de la politique politicienne, et l’obsession de la réélection ; elles ont donc des chances de se dérouler dans un climat général plus serein, propice à la réflexion et au vrai débat.

Cinquième argument, le référendum d’initiative populaire constitue pour le peuple une protection contre les abus de pouvoir des politiciens ou des chefs d’État ; la plupart des chefs d’États républicains, dès lors qu’ils sont élus, assurés qu’ils sont de n’avoir jamais de compte à rendre à leurs concitoyens, ont tendance à croire en leur pouvoir illimité et à gouverner sans consulter les électeurs, avec parfois des comportements d’autocrates ou de potentats de républiques bananières

Un sixième argument est de dire qu’un quorum de participation, dans ce type de configuration électorale référendaire, n’a aucun sens : le scrutin est unique et la victoire est à celui qui l’emporte à la proportionnelle directe, quel que soit le taux de participation. À celui ou ceux qui ne sont pas satisfaits du résultat dans un sens ou dans l’autre, il suffit de rétorquer : il fallait vous sentir concernés, et vous donner la peine d’aller voter !

Un des arguments des adversaires du RIP est de dire que les électeurs ne sont pas suffisamment compétents pour faire acte de décision. La belle affaire ! Il est vrai que les électeurs, ces éternels immatures, ne sont jamais assez compétents pour nos édiles remplis d’eux-mêmes : il faut les tenir par la main, leur montrer le chemin, leur dire où ils doivent poser le pied, et dans quelle direction avancer ; ils ne sont, en effet, jamais assez compétents pour se déterminer et donner leur consentement sur un point particulier bien défini, bien expliqué… Par contre, ils sont toujours assez compétents pour se laisser caresser dans le sens du poil, pour élire au jugé des bateleurs d’estrades, des bonimenteurs de foire qui leur font avaler n’importe quelle salade politicarde, des gens qu’ils ne connaissent pas, et dont ils ne savent rien du panier de belles promesses faisandées qu’ils proposent à leurs suffrages, alors que le RIP ne leur demande de se prononcer que sur des propositions claires, précises et circonstanciées.  

Le Référendum d’initiative populaire porte dans trois directions :

1) l’adoption des lois.

2) l’abrogation des lois.

3) La révocation des élus.

Le référendum d’initiative populaire, peut-être national ou communal. C’est ce qu’on appelle aussi la DÉMOCRATIE DIRECTE. Son intérêt est d’abord national. Il est impératif et a valeur exécutoire ; c’est donc un vote décisionnaire et non un vote sélectif. Il n’empêche pas le référendum ordinaire, institutionnel, mais nos élus républicains sont plutôt chiches côté référendums ; ils s’arrangent pour ne jamais en parler, même l’évoquer devant eux suffit à détourner la question.

*

Quelques précisions

La démocratie est née dans la Grèce antique, voici 2500 ans. Elle a échoué pour des raisons techniques, historiques, trop longues, trop complexes à évoquer ici. Elle s’exerçait dans les cités anciennes, sur des territoires en moyenne grands comme des cantons, voire des arrondissements ou départements, et chaque Cité était comme un État indépendant. Seuls les hommes libres, majeurs et de toutes conditions étaient citoyens. Les femmes et les esclaves ne votaient pas. La Cité la plus connue parmi des centaines, est la fameuse Cité d’Athènes. Le principe du gouvernement direct par une assemblée populaire n’est pas transposable sur des territoires vastes comme la France, et de plus, pour nombre de raisons, le modèle n’est pas viable.

Par contre, la démocratie directe appuyée sur l’initiative, fonctionne et a fait ses preuves ; le but de ce système n’est pas de gouverner à la place des élus comme dans les assemblées athéniennes, mais de créer des cadres légaux issus du suffrage populaire à l’intérieur desquels les gouvernants élus ou nommés sont tenus d’agir, et aussi d’intervenir sur les grands  thèmes sociétaux qui mettent en cause tant l’unité nationale que la nation elle-même.

