Petites pensées

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En effeuillant quelques pensées 

 Jean-Louis Omer


Une patrie, c’est comme l’air que nous respirons ; on s’aperçoit qu’elle existe, quand elle vient à nous manquer.

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Si la pauvreté n’existait pas, les socialistes l’inventeraient rien que pour se donner des raisons de croire qu’ils sont utiles à quelque chose.

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Depuis que j’entends parler des « droits de l’homme », je me demande si le mot « devoir » a encore un sens et s’il fait toujours partie du vocabulaire de la langue française. À moins que les droits ne soient réservés qu’à une élite de brillants parasites mondains, tandis que les devoirs le seraient à ceux qui travaillent, produisent, payent, ne disent mot... mais n’en pensent pas moins !

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Les droits de l’homme ? D’accord. Qui est l’homme ?

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D’Édouard Herriot, radsoc bon teint de la Troisième : « Le socialisme consiste à être l’ami de tous les peuples, excepté du sien. » Si c’est lui qui le dit !...

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Pauvreté n’est pas vice ; mais le vice, s’il n’est pas pauvreté, n’enrichit que les malhonnêtes.

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Est pauvre, celui qui aime s’entendre dire qu’il l’est.

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Le pauvre est le plus souvent malheureux parce qu’il passe plus de temps à envier le riche qu’à travailler pour s’arracher à sa pauvreté.

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Beaucoup de gens sont pauvres en connaissant l’aisance matérielle. Ils le sont en esprit.

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La pauvreté n’est pas une excuse chez les imbéciles ; elle est au mieux une circonstance atténuante, au pire, une sanction.

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Ne confondons pas pauvreté et misère ; il existe des pauvretés relativement bien vécues ; dans ce cas, pauvreté veut dire « non riche » pécuniairement, mais riche de sa dignité. Quand la pauvreté signifie abandon, oubli de soi, coup du sort funeste, la pauvreté devient déchéance. Alors la misère prend le dessus.

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Le libéralisme est, dit-on, l’application du principe français « laissez faire, laissez passer ». Laissez faire n’importe quoi, n’importe comment ; laissez passer n’importe qui dans n’importe quelle condition. À ce compte, ce n’est plus du libéralisme, c’est franchement du laissez aller.

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Libéralisme : laissez faire, laissez passer, ne respectons rien : ni les lois, ni les règles, ni les principes, ni la nature, ni la morale, ni les peuples, ni les pays, ni les nations ; pas de frontières, pas de barrières, pas de limites, pas de gêne ; tout s’achète, tout se vend, même les consciences, même le Bon Dieu. Un seul mot d’ordre, un impératif absolu : faire de l’argent ; fric d’abord, fric toujours, dollar avant tout. Balayez, écrasez tout ce qui résiste, tout ce qui s’oppose, tout ce qui est réticence, tout ce qui fait obstacle. Nous sommes les meilleurs parce que les plus forts, les plus forts parce que les plus riches. Il y a longtemps que banquiers et multinationales anglo-saxons ont tout compris ; ceux qui les imitent aussi.

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Autre principe cher aux adeptes du libéralisme et partagé par les socialistes : la libre circulation des hommes et des marchandises. Le type même de slogan de nature à faire le bonheur des mafias, escrocs de gros calibre et autres trafiquants de toutes espèces.

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Libéralisme et socialisme sont l’avers et le revers de la même médaille matérialiste. Le genre de décoration dont on ne revendique pas l’honneur.

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Est libéral celui pour qui la liberté se prouve fondamentalement en faisant et en disant n’importe quoi, dès lors que cela justifie de faire de l’argent. Le libéralisme ou l’anti-civilisation.

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Le libéralisme, c’est l’argent livré à lui-même, sans frein, sans règles, sans garde-fous, quelles qu’en soient les conséquences au plan moral et humain. Soumis à un tel régime, un moteur à explosion explose, la société civile aussi.

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Aux États-Unis, pays de liberté par excellence, vous êtes libres d’agir selon votre bon plaisir, à condition d’entretenir une escouade de bons avocats à vos côtés et d’avoir un portefeuille bien garni pour régler leurs honoraires. C’est à la richesse des cabinets d’avocats et à leur nombre qu’on reconnaît un pays libéral. On comprend mieux pourquoi les gens de cette corporation n’ont pas intérêt à ce que les mortels connaissent ici-bas une existence sereine dans une société apaisée. C’est gai, l’American way of life !…

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Les trois mamelles du socialisme en marche sont : la fuite devant le réel au nom de la liberté, le refus des responsabilités au nom de l’égalité, le reniement de soi au nom de la fraternité. Tout cela fait une belle devise, mais ne suffit pas à faire un homme ni un peuple, encore moins une nation.

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La liberté, c’est comme un paquet cadeau : tout d’abord l’emballage attire l’œil, le ravit, l’emplit de désir ; quand on ouvre le paquet, on est souvent déçu : ce n’est pas ce qu’on attendait… Ce n’est jamais ce qu’on attendait !

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Sauf exception à la règle, je n’ai jamais vu des socialistes prendre des risques dans la vie ; je n’ai jamais vu des socialistes engager leur propre argent — celui du contribuable, oui ! Je n’ai jamais vu des socialistes créer ou construire quelque chose de positif, de productif ; je n’ai jamais vu que des socialistes produire de l’insignifiance bavarde, de la médiocrité prétentieuse, de la bureaucratie envahissante, du parasitisme social. Le socialisme, c’est la négation de la vie, le néant. Est-ce le vertige du vide, l’instinct de mort, qui fascine tant les électeurs de gauche ?

