Abstention ou vote blanc

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L'abstention civique

Nous avons hésité un temps entre boycott ou abstention à propos des élections. Nous avons écarté boycott en ce sens que le mot est plus fort, mais il a une valeur purement négative. Boycotter c’est ostraciser sans plus. Toutefois, c’est une arme de combat psychologique puissante dont nous nous réservons l’usage si nécessaire.

Par contre, l’abstention civique (motivée à la différence de l’abstention tout court) ne peut être considérée comme un déni de citoyenneté ni comme un de désintérêt de la chose publique ; elle exprime clairement un acte de défiance et de rejet du régime politique existant, en tant que système de gouvernement et de système électoral ; il s’agit donc d’un acte posé, réfléchi, responsable. Il dénonce également l’absence d’offre politique en même temps qu’il exprime le refus de se soumettre à un système électoral apparaissant de plus en plus aux citoyens comme un attrape-nigauds particulièrement cynique animé par des gens sans scrupules ; des gens qui ont imposé tout ce qu’ils ont voulu sous le faux nom de « démocratie » sans jamais consulter le peuple, qui ont détourné l’État français à leur profit et à celui des lobbies et groupes de pressions divers, et qui, par-dessus le marché, prennent les électeurs pour des demeurés irresponsables, les croyant incapables de comprendre leurs manigances.

Pour que la prise en compte des abstentionnistes soit valable, nous ne cessons de rappeler qu’il est absolument nécessaire d’être inscrit sur les listes électorales. Généralement, dans le décompte abstentionniste, on considère que 5 à10 % des électeurs en moyenne le sont, non par choix, mais par empêchement ponctuel. Donc au-delà de ce chiffre, l’abstention exprime une tendance qui doit être prise en compte comme désignant clairement un refus sinon un rejet du régime politique en place.

Autre précision importante.

L’abstention civique peut-être aussi présentée sous la forme d’un droit de retrait électoral. Ne pas hésiter à utiliser cet argument qui fait valoir une application concrète de la vraie démocratie, marque d’un acte citoyen responsable propre à l’électeur, et non bien sûr d’un désintérêt de la chose politique.

Le vote blanc

Certains feront observer que le vote blanc pourrait tout aussi bien faire l’affaire. Non. Le vote blanc n’a pas du tout la même valeur. Il n’est pas significatif, influe peu sur le résultat et de toute façon n’est pas pris en compte. Il est considéré comme l’expression d’un mécontentement sporadique face à l’offre politique du moment, mais en aucun cas comme une condamnation du régime politique. Il peut aussi apparaître comme un cautionnement que les candidats élus auront beau jeu d’opposer aux abstentionnistes, arguant qu’en votant blanc les électeurs n’ont pas exprimé un rejet du système, mais une insatisfaction face aux propositions politiques qui leur ont été soumises à l’occasion d’un scrutin ponctuel. Toutefois, l’abstention ajoutée aux votes blancs et nuls, traduisent un malaise général à l’égard du système.

Rappelons :

1) Que le but recherché par l’usage de l’abstention est de délégitimer et de révoquer les élus de la république, c’est-à-dire de délégitimer le système représentatif et d’en finir avec les prétendus représentants du peuple qui ne représentent rien sinon le pouvoir oligarchique mondialiste, puis d’appliquer le référendum d’initiative populaire (le vrai, pas le faux inscrit dans la Constitution), et d’une façon plus générale, d’appliquer le référendum comme mode de gouvernement, donc la démocratie directe.

2) Que la République n’est pas une démocratie, mais un organe exécutif agissant au nom du Nouvel Ordre Mondial par-dessus les peuples et les nations, devant aboutir à l’ultime dictature universelle ou néo-communisme.