La Suisse est celle qui a donné ses lettres de noblesse à la démocratie directe moderne, même s’il existe certaines restrictions. Et même si la France a connu une situation similaire au temps des villes franches, et des communautés paysannes et ouvrières. Mais c’était sous la féodalité, au Moyen-Âge, un âge que l’on dit obscurantiste… comme nous le rabâchent les esprits forts. 

Depuis la fondation de l’État fédéral suisse en 1848, la Suisse a connu plus de 600 référendums (chiffres 2014). Six cents ! Entre les référendums institutionnels (obligatoires et facultatifs, distinction propre à la Suisse) et les initiatives, la votation se répartit comme suit :

Référendums institutionnels : 393 – Acceptés : 260 – Rejetés : 133

Initiatives populaires : 196 – Acceptées : 22 – Rejetées : 174

Contre-projets : 16 – Acceptés : 6 – Rejetés : 10

Les contre-projets sont des initiatives que le gouvernement oppose à l’initiative populaire.

Le nombre inférieur d’initiatives vient du fait que le référendum institutionnel a fait son office à plein ; les autorités vont au-devant des attentes des citoyens avant d’y être contraintes. Le nombre d’initiatives rejetées est important, mais il faut savoir que tous les partis politiques, y compris les citoyens (ce qui n’est quand même pas à la portée du premier venu), peuvent lancer des initiatives. Certaines ayant parues fantaisistes ou irréalistes aux citoyens suisses, il y a du déchet.

Quoi qu’il en soit, 600 référendums en 167 ans, cela fait rêver au pays de la « Grande » République Française qui se gargarise de démocratie, et prétend en remontrer à la terre entière en matière de liberté, d’égalité, de fraternité. Non seulement elle n’a jamais appliqué le référendum, sauf exceptions qui se comptent sur les doigts de la main, mais elle possède en plus les lois les plus restrictives et les plus répressives de toute l’Europe occidentale en matière de liberté d’expression et de libertés publiques.

Les Suisses tiennent à leur particularité démocratique ; ils ont failli la perdre quand s’est posée la question de l’adhésion à l’Union Européenne. Une majorité de Suisses y fut favorable un temps ; cela signifiait la fin inéluctable de la spécificité nationale. Mais l’opération ne s’est pas faite. Depuis, et vu la tournure des événements européens et mondiaux, ils ont franchement rétropédalé.

La Suisse gêne l’hyper-oligarchie mondialiste et le Nouvel Ordre Mondial, sauf quand les grossiums y trouvent avantage à s’y domicilier. Elle est comme le caillou dans la chaussure, l’escarbille dans l’œil, et surtout elle est le mauvais exemple qui ne doit pas se reproduire. Si elle n’était pas entourée de l’Allemagne, la France, l’Italie, les pays de l’Est, quelque chose dit qu’elle aurait connu un destin funeste à l’exemple de la Serbie, de l’Irak, de la Lybie, de la Syrie…

Maintenant, il faut se demander pourquoi la démocratie directe est si unanimement rejetée, pour ne pas dire vomie par la classe politique française. La Suisse a subi elle aussi les mêmes influences que nous en France, mais compte tenu de son histoire et du caractère composite de sa structure ethnolinguistique historique, elle a pris très tôt la bonne direction. En 1948, la France était en révolution — comme d’habitude —, la Suisse aussi mais pour des raisons inverses ; elle se transformera en État fédéral (1), en dépit des fortes influences germaniques, italiques, françaises, et introduira l’initiative populaire dans sa constitution.

En France, depuis la Révolution de 1789, la bourgeoisie athée, judéo-maçonnique et protestante, qui porte en elle une haine rabique et ravageuse de la monarchie et de l’Église catholique, n’a qu’un mot à la bouche : République ! République !... La République, c’est-à-dire le trépied idéologique républicain : socialisme, communisme, libéralisme ; et comme mouvements politiques, l’orientation jacobine et girondine, c’est-à-dire la gauche et la fausse droite mais vraie gauche dans les faits, à chacun d’y mettre les partis politiques qu’il veut. Dans cette opposition jacobins-girondins, les girondins, c’est-à-dire la fausse droite (sous la Convention, il n’y avait pas de droite à l’Assemblée : seulement les Montagnards et la Plaine : tous de gauche, durs et modérés) — les Girondins joueront de toujours le rôle d’idiots utiles au service des Jacobins. Dans les faits, la République Française est toujours restée jacobine, c’est-à-dire idéologiquement socialo-communiste, ou, si l’on préfère, la République Française a toujours été une dictature de gauche, que le grand patronat libéral instrumentera à son profit ; elle n’a jamais été autre chose de toute son histoire.