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De révolutions en réformes et de réformes en révolutions, les socialistes sont passés en deux siècles de la dictature jacobine au socialisme utopique, du socialisme utopique au socialisme scientifique (marxisme), du socialisme scientifique à la social-démocratie, de la social-démocratie à l’idéologie américaine. Si quelqu’un a compris leur itinéraire idéologique, qu’il me fasse signe. J’aurais l’air moins bête.

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Alors que les idéologies font partout la preuve de leur inanité, qu’elles tombent en déliquescence, explosent ou se désintègrent au contact du monde des réalités, il se trouve encore, à gauche, de profonds et graves penseurs pour proposer de refonder une énième fois le socialisme. Dans quel but ? « Pour donner une nouvelle explication du monde et un projet de société », ai-je entendu répondre en toute simplicité. Une explication du monde par les socialistes ? Merci, on a déjà donné… Et aussi : « Pour inventer des solidarités nouvelles » Ah, bon ? Pourquoi, les anciennes ne marchent pas ?… Ne cherchez pas docteur, c’est dans la tête.

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Tout est permis en politique, sauf d’être naïf.

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Être élu de la République est un métier de femme de ménage. Depuis quand élit-on au suffrage universel le personnel domestique ?

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Nous vivons dans une société de loisirs, de plaisirs, de désirs. C’est très ludique, très festif, très récréatif, mais un peu court pour satisfaire aux interrogations métaphysiques de l’existence.

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La liberté est un contenant, pas un contenu. Sur le contenant, tout le monde est d’accord ; sur le contenu, personne ne l’est.

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Quand on a acquis la liberté, tout reste à faire.

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La liberté ne prouve rien, même pas qu’on est libre.

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Il n’est point de liberté sans responsabilité, point de responsabilité sans morale ni sanction. L’homme libre est un homme nécessairement responsable. C’est aussi un être moral assujetti à l’exigence de son sens du devoir comme expression de la responsabilité. La liberté est sa condition première d’être responsable, la vertu (au sens ancien) sa condition deuxième ; elle l’élève spirituellement, le grandit moralement, lui confère sa dignité d’être humain. Il est une autre liberté, hélas !, la liberté de l’être irresponsable ou liberté d’irresponsabilité, une liberté dégradante qui l’avilit, le rabaisse et pour finir le sanctionne par sa propre déchéance.

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D’Anatole France, chantre de la Troisième République : « Puisque nous vivons sous le régime de la liberté, il serait peut-être bon d’en prendre les mœurs. Quand on vit avec des hommes qui ont l’usage de la parole, il faut s’habituer à tout entendre. N’espérons pas qu’en France aucun sujet soit soustrait à la discussion ».

Comme je voudrais être sûr que tu as raison, Anatole !

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De plus en plus les groupes de rock, pop, folk, saltimbanques et autres guignolos du show-bizness national et international, donnent dans les grandes causes humanitaires. Ou l’art de faire de l’oseille sans se faire haïr.

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La liberté agit trop souvent comme un leurre ; c’est-à-dire comme une illusion qui détourne l’esprit de la vérité.

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La vérité est un jugement de valeur ou de réalité que ne démentent pas les faits.

La vérité absolue ne se démontre pas, elle s’estime intuitivement ; on croit ou ne croit pas.

La vérité relative se démontre et reste vérité tant qu’une autre vérité ne la détruit pas.

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Quand la liberté de dire le mensonge et de propager l’erreur se donne pour objectif d’étouffer la vérité et d’empêcher de l’exprimer librement, la liberté devient un crime contre l’esprit.

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On ne tue jamais la vérité. On ne fait que tuer ceux qui ont l’audace et le courage de parler en son nom.

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La liberté est une galanterie : elle se décline au féminin mais se pratique au masculin.

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« Liberté » : le seul mot de la langue française qui ne devrait pas figurer au dictionnaire. Définir la liberté, c’est déjà la contredire.

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L’égalité se fait toujours dans un mouvement descendant, jamais dans le mouvement inverse ascendant ; elle n’élève pas, elle rabaisse ; elle n’agrandit pas, elle réduit ; elle ne sublime pas, elle avilit ; elle n’enrichit pas, elle appauvrit ; elle nivelle, compacte, écrase, lamine, aplatit ; elle étouffe le génie et le tue.

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L’égalité, oui, mais à quel niveau ? En haut ou en bas ? Comme il est plus facile de descendre que de monter, de se laisser aller sur sa pente naturelle que de faire un effort pour la remonter, il y aura toujours moins de monde dans les hauteurs vivifiantes de l’esprit que dans l’insondable et obscure profondeur de la médiocrité humaine.

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Je plains ceux dont la vie toute consacrée à des préoccupations matérielles n’est qu’absence de spiritualité. J’ai toujours l’impression de voir des statues de pierre se mouvoir dans un décor artificiel glacial et sans âme. Une vie sans esprit est un monde sans soleil.

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L’erreur est de croire que la Liberté nous appartient ; c’est tout le contraire : nous appartenons à la Liberté. La part qu’elle nous laisse d’elle-même n’est que l’espace du combat que nous ne cessons de mener pour lui rester attachés. Elle s’accorde par l’effort ; se maintient par la volonté ; s’efface par abandon ou lâcheté.

