Viol conjugal

Ff6 4 bandeau2

 

On voudrait croire que cette affaire de « viol conjugal » est un gag ou une mauvaise plaisanterie ; mais non, c’est tout ce qu’il y a de plus sérieux, puisque cette notion a déjà fait l’objet d’une loi dans les années 1990. Peu importe le contenu, les lois votées par nos élus qui légifèrent le plus souvent sous la pression des lobbies ou selon le calendrier électoral, ne sont d’aucun intérêt dans ce débat. Je ne me placerai pas davantage sur un plan politique, mais plutôt sur le plan de la réflexion générale.

Dans violence, il y a viol ; le viol est défini comme étant « un acte par lequel un homme impose une relation sexuelle à une femme contre sa volonté » ; on comprend qu’il s’agit généralement d’une femme autre que l’épouse éventuelle. Déjà, l’expression « viol conjugal » contient une contradiction dans les termes, « conjuguer » signifiant stricto sensu : « joindre ensemble » ; d’autre part, il est admis que le mariage est une « union légitime » ; il est fondé sur le « consentement mutuel », disposition prévue dès le Haut Moyen-Âge par l’Église, pour nombre de raisons qu’il serait trop long de développer ici, contenant justement l’idée de légitimer l’union du couple devant témoins, celui-ci étant appelé à créer un foyer et non à faire de la femme une mineure soumise au bon plaisir de son seigneur et maître (droit romain, pater potestas). Le consentement mutuel, comme l’expression l’indique, implique des rapports réciproques d’époux à épouse, et cela s’appelle les devoirs conjugaux. C’est-à-dire que le mariage est une coresponsabilité, mieux, une association de fait, chacun apportant sa part spécifique ; je vais plus loin : j’affirme que cette part spécifique pour être viable ne peut être tablée, non sur un apport cinquante/cinquante pour faire 100%, mais cent et cent pour faire deux cents (qui peut être un rapport 80/120, peu importe), et pour donner toutes ses chances de réussite à ce qui devient de fait une véritable association co-responsable ; s’en tenir à sa part de 50%, cela voudrait dire qu’il y a rétention psychologique, et que chacun triche d’entrée avant même d’avoir éprouvé les premiers impératifs de la vie conjugale ; pour cimenter durablement cette association de coresponsabilité, ne manque plus que ce qui va lui donner son véritable sens : l’amour et la confiance réciproques. Il n’y a pas d’amour sans confiance et pas de confiance sans amour. Ne reste plus ensuite qu’à faire tomber le marmot dans le nid.

J’emprunte ici à Régine Pernoud, La femme au temps des cathédrales, ce passage de Guillaume d’Auxerre : « Ce n’est pas la volonté d’habiter ensemble ni d’avoir des relations charnelles qui est cause efficiente du mariage ; c’est la volonté plus générale d’établir l’association conjugale, et cette association comprend bien des choses : cohabitation, relations charnelles, services mutuels, et pouvoir de chaque époux sur le corps de l’autre. » On pourrait ajouter : avoir des enfants, et élargir la cohabitation à l’idée de construire ensemble quelque chose de commun et de durable à transmettre. Les formules prononcées devant le prêtre, qui scelle l’union maritale devant Dieu et les hommes, sont classiques : « je te prends à époux », « je te prends à épouse » ; parfois elles prennent un tour plus poétique : « De cet anneau je vous épouse et de mon corps je vous honore »

Mais le mariage est aussi un serment, qu’il soit laïque ou religieux (dans le cas religieux, il est sacrement : le mariage authentique n’a de sens que devant Dieu ; devant l’adjoint au maire, il n’est que simple formalité administrative) ; si bien que cette association est plus qu’une association, c’est un don mutuel de soi. Donc le mariage, est, disons-le, le don consacré d’un époux à l’autre dont chacun ne peut se défaire sans se parjurer. Au-delà, c’est la séparation, le divorce, et ce qui s’ensuit…