Le pli est tellement pris que le référendum d’initiative populaire est tabou. On n’en parle pas, ni dans les partis politiques, ni dans la presse, et surtout pas dans les écoles grandes ou petites. Les élèves des grandes écoles dites « prestigieuses », qui façonnent les « élites » politiciennes et les technocrates de demain, sont shootés à l’idéal républicain. Ils sont formatés à l’équerre et au compas maçonniques comme des poissons surgelés transformés en rectangles panés normalisés, prêts à cuire. Sauf qu’eux c’est pire : ils sont déjà cuits en sortant de l’école. Ils ont des têtes pleines d’hydrocéphales ministrables, et des dents aiguisées à rayer les parquets ; ils sont obsédés par l’unique pensée qui encombre ce qui leur reste de cerveau disponible : comment accéder à la place la meilleure dans la haute fonction publique pour satisfaire leur soif dévorante d’ambition personnelle, et se goberger aux frais du contribuable ?

Le diplôme apparaît de moins en moins comme un brevet de compétence, mais de plus en plus comme un passe-droit. Ils sont affolés de pouvoir, de gloire facile et factice ; ils aspirent à la reconnaissance publique, tout cela avec la sécurité de l’emploi et la retraite afférente. De la France, ces prétendus grands serviteurs de l’État s’en fichent comme de leur première couche-culotte (Qu’est-ce que servir l’État ? Servir l’État ou se servir de l’État ?). Quand Laurent Fabius, inamovible ministre de tous les gouvernements socialistes, est sorti de l’ENA, il hésitait entre la droite et la gauche ; il s’est finalement déterminé pour la gauche, parce que l’avenir socialiste était plus radieux à l’époque que celui de la pseudo-droite conservatrice. Pas de doute, un personnage bardé de convictions, pas pour rien fils d’un richissime spéculateur sur les marchés de l’art. Quand le socialiste Mitterrand a été élu en 1982 et, à sa suite, quand les socialo-communistes ont emporté la majorité au Parlement, l’activité la plus fébrile des nouveaux élus, barbus comme des notaires de province égarés dans les palais nationaux (en majorité des enseignants), fut d’appeler les membres de leur famille, les amis, les connaissances, etc., pour faire passer ce message hautement civilisateur : « Venez nous rejoindre, il y a des places à prendre ! »

La République Française est née en 1792 dans le sang et la terreur.

La République Française n’a jamais été la liberté, la fraternité, l’égalité pour le peuple français, mais l’avènement d’un ordre satanique imposé à la France, et le signe de sa descente aux enfers qui est en train de connaître son dénouement de nos jours.

En fait de liberté, la République Française bâillonne et fait taire tous ceux qui ne sont pas politiquement corrects et multiplie les interdits comme jamais la France n’en a connus, même sous le régime des Rois.

En fait d’égalité, la République Française n’a jamais cessé de prélever sur ceux qui travaillent et créent de la richesse pour la redistribuer au bénéfice de leur réservoir électoral naturel : les fonctionnaires, les associatifs, les assistés.

En fait de fraternité, la République n’a jamais cessé de faire battre les Français entre eux, de les remonter comme des coqs ébouriffés sur leurs ergots, de les dresser les uns contre les autres, de mettre au pilori et de faire haïr ceux qui sont politiquement incorrects, sans compter les grandes guerres dans lesquelles elle a entraîné nos compatriotes pour les faire tuer en masse.

LA FRANCE MEURT DE LA RÉPUBLIQUE

Et les Français persistent à ne vouloir rien voir, rien comprendre, rien entendre, alors que leur pays est déjà en état de coma avancé !

Ff6 trait1 1