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Marx a écrit : « Les ouvriers n’ont pas de patrie ». Ce à quoi Jaurès, pour une fois lucide, a répondu : « La patrie, c’est ce qui reste aux ouvriers quand on leur a tout pris ».

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La liberté par définition n’a pas de sens. Donner du sens à la liberté est un non-sens qui rend vaine la vacuité sémantique du mot.

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Marx a dit : « La religion est l’opium du peuple ». Il aurait dû ajouter : « Le marxisme est sa drogue dure ».

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Engels, l’alter ego de Marx a écrit : « La religion naît des conceptions bornées de l’homme ». À quoi un auteur a répondu : « Les religions sont nées parce que l’homme est un animal qui se pose des questions ». Chez les marxistes, on a des réponses à des questions que personne ne pose.

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Il ne faut pas confondre démocratie et démocratisation. Il y a démocratie quand le peuple prend son destin en mains. Il y a démocratisation quand la populace prend les vices bourgeois.

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Il ne faut pas confondre démocratie et république. Dans la démocratie, le citoyen se prend en charge ; dans la république, l’État prend en charge le citoyen. J’ajouterai : hélas !

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Communisme : en théorie, partager avec les autres ce qui appartient à soi ; en pratique, partager entre soi ce qui appartient aux autres.

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Les socialistes veulent changer le monde, la société aussi, l’homme pourquoi pas… Qu’ils commencent par changer eux-mêmes !

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Les socialistes sont contre les barrières sociales, sauf quand ils sont du bon côté de la barrière.

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Les socialistes ne rêvent que de réformer la société, et ce faisant, ils ne font que réformer les inconséquences de leur propre irresponsabilité, qui s’ajoutent interminablement aux réformes des réformes de leurs réformes…

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Si vous voulez réussir dans la vie, faites comme les socialistes : devenez riche tout en étant contre les riches. Les pauvres vous le revaudront, les nantis aussi, et votre conscience vous dira merci.

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Socialo-communisme : association de dangereux malfaiteurs organisés en bandes, coupables d’un trafic mondial de stupéfiants intellectuels mettant les peuples sous la dépendance de drogues idéologiques hallucinogènes.

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Socialisme ? Des irresponsables qui votent pour élire d’autres irresponsables.

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Quand un socialiste se met au travail, il ne dit pas : « Qu’est-ce que je vais faire aujourd’hui ? » ; il dit : « Qu’est-ce que je vais défaire aujourd’hui ? ».

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Qu’est-ce qu’un socialiste ?

Quelqu’un d’entièrement dévoué au service de la collectivité publique (1), à condition que la collectivité publique lui assure un emploi à vie, une honnête rétribution, une retraite précoce, des congés payés, une prime de travail, la réduction du temps de travail, une prime de réduction du temps de travail pour compenser le manque de prime de travail sur le travail réduit, le droit de faire grève pour défendre les acquis sociaux, des jours de congés pour compenser les jours de travail passés à récupérer le travail différé à cause des jours de grève, une prime de vacances dans un village de vacances subventionné, des gratifications de fin d’année, des jours de repos pour se remettre du stress accumulé en période de travail soutenu, des jours de récupération en contrepartie de la surcharge de travail due aux absents, des congés maladie, des congés parentaux, l’aide au logement, les allocations familiales, une assurance vie, une assurance maladie, une assurance vieillesse, l’accès gratuit aux soins et à l’avortement parce que les enfants ça vous pourrit la vie, des prêts à taux zéro, la réduction sur les transports, le gaz, l’électricité, une allocation de déplacement, la scolarité gratuite, un soutien à l’éducation des enfants, une prime de Noël pour l’achat des jouets, etc. ; le minimum sécuritif, quoi ! Il ne manque plus que l’État vienne border cet excellent citoyen dans son lit et lui chanter une berceuse avant de s’endormir ; et encore, je n’ai pas dû passer tout en revue…

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1. Noter qu’un socialiste se dévoue pour la collectivité publique, c’est-à-dire pour les avantages qu’il en retire ; l’homme de droite, le vrai, se dévoue pour le bien commun. Ce n’est pas tout à fait la même vision des choses.

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Les socialistes ont un sens incomparable du politique : ils n’apportent pas de solutions aux problèmes, ils créent des problèmes sans solution. Mieux, pour s’attirer les bonnes grâces des électeurs, ils ont une tactique inégalable : ils apportent de fausses solutions à de vrais problèmes et créent de faux problèmes là où il n’y en a pas, là où tout va bien, là où on ne leur demande rien… Ainsi les électeurs ont-ils le sentiment rassurant qu’on s’intéresse à leur sort et que tout est fait pour que rien ne manque à leur bonheur. Éperdus de reconnaissance, ils ne peuvent qu’être subjugués par le zèle constant dont font preuve leurs élus, et se féliciter de les voir pareillement tout dévoués à la cause du bien public. Après cela, comment voulez-vous que les braves gens ne votent pas socialiste ?

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Je relève une citation d’Armand Barbès, un de ces atrophiés de la comprenette à qui la République, reconnaissante et pas très regardante, octroie généreusement avenues et grands boulevards : « Citoyens de l’univers dans le vrai sens du mot, nous sommes partis de la croyance à la solidarité des nations et de l’humanité terrestre, pour en arriver enfin à la pratique du dogme de la solidarité de l’humanité universelle ».