Si Jésus n’est pas très disert sur le mariage proprement dit, Saint-Paul en dit plus, même si cela reste laconique. Est-il besoin de théoriser ? « Mais à cause des impudicités, que chaque homme ait sa femme et chaque femme son mari. La femme ne dispose pas de son corps, mais le mari. Pareillement, le mari ne dispose pas de son corps, mais la femme. Ne vous refusez pas l’un à l’autre, si ce n’est d’un commun accord, pour un temps, afin de vaquer à la prière… » (1 Co 7, 2-5). Plus loin, après avoir rappelé que la femme doit être soumise à son mari comme au Seigneur, il précise : « Ainsi les maris doivent aimer leurs femmes comme leur propre corps. Qui aime sa femme s’aime soi-même. Nul certes n’a jamais haï sa propre chair ; on la nourrit au contraire, on l’entoure de soin, comme le Christ fait pour l’Église, puisqu’aussi bien nous sommes membres de son corps. » ; puis il rappelle le célèbre standard de l’A.T. que Jésus avait déjà repris à son compte : « L’homme quittera père et mère et il s’attachera à sa femme, et les deux ne seront qu’une seule chair. » (Éph 5, 28-31), Jésus précise : « Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni ! » Est-il besoin de préciser qu’en ces temps de rapports humains plutôt rugueux pour ne pas dire rudes, de tels préceptes n’étaient pas vains ? Où l’on voit que l’union monogame a toujours été considérée, même dans l’antiquité, comme un rempart à toutes les déchéances sociales, à tous les excès et dévoiements charnels. Les libertins de l’époque estimaient que la sexualité (fornication) était un besoin légitime aussi nécessaire au corps que le boire et le manger… Sauf que le boire et le manger (hors sacrifices rituels) n’ont jamais été sacralisés comme l’a été le sexe, au point qu’il existait dans l’antiquité des prostituées et des crimes rituels (sacrifices humains) allant jusqu’à la prostitution et l’anthropophagie sacrées. Par la suite, Jésus, et après lui l’Église catholique, mettront un terme définitif aux pratiques sacrificielles des êtres vivants, animaux ou humains, de quelque nature qu’elles soient.

Mais les féministes qui ont soulevé ce délit de viol entre époux ne voient que l’aspect charnel du devoir conjugal, et seulement le versant féminin ; la différence physiologique entre homme et femme fait que la femme est toujours en attente d’amour, l’homme toujours en demande ; la femme reçoit et accorde ; l’homme honore et sublime le don ; je ramène un peu trivialement ce constat à l’image de la prise de courant électrique ; la prise femelle, fixée au mur, est toujours en attente ; la prise mâle, mobile au bout de son cordon, est toujours en demande. Si bien que si une femme se refuse à son époux, c’est elle qui viole le contrat et non l’homme. Lui arrive-t-elle d’être en demande ? Bien sûr, et elles savent y faire pour satisfaire les exigences que commande leur nature profonde… Mais le plus souvent, quand l’homme ne répond pas, la réponse est simple : il ne peut pas ! Et il en est certaines qui ne se font aucun scrupule d’aller chercher ailleurs ce qu’elles ne trouvent pas ou plus dans la couche conjugale ; exactement comme les hommes !

Quant à être, pour une femme, heureuse ou non avec son mari, cela relève du courant de la vie ; la même question se pose pour l’homme… Le prétendu viol entre époux est une fable qu’entretiennent les féministes, une parmi d’autres, pour nourrir leurs glapissements de femelles frustrées (il y aurait à dire sur le sujet)… Si un homme oblige sa femme à avoir des relations sexuelles par la violence — et l’on peut admettre en effet que, pour diverses raisons, une épouse ne soit pas décidée à se donner, à s’accorder à lui —, s’il la bat, cela s’appelle violence conjugale ; cela s’appelle maltraitance ; cela s’appelle voies de fait ; et cela se plaide devant un tribunal correctionnel, comme toutes les actes de violence, avec des circonstances aggravantes ou atténuantes propres à chaque situation.

Le groupe de féministes qui a lancé cette nouvelle campagne contre le pouvoir mâle (avec ceux qui soutiennent et encouragent les mouvements féministes par derrière), a fait diffuser un clip par une entreprise de communication télévisuelle bien connue pour vendre du temps de cerveau disponible à ses annonceurs (qui a payé ?). Bidonnage et bourrage de crâne sont les deux mamelles de la presse moderne. Si ces dames s’imaginent qu’elles ont rendu service à la femme et amélioré sa condition tout au long de leurs combats historiques, elles se trompent ; elles se trompent et elles se sont trompées de combat, comme d’ailleurs elles sont trompées sur toute la ligne ; je pense que l’avenir montrera comment il se retourne précisément contre elles, entraînant le reste de la société.

*

On aura compris que si cette question du viol conjugal, marital ou entre époux, a été mise en avant, ce n’est pas par hasard ; c’est bien sûr pour faire pression sur l’opinion publique afin d’obtenir par la loi de transformer le délit de violences conjugales en viol tout court ; or le viol est considéré comme un crime et relève des tribunaux d’assises ; du coup, la sanction pénale pour un homme convaincu de viol conjugal équivaudrait à sa mort sociale. Un peu dur tout de même : la suprême vengeance de la femme sur l’homme ? Mais cela va plus loin. Car il s’agit aussi par ce moyen d’achever de liquider ce qu’il reste de l’autorité de l’homme dans le couple, partant dans le ménage et dans la société, le but étant à terme de détruire la famille ; cela s’inscrit dans le processus de féminisation de la société et de dévirilisation de l’homme ; en Suède il existe des écoles où l’on apprend aux garçons à jouer à la poupée, dès la maternelle, et à faire pipi comme des filles ; on espère juste, à titre d’égalité et de réciprocité, que les petites filles déguisées en tenues camo sont à même de s’initier au maniement du fusil d’assaut pour défendre, comme en temps de guerre, les garçons pendant qu’ils jouent à la poupée et à la dînette. Quand les petits garçons arriveront à l’âge d’homme (rien n’est moins sûr dans les pays scandinaves), ils seront rassurés.