3) Que du même coup le référendum élimine les deux effets pervers principaux du système :

a) on vote désormais pour appliquer des propositions politiques sélectionnées (thématique) et non pour élire des bonimenteurs uniquement sur leurs capacités à endormir le citoyen ;

b) on élimine le flot des promesses électorales menteuses ou pernicieuses pour ne pas dire désastreuses, qui pervertissent le bon sens et le jugement des électeurs.

4) Qu’il est important de rappeler que les élus de la République ne sont que des agents administratifs asservis à leur fonction, détenteurs d’une autorité temporaire de portée limitée, révocables à tout moment, et non des monarques, des princes, des seigneurs, qui règnent en majesté par le pouvoir discrétionnaire que leur confère la délégation publique ; du même coup, on ne voit pas ce qui empêcherait que nos édiles soient nommés ou désignés (les Préfets ne sont pas élus, personne ne s’en plaint, alors que le Corps préfectoral est le bras armé de l’État). Ce sont les fonctionnaires qui doivent obéir à ce que décident les citoyens et non le contraire.

5) Que si les députés votaient une loi rendant le vote obligatoire sous peine de sanction comme dans certains pays (menace récurrente), ce serait une insupportable atteinte à la souveraineté nationale déjà fort malmenée par les élus. Peuple souverain, osent-ils répéter ad nauseam ! Sauf que le peuple est plus souvent cocu que souverain. Si une telle menace se précisait, il serait du devoir des citoyens de surdéterminer leur décision en opposant une réaction au chantage et à la menace que font planer les élus de la république par leur volonté d’étouffer la souveraineté démocratique, et par là-même bâillonner le peuple français.

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 Addendum

Il est évident que nous nous attendons à ce que le vote obligatoire soit perfidement imposé à un moment ou à un autre, d’autant que l’abstention s’aggravant d’élection en élection, des rumeurs qui en font état réapparaissent avec insistance. Le plus surprenant — il y aurait de quoi en rire si la situation n’était pas si grave — est que le modèle proposé comme système de vote obligatoire est… la Belgique ! La Belgique, ce trou noir de l’Europe, comme je l’ai déjà définie par ailleurs, un pays qui se délite littéralement, autant politiquement, ethniquement, que sociologiquement ; un pays mal né, qui a du mal à exister et à se perpétuer. Quel modèle !

Quoi qu’il en soit de l’éventualité dune décision de vote obligatoire — qui ne pourrait passer que pour une nouvelle félonie ourdie contre le peuple Français —, nous saurons, le cas échéant, la prendre en compte, nous adapter et tirer le meilleur parti de cette nouvelle trahison des élus de la République.

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À propos de la Présidentielle 2017

À l’occasion de cette élection présidentielle, la victoire de M. Emmanuel Macron a certes été nette et sans bavure, mais acquise dans des conditions de loyauté électorale contestables ; de plus elle laisse un goût d’inachevé chez les afficionados du vainqueur, car elle a été obtenue sur une assise électorale très étroite qui fragilise la stature de Chef d’État du Président nouvellement élu.

Les législatives qui ont suivi, ont été à ce sujet très révélatrices de l’état d’esprit général de l’électorat français. Nous n’avons pas la prétention d’avoir influencé le scrutin des élections au point d’en arriver à ce degré de désenchantement des électeurs. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes, et il est bon de les rappeler ici : ils apportent la preuve évidente, spectaculaire, du malaise grandissant des Français à l’égard des institutions de la République.

Résumons :

Abstentions :             57,40 %

Bulletins blancs :         6,99 %

   Bulletins nuls :            2,87 %   
                                67,26 %

 

Autrement dit, soixante-sept pour cent des inscrits ont manifesté par la négative leur défiance au régime officiel de la République Française ; défiance alarmante que les politiciens continuent d’ignorer en balayent les faits du revers de la main, toujours avec le même mépris arrogant, comme si ce chiffre impressionnant ne signifiait rien à leurs yeux. Qu’ils persévèrent dans cette voie fatidique, Force Française ne les remerciera jamais assez de soutenir malgré eux son combat pour le relèvement de la France.

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