Ce charabia pédant et abscons, très représentatif du pathos humanisant des idéologues de gauche, montre que les lubies ont la vie dure, et que même les faits les plus évidents ne parviennent pas à ouvrir les yeux aux non-voyants de l’intellect frappés de cécité mentale. Cette mystique humanitaro-droit-de-l’hommiste est récurrente : elle est de tous temps ; elle n’a jamais été aussi répandue qu’en notre époque moderne et nous entraîne irrésistiblement vers la mondialisation de la planète, c’est-à-dire vers la dictature universelle.

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Dans le même esprit, cette citation du prolixe Jaurès en dit long sur l’aveuglement de ces penseurs prétendument touchés par la grâce des « Lumières » : « Demain l’humanité, affranchie par le socialisme et réconciliée avec elle-même, prendra conscience en sa vivante unité de l’unité du monde, et interprétant à la lumière de sa victoire l’obscure évolution des choses, des formes, des êtres, elle pourra entrevoir, comme en un grand rêve commun de toutes ses énergies pensantes, l’organisation progressive de l’univers, l’élargissement indéfini de la conscience et le triomphe de l’esprit ». Bla, bla, bla… Pas facile de faire toucher terre à un socialiste évaporé, même quand il a le rocailleux et sympathique accent du Tarn !

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Pour les politiciens pourris, la démocratie consiste à inoculer leurs propres vices au peuple et à les faire valider par le suffrage universel comme des idées de progrès.

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Les révolutions sont toujours faites par de sombres abrutis. C’est l’occasion unique de se prouver à eux-mêmes qu’ils existent. Et, hélas, de le prouver aux autres !

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Qu’est-ce qu’un révolutionnaire ? Un révolutionnaire est celui qui s’aperçoit avec effroi, un beau matin, alors qu’il se réveille, qu’il doit se lever et aller travailler pour gagner sa vie. Ne soyez-pas étonnés après s’il y a autant d’ex-révolutionnaires reconvertis dans la politique et la fonction publique...

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Pour un homme de gauche, voler c’est partager.

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Être un homme, c’est être réactionnaire. Tout effort dans l’ordre de la volonté est nécessairement réactionnaire.

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L’altruisme est, au choix, une forme sublimée de l’égocentrisme ou l’alibi confortable de la bonne conscience satisfaite.

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L’important n’est pas d’avoir bonne ou mauvaise conscience ; l’important est d’avoir une conscience.

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La musique adoucit les mœurs, dit-on. Excusez-moi, je ne m’en étais pas aperçu.

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Si l’intelligence s’apprenait à l’école, cela se saurait.

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Paradoxe logique : plus les moyens de communication audiovisuels tendent vers la perfection technologique, plus ceux qui sont chargés de communiquer tendent vers la nullité.

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À chacun sa vérité, mais la vérité n’est pas dans chacun.

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L’homme est un animal doué de raison, dit-on ; c’est vrai, mais l’animal, lui, n’est pas doué de déraison. C’est bien embêtant pour l’homme.

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Pour se libérer de la tutelle économique de leurs maris, les femmes se sont mises sous la tutelle économique des patrons et de l’État. Elles appellent cela la « libération de la femme » ou son émancipation. À moins que ce soit une nouvelle forme d’aliénation qui n’ose dire son nom, encore plus exigeante que celle du couple.

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Il n’y a pas de femmes libérées, il n’y a que des femmes névrosées.

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Par définition, un acte responsable est un acte libre. Mais peut-on penser un acte libre quand la liberté de l’esprit ne peut librement s’exercer ?

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« La réalité est bête » disait Jean-Paul Sartre. La preuve : lui, il est bien réel.

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La liberté est souvent le dernier argument qu’invoquent les salauds pour réduire les honnêtes gens au silence.

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Une liberté sans but, qui n’a qu’elle-même pour objet, est la liberté du psychopathe.

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La liberté sans la responsabilité, c’est l’anarchie.

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Quand tu te regardes dans la glace, tu es seul avec toi-même ; le monde n’est plus rien ; tu le tiens dans le creux de ta main ; tu es tout entier en lui et lui est en toi ; tu le domines et plus rien n’existe qui ne soit Toi. Dix minutes plus tard quand tu marches dans la rue, tu n’es plus rien qu’un grain de sable parmi les grains de sable, aussi indifférencié, submergé par l’océan de la vie, roulé par les ressacs de l’existence : tu ne comptes pas plus que ce que vaut ce grain de sable dans la mer. Moralité, quand vous vous donnez un coup de peigne, Monsieur, ou Madame, quand vous vous mettez en beauté devant votre miroir, restez humbles.

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L’inconvénient de se regarder dans la glace, c’est qu’on y voit toujours la même tête de merlan frit. À la longue, cela devient monotone. Étonnez-vous après cela que tant de gens ne s’aiment pas ! (1)

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1. Ils n’auront pas médité ce conseil de la sagesse grecque : « Regarde-toi dans un miroir. Si tu te trouves beau, agis honnêtement ; si tu te trouves laid, corrige par l’honnêteté de ta conduite les disgrâces de ta nature ».

 

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Le fantasme ultime de l’homme ? Être miroir pour regarder les femmes s’admirer dans le  miroir.

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Les socialistes ne font pas du social, ils font du parasitisme social, nuance !

Les socialistes ne font pas du social, ils font de l’abus de bien social !

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Un pauvre est un riche qui n’a pas réussi.

Un riche est un pauvre qui a les moyens.

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Heureux les imbéciles, car ils ne savent pas qu’ils le sont.

Heureux les riches, car ils savent qu’ils le sont.

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Les braves gens sont pétris de bonnes intentions. Il ne s’agit que d’intentions.