Bien sûr, tout ceci entre dans les plans fondamentaux de la dictature universelle qui se concocte au sein des officines occultes du pouvoir mondial ; sont visées en premier et vouées à une destruction certaine : la nation, la famille, la religion catholique, les trois piliers de la société européenne ; dans cet objectif est plus particulièrement visée la « Vieille Europe » avec sa superbe civilisation. Il est important de destituer l’homme de son autorité de mâle au bénéfice de la femme plus facilement manipulable ; les pouvoirs totalitaires savent très bien comment obtenir le consentement des femmes malgré elles : il suffit de les extraire du foyer familial et de les rendre dépendantes de l’État, tout en leur donnant le sentiment de leur importance ; la volonté de déviriliser l’homme, de le réduire à l’état de carpette (c’est bien avancé !), de le castrer psychiquement, d’anéantir toute potentialité virile, toute capacité d’initiative personnelle, toute expression de son libre arbitre caractéristique de l’homme libre, revient à le soumettre à l’esclavage. Tel est le but du Nouvel Ordre Mondial qui s’impose lentement, à son rythme, mais sûrement, par le contrôle financier et militaire de la planète, par l’accaparement de l’énergie, des matières premières, par la gestion de l’arme alimentaire, par l’asservissement des esprits, les républiques du monde occidental n’étant que les relais de terrain.

Pour terminer, j’en reviens à Mme Régine Pernoud, à propos de son livre cité ci-dessus. Elle démontre comment la femme était plus libre et mieux considérée au Moyen-Âge que dans les temps modernes, et elle explique historiquement pourquoi. Elle pose comme fait que l’égalité devrait exister entre hommes et femmes, mais sans effacer les différences entre l’un et l’autre (la « différence créatrice » : difficile d’effacer les différences physiques !) ; dans les dernières lignes de son livre, elle constate avec un soupçon d’amertume que ce n’est pas gagné : « Les femmes se contenteront-elles d’être des hommes forcément manqués — à moins d’une mutation gigantesque de l’humanité qui serait aussi sa fin ? La copie est un bon exercice d’école : elle n’a jamais produit de chef-d’œuvre ». En clair, elle constate, en le regrettant, que la femme est condamnée à être la copie de l’homme, jamais l’original. Mme Pernoud était une femme de haute culture, d’une intelligence très au-dessus de ses consœurs féministes, même les meilleures ; catholique, « fémininiste » plutôt que féministe, historienne de haut vol et vulgarisatrice, elle était aussi archiviste-paléographe, donc aux sources de la documentation de première main.

Si je puis me permettre sans outrager sa mémoire, elle se fait de douces illusions : il n’y aura jamais égalité entre homme et femme, pour la raison que cette égalité est impossible dans les termes comme dans les faits, cela se vérifie tous les jours ; les femmes répliquent l’homme tout simplement parce qu’elles ont les mêmes défauts que lui ; elles ne font que reproduire le modèle masculin, y ajoutant leurs propres défauts, même si elles l’expriment à leur manière… Désolé d’émettre des jugements en termes négatifs, mais ce sont les faits. Surtout depuis qu’elles ont envahi les universités et les grandes écoles, et qu’elles ont voix publique ; le résultat est loin d’être démonstratif ; dans le pire des cas, elles ne font pas mieux que de singer les pires travers de l’homme ; il n’y aura jamais d’original féminin… Et l’homme que je suis, tant que la race subsistera, préférera toujours une femme réussie à un « homme manqué », celle-ci fût-elle un brillant sujet universitaire croulant sous le poids de ses diplômes.

Au Moyen-Âge, les femmes ne revendiquaient pas d’être les égales des hommes, ni de se substituer à eux ; elles assumaient bravement et avec un courage admirable leurs responsabilités anthropologiques en un temps où il n’y avait pas d’État, et où il y avait peut-être plus de veuves et de femmes ayant connu le veuvage que de couples saufs ; de la même façon qu’il n’y aura jamais égalité entre les hommes, et ce n’est pas souhaitable : ce serait étouffer les potentialités du génie humain, ce serait ramener l’homme à son plus bas degré d’humanité, à sa condition d’infrahumain ; ce serait aller, en somme, vers l’objectif final que se donnent les tenants du Nouvel Ordre Mondial : imposer un homme dévirilisé, rabaissé à son degré zéro d’humanité.

Est-ce vraiment ce que veulent intimement et dans leur for intérieur les femmes ? (2011)

Ff6 trait1 1