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Le comble de l’humanitarisme consiste à tirer profit du bien que l’on fait à autrui, tout en ayant l’air de s’apitoyer sur son sort et de faire croire qu’on se sacrifie pour lui.

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L’amour d’autrui a ses limites que l’amour de soi ne connaît pas.

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La charité vraie est nécessairement spontanée, anonyme, individuelle. Tout le reste n’est que maquereautage médiatique et misérabilisme de commande.

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Les socialistes ont généralisé l’usage du préservatif. Ce sont ces mêmes socialistes et leurs amis gauchistes qui, en Mai-68, affichaient sur les murs de Paris : « Pour vivre heureux, jouissons sans entraves ». Cocasse, non ?

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Autre slogan graffité sur les murs de la Sorbonne à la même époque, entre deux portraits de Lénine et Mao : « Camarades ! L’humanité ne sera heureuse que le jour où le dernier capitaliste aura été pendu avec les tripes du dernier bureaucrate ». Brrr !… Quand on sait ce que sont devenus la plupart des ex-soixante-huitards, à leur place, j’aurais peur.

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Itinéraire d’un homme de gauche qui a réussi : être révolutionnaire à 20 ans, contestataire à 30 ans, réactionnaire à 40 ans ; à 50 ans, faire des affaires ; à 60 ans, soigner ses artères ; à 70 ans, être déjà un vieux débris qui, comme tous les vieux débris du monde, a le même réflexe : prendre ses pilules ; assurer ses dernières volontés ; essayer de croire qu’il a encore des convictions politiques, qu’il existe peut-être un Bon Dieu ; puis se dire, tous comptes faits, que le monde qu’il voulait refaire à vingt ans a du bon, et qu’après un mauvais départ il a bien fait de renier ses idéaux de jeunesse et de bien profiter de la vie, grâce à l’indéfectible générosité du contribuable.

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Vous, le manœuvre, pourquoi êtes-vous manœuvre ? Pour prendre la place de l’ouvrier. Vous l’ouvrier, pourquoi êtes-vous ouvrier ? Pour prendre la place du bourgeois. Vous le bourgeois, pourquoi êtes-vous bourgeois ? Pour prendre la place de l’aristocrate. Vous, l’aristocrate, pourquoi êtes-vous aristocrate ? Pour prendre la place du Roi. Vous le Roi, pourquoi êtes-vous le Roi ? Pour prendre la place de Dieu... Et toi, Dieu, pourquoi es-tu Dieu ? Pour garder ma place.

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Je n’attends pas des femmes de me prouver qu’elles sont capables d’être des hommes ; j’attends d’elles de me montrer qu’elles sont femmes. Cela suffit à mon bonheur.

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 « Ne pas se servir, ne pas asservir, mais servir », telle est la noble et fière devise des Compagnons du Tour de France, la crème des ouvriers. Je la verrais bien appliquée à notre fonction publique, mais retournée : « Se servir, asservir, mais ne pas servir ». On va encore dire que je fais du mauvais esprit.

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 « Là où est la difficulté, là est le devoir », a dit Racine. Le genre d’aphorisme qu’il serait imprudent de prononcer devant une certaine jeunesse dite « moderne » ; laquelle serait disposée à le faire sien mais interprété à l’envers : « Là où est le devoir, là est la difficulté » ; et à en tirer  cette conséquence logique : « Là où est la facilité, là est le droit ».

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Nul n’est censé ignorer la loi, excepté les honnêtes gens.

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La liberté des uns finit où commence celle des autres, dit l’adage. Pour certains, la liberté n’a de sens que si elle empiète largement sur celle des uns et des autres.

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J’appelle « lutte des classes » un combat de bourgeois honteux en rupture avec leur milieu social, ayant une propension atavique à régler leurs comptes par « classe ouvrière » interposée.

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Beaucoup de braves gens pensent que faire de la politique, c’est faire la charité avec l’argent du contribuable. Il faudrait leur expliquer qu’ils se trompent.

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Le suffrage universel est aussi véridiquement probant qu’un diagnostic médical fondé sur les symptômes d’un malade imaginaire.

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Majorité : ensemble d’une entité quantitative dont le seul avantage qualitatif est d’être nombre. Minorité : ensemble d’une entité quantitative dont le seul inconvénient qualitatif est de ne pas faire nombre pour être majorité.

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Si l’avenir de l’humanité n’avait tenu qu’à la décision d’une majorité, le monde n’aurait même pas commencé d’exister.

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Le suffrage universel consiste à donner aux citoyens l’illusion qu’ils détiennent le pouvoir et que rien ne peut se faire sans leur consentement. L’artifice devient magie lorsque, après avoir décidé de ce qui leur a été suggéré, ils restent persuadés que ce pouvoir vient d’eux.

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L’Utopie est une mauvaise conseillère dont il faut se méfier en politique : elle est pernicieuse, sournoise, dévastatrice. Elle porte les habits de la séduction, mais conduit sur le chemin de lerreur celui qui cède à la tentation.

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Entre la vérité qui mécontente et le mensonge qui rassure, tout l’art du politicien faisandé consiste à dire toujours ce qui contente le peuple et flatte l’électeur.

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Affirmer que toute vérité n’est pas bonne à dire, ne signifie pas qu’elle n’est pas bonne à entendre.

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Les communistes de grand papa n’ont rien compris. Pour normaliser les aspirations matérialistes des peuples au niveau des bas instincts, le libéralisme fait cent fois mieux et plus fort que le communisme. Non seulement il entretient l’illusion de la liberté, mais il transforme les humains en une masse compacte d’abrutis dociles béatement satisfaits de leur sort, gavés de toutes les inutilités frelatées de la société de consommation, contents d’être sur terre et d’y voir clair.

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On est souvent l’homme d’une situation, rarement l’homme de la situation.

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Elles portèrent des pantalons. Elles se mirent à fumer. Elles dirent « putain, con, merde, va chier mec ». Et la femme devint l’égale de l’homme.

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La liberté d’expression n’a réellement de sens que si elle permet de dire ou d’exprimer librement des vérités que d’autres ont intérêt à taire ou cacher. 

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La liberté de conscience et l’objectivité de l’information sont au journaliste ce que le dahu est au chasseur : un mythe.

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Un journaliste libre est un journaliste qui n’exerce plus son métier.

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On dit que le journalisme mène à tout à condition d’en sortir. Faut-il en déduire que ceux qui n’en sortent pas sont bons à rien, même pas à être de bons et honnêtes journalistes ?

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Plus les gens sont socialement inutiles, plus ils exigent de la société des droits. Plus ils sont utiles à la société, plus celle-ci exige d’eux des devoirs.

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La justice selon les socialistes : puisque nous ne pouvons faire que les hommes soient égaux par la richesse, faisons qu’ils le soient par la pauvreté.

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Un homme sans patrie ? Cet homme n’existe pas.

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Si les apatrides étaient gens conséquents avec eux-mêmes, ils devraient marcher tout autour de la Terre, sans jamais s’arrêter en quelque lieu que ce soit sous peine de s’y enraciner.

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Ah ! que je les aime ces sortes d’individus qui se proclament sans ambages Citoyens du Monde. Citoyens du monde, ils le sont, mais en France, avec les avantages de la citoyenneté et le soutien de l’État-providence : on n’est jamais trop prudent.

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Tout le malheur du monde vient de ce que les gens ne savent pas rester chez eux.

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Pour un homme qui a le sens de l’honneur, il n’est pire offense à sa dignité que d’oublier ses ancêtres ou de les tenir par le mépris.

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Si la France était le Burkina-Faso, soyez assurés qu’il y aurait — comme par hasard — beaucoup moins de « réfugiés politiques » et autres quémandeurs d’asile en France.

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Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme.

Le socialisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’État.

Le communisme, c’est l’exploitation de l’homme par des sous-hommes.

Le libéralisme, c’est les trois à la fois.

Dans tous les cas, le cocu, c’est l’homme.

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Une prostituée est une dame qui donne 1 franc d’amour pour 200 francs de prestation.

Une femme honnête est une dame qui offre son cœur pour un sourire, et qui, par-dessus le marché, vous le donne pour la vie. C’est votre épouse, mon brave. Gardez-la !

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Les mouvements féministes auront eu au moins ce mérite : ils nous ont appris que certaines femmes avaient tous les défauts des hommes ; ils ne nous ont pas montré, cependant, qu’elles en avaient toutes les qualités. J’attends.

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Qu’est-ce qu’une féministe ? Un être avec une tête d’homme dans un corps de femme.

Qu’est-ce qu’un homosexuel ? Un être avec un corps d’homme et des envies de femme.

Qu’est-ce qu’un pédéraste ? Un homosexuel qui se prend pour un modèle de nouvelle virilité et tendrait à faire passer les gens normaux pour des anormaux.

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Qu’est-ce qu’une femme ? Question cruelle que je me pose quand j’entends causer les féministes. Oui, mais sont-ce des femmes ?

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Féministe : créature de sexe indéterminé qui en veut aux hommes de ne pas les aimer, et aux femmes d’aimer les hommes qui n’aiment pas les féministes.

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Une féministe, c’est un monsieur avec un trou en plus.

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Femme libérée ? Non, ex-petite fille modèle promue au rang de pétasse de boxon.

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Une femme en furie après un homme ? Rien de grave, ce n’est qu’un amour déçu.

Un homme très en colère après une femme ? Danger : c’est une victime pour SOS femmes battues.

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Le comble de la femme moderne ? C’est de singer les vices de l’homme et de s’en vanter comme d’une conquête féminine.

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Être intelligent, c’est bien. Avoir des diplômes, c’est très bien. Avoir beaucoup de diplômes et être académicien au soir de sa vie, c’est encore mieux. Mais cela ne prouve pas le bon sens. Aucun diplôme, aucun Q.I.-mètre n’en donnera jamais la mesure exacte.

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Il y a des gens intelligents, des gens très intelligents, des gens extrêmement intelligents. La preuve : ils ont inventé le Q.I. pour mesurer l’intelligence (Binet-Simon). Ce qui veut dire qu’ils sont encore plus intelligents que l’instrument lui-même, car on ne voit pas comment ils pourraient prendre la mesure de l’indice maximum du Q.I. Il faut donc que leur intelligence aille au-delà de ce que peut mesurer l’instrument. Comment effectuer la mesure ? Dessinez un rond dans un carré. Si vous dites : « C’est un rond dans un carré », c’est que vous êtes intelligent. Si vous n’osez dire que c’est un rond dans un carré parce que cela paraît tellement évident que vous craignez de passer pour un con, c’est que vous l’êtes. Exercez-vous.

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On dit que sans volonté, l’intelligence est sans effet ; on ajoute que sans la conscience, elle est vénéneuse ; mais sans le bon sens, l’intelligence est un fusil dangereux qui tire par les deux bouts.

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Quand un imbécile veut montrer qu’il est intelligent, il dit qu’il est moderne.

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On ne fait pas de bonne politique avec de bons sentiments. On fait de la politique avec de bons et solides principes. Après, s’il le faut, on adapte les sentiments aux principes et non les principes aux sentiments.

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L’Histoire n’est pas un éternel recommencement, mais le même événement qui perdure dans son infinie complexité.

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Tout homme qui ne doit qu’à lui-même ce qu’il est, est un homme responsable. Tout homme qui doit à l’État ce qu’il est, est déjà un assisté. Qu’il soit brillant personnage n’y change rien.

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L’homme libre est celui qui cherche à donner un sens à sa vie ; cela peut prendre parfois toute une existence. Celui qui ne recherche que le plaisir et l’intérêt personnel est sans doute libre, mais rarement heureux.

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Les peuples qui ont faim ne réfléchissent pas, illustration du dicton « Ventre affamé n’a pas d’oreilles ». Dans les pays gavés, les intellectuels réfléchissent trop et écrivent n’importe quoi parce qu’ils n’ont jamais eu faim.

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Il existe deux catégories d’êtres humains : ceux qui ont des principes et ceux qui ont des préjugés. Étant admis une fois pour toutes que nul n’est parfait, je serai toujours des premiers contre les seconds.

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Le socialisme est un luxe de pays riches.

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Toujours plus dans le ridicule. Les socialistes réclament un quota de 50% de femmes en politique (1). Quand les femmes seront au pouvoir, les maquereaux gouverneront le monde.

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1. Des années s’étant écoulées depuis ces lignes, nous y sommes. Les maquereaux pavoisent.

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Les êtres dégénérés ne trouvent comme seule justification morale à leur existence que de revendiquer la tolérance à leur endroit ; c’est ce qui les rend intolérables.

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La tolérance n’est jamais qu’un argument facile que se donnent les gens malhonnêtes pour se justifier de vivre aux dépens des honnêtes gens.

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La tolérance est une exception au principe d’autorité ; elle ne saurait se substituer au principe, sauf à paraître une perversion de l’autorité.

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Une civilisation ne vaut que par ceux qui la font, non par ceux qui en profitent.

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Les utopistes s’endorment sur des rêves éveillés et se réveillent sur des illusions perdues.

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Méfiez-vous de l’Utopie : c’est l’éducation du mensonge.

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L’Utopie commence à l’Ouest, dans la fièvre de Woodstock, et se termine à l’Est, dans l’enfer du Goulag.

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L’Utopie ?… Dieu seul peut en parler.

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Ne nous méprenons pas sur le sens du mot liberté. Si la liberté n’exprime pas formellement la vérité, elle n’est que le masque perfide de la plus fatale aliénation et le spectre de l’anarchie.

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Un homme libre dit ce qu’il pense, pense ce qu’il dit, fait ce qu’il doit ; un affranchi du cortex dit ce qu’il veut, pense ce qu’il peut, et fait n’importe quoi.

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Chez les imbéciles, ce qu’on appelle liberté est l’expression de leur capacité illimitée à nuire au genre humain. À cause d’eux, le nom de liberté devient, pour les gens de bon sens et de raison, le cauchemar de leur existence.

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La tolérance n’est pas un principe ; elle est dérogation au principe.

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La tolérance est, selon le cas, la vertu des forts ou la faiblesse des lâches.

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Quand elle est renoncement, la tolérance est la lâcheté qui se donne bonne conscience ; poussée jusqu’au bout de sa logique, elle devient trahison et reniement de soi.

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La tolérance est mère maquerelle. C’est pour cela qu’il existe des maisons à son nom.

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La tolérance est fille de prostituée. La preuve, c’est la raison sociale de son lieu de travail.

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L’égalité homme-femme, c’est beaucoup de conflits en plus et beaucoup d’amour en moins.

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L’égalité homme-femme, c’est rabaisser l’homme sans élever la femme.

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L’égalité homme-femme, c’est ce qu’on a trouvé de mieux pour étouffer le génie de l’homme.

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L’égalité homme-femme est impossible, car ce serait admettre qu’une femme au cœur superbe, ayant épousé par étourderie un gros abruti au cœur sec, ne puisse prétendre lui être supérieure.

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Parler d’égalité entre l’homme et la femme, c’est parler de calcul algébrique, pas d’amour.

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« Ni Dieu ni Maître », clament nos bons vieux anars, jamais lassés des vieilles lunes. Sauf qu’à les écouter parler, on comprend qu’ils se verraient sans inconvénient à la place de Dieu et du Maître.

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La vie est faite de petits riens, quelquefois de grands riens. Trop de beaux esprits s’épuisent en vaines disputes pour nous expliquer les grands riens, quand on attendrait d’eux qu’ils s’occupent des petits riens.

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Les Français aiment la bagatelle, dit-on. Quand l’urgence du moment et la dureté des temps commandent de choisir entre la bagatelle et l’essentiel, ils reviennent à l’essentiel... Et vite !

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Celui qui voyage réfléchit sur de vastes espaces et de larges horizons. Le sédentaire réfléchit autour de lui. Des deux, il n’est pas sûr que ce soit celui qui va le plus loin qui s’enrichit le plus.

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« Voyager est nécessaire aux gens qui n’ont pas d’imagination ». Cette parole, que je cite de mémoire, est attribuée à la romancière Colette. À première vue, ces propos peuvent choquer ; j’ai déjà eu l’occasion de vérifier qu’il y avait, hélas !, beaucoup de vrai.

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C’est quand on est dans le pétrin qu’on apprend à pétrir.

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La marque d’un esprit supérieur se reconnaît à son refus de prendre les vessies idéologiques pour les lanternes de la vérité.

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Lu dans la Bible : « Un mâle, c’est celui qui pisse contre un mur ». Pas mal vu. Aphorisme qu’il serait bon de rappeler de temps en temps à nos compagnes ; aux féministes, toujours.

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La devise du libéralisme est : laissez faire, laissez passer ; la devise du socialisme est : ne pas s’en faire et toucher ; la devise du communisme est : tous au Goulag !

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Tout individu qui gagne plus que le SMIC et se prétend socialiste est un menteur.

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Si les fœtus avaient le droit de vote, le seul fait de prononcer le mot « avortement » remplirait d’effroi les vieilles barbes républicaines qui font de l’IVG le summum avant-gardiste du progrès social et humain, et du combat pour la libération de la femme.

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Si les partisans de l’avortement étaient conséquents avec eux-mêmes, ils devraient se suicider. Le seul fait d’exister prouve qu’ils sont en contradiction avec leurs idées. Ils constituent une anomalie dans l’ordre de la nature et sont une insulte à leur pauvre maman.

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Chaque fois qu’un adulte meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ; chaque fois qu’un nouveau-né arrive au monde, le monde est à recommencer. On appelle cela le mythe de Sisyphe, je crois. Bref, nous ne sommes pas au bout de nos peines.

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Chaque fois que j’entends parler droits de l’homme, je réponds devoirs de l’homme. Nous ne nous comprendrons jamais.

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Le devoir engage, les droits dégagent ; ils dégagent surtout ceux qui ont horreur de prendre des responsabilités dans la vie, mais ne rechignent pas de s’en octroyer les avantages.

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Je n’entends parler que de progrès humain et de justice sociale. J’ai beau regarder autour de moi, je ne vois que des gens qui cherchent à se placer.

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Autres temps autres mœurs. Aujourd’hui, un homme honnête passe pour intégriste (forcément, il est intègre) ; tandis qu’un pourri passe pour un esprit ouvert et tolérant (forcément, il est ouvert et tolérant avec lui-même).

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La véritable autorité n’est pas celle qu’on exerce sur autrui ; c’est d’abord celle qu’on exerce sur soi.

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Toute femme est jolie dont le cœur est joli.

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On confond souvent l’individualisme avec l’égoïsme pour s’en offusquer. Que dire du collectivisme qui nie l’individu et n’aime personne ?

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Mieux vaut être égoïste en pensant aux autres qu’altruiste en pensant à soi.

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Là où Dieu pose le doigt, là est notre destin.

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Si la malhonnêteté et l’irresponsabilité venaient à disparaître de ce monde, la planète Terre serait le Paradis terrestre retrouvé.

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La République est l’expression de l’irresponsabilité moyenne des peuples fondée sur leur désir spontané de profiter le plus possible des avantages que procure l’État, tout en contribuant le moins possible à ses nécessités.

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Un manuel est celui qui travaille de ses mains.

Un intellectuel est celui qui travaille du chapeau.

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Le comble de l’aventure humaine sur Terre, l’horizon indépassable du progrès, l’aboutissement de toute civilisation, est d’arriver à faire que plus rien n’ait de sens et qu’il n’y ait plus de sens dans rien.

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Je ne crois en rien parce que tout est croyable et même incroyable. Et c’est parce que Dieu est la chose la plus incroyable qui vient à l’esprit qu’il faut croire en lui.

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La liberté entre les mains d’un irresponsable, c’est l’arme du crime.

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La liberté, c’est de choisir entre le Bien et le Mal ; la responsabilité, c’est de choisir le Bien contre le Mal.

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Toute liberté a sa contrepartie. À certains la liberté, à d’autres la contrepartie.

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On rappelle parfois cette pensée fortement évocatrice de Saint-Exupéry : « Celui qui s’assure un poste de sacristain ou de chaisière dans la cathédrale bâtie est déjà vaincu. Mais quiconque porte dans son cœur une cathédrale à bâtir est déjà vainqueur ».

Quand j’observe le monde autour de moi, que je le vois peuplé de sacristains et de chaisières n’ayant pour culte religieux que de satisfaire au rituel de la société de consommation, et pour église l’hypermarché du coin (1) ; quand je vois les créatures de Dieu réduites à l’état végétatif de masses lipidiques déambulatoires dont tout l’horizon mental se borne à la gestion de leur tractus gastro-intestinal, et dont toute la densité spirituelle se limite au prêt-à-penser médiatique ; quand je n’imagine plus qu’une humanité de mandibules en action qui rongent la planète, de sphincters qui s’ouvrent et se ferment mécaniquement comme des goules repues ; je me demande parfois, gagné par le découragement et comme abandonné par cette fille de lumière qu’est la fée Espérance, si l’humanité n’est pas définitivement vaincue, et s’il est encore utile de porter en son cœur une cathédrale à bâtir…

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1. Consommer : même étymologie que « consumer » signifiant au sens littéral : détruire. En somme, la société de consommation est une société de destruction et d’autodestruction, une société de ravageurs nuisibles sous l’influence cosmique du désordre entropique.

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Ma Religion est le patriotisme.

Mon Église est la France.

Mon Credo est la fidélité à sa mémoire.

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