Utopie

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Cette chronique fait suite à un certain nombre de décisions du gouvernement Hollande qui ont certainement heurté ma conscience de citoyen et de patriote, mais encore plus ma conscience d’homme tout court. Je les ai prises comme des coups de poings dans la figure : un ressenti partagé par un grand nombre de Français. C’est évidemment l’une des conséquences de l’abominable sectarisme idéologique dont a fait preuve l’équipe présidentielle depuis le début du quinquennat Hollande, un déviationnisme obtus qui a entraîné le gouvernement à prendre des décisions sociétales de nature à bouleverser le paysage de la nation française, ou de ce qu’il en reste après avoir été profondément défigurée. 2012 plus fort que 1905, on se retrouvait d’un coup projetés en 1793 sous la terreur jacobine, la guillotine en moins.

Ces décisions sociétales que je résume ici, ouvertement assumées par le Président et ses ministres, m’ont amené à réagir un peu à l’instinct et sans préparation préalable :

1) La volonté affichée par la Ministre de la Justice, la noire Christiane Taubira, de « changer la civilisation », expression totalitaire manifestée avec une arrogance et un absolu mépris du peuple Français.

2) Le « mariage » homosexuel imposé par la même Taubira, avec la même désinvolture. Notons la volonté sous-tendue d’introduire avec cette perversion du mariage, la grossesse par autrui (GPA) et la procréation médicalement assistée (PMA) qui pulvérisent jusqu’à la notion de famille et la filiation par le sang.  

3) La théorie du genre ou la volonté d’imposer l’indifférenciation des sexes dès l’enfance sous prétexte que l’appartenance à l’un des deux serait, non pas un fait de nature ou une réalité naturelle, mais un stéréotype déterministe. Pour ces gens au mental délabré, dire qu’un homme est un homme n’est pas un constat de nature, c’est un fait de culture, mieux : un préjugé culturel.

4) La volonté du Ministre de l’Éducation nationale, Peillon, de refonder l’école pour en faire un laboratoire orwellien en vue de créer l’Homme Nouveau ; cette refondation consistant à arracher les enfants dès le sein de leur mère pour les mettre à l’école le plus tôt possible, puis modifier les contenus scolaires, en même temps que les rythmes scolaires, afin de rendre les enfants encore plus dépendants de l’école au détriment de leur famille : autrement dit les soumettre à l’ordre totalitaire imposé par l’État républicain, dès le sevrage.

5) La volonté du même Peillon — celui qui veut achever la Révolution française — d’éradiquer la religion catholique pour lui substituer une nouvelle religion républicaine (une de plus !) fondée sur le dogme de la laïcité : admirons la contradiction qui consiste à vouloir imposer en même temps une « religion » et son contraire, la laïcité.

6) Le fameux « Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents » assené par une dame du nom de Rossignol, un joli nom mal porté qui inspire ni au gazouillis ni à l’amour. Comment une femme digne de ce nom, j’insiste sur le mot femme, peut-elle sortir une énormité aussi monstrueuse ? Et ce n’est pas un lapsus ou un dérapage incontrôlé, chez elle ; c’est une conviction idéologique mûrement réfléchie ; la suite de son développement montre clairement qu’elle a exprimé le fond de sa pensée totalitaire : les enfants n’appartiennent pas à leurs parents, mais ils appartiennent à l’école publique, autrement dit à l’État qui doit les conditionner jusqu’à l’âge adulte, comme dans le meilleur des mondes communiste. Remarquons que c’est déjà le cas, au moins en partie.

Elle ne fait que rejoindre les propos de son collègue et ministre Peillon, le laïciste exacerbé, qui précise dans le même sens : « L’enfant doit-être arraché à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel, pour après faire un choix. » Notons que cet ex-ministre de l’Éducation nationale a quatre enfants ; il est permis de se demander en vertu des prénoms hébreux qu’il leur a donnés, s’il les a abandonnés à l’État d’Israël avant de les céder au Nouvel Ordre Mondial. L’enfant adulte devra donc faire un choix en fonction des nouveaux stéréotypes laïcards que les bourreurs de crâne de l’école publique auront instillé dans son cerveau malléable et pétrissable à volonté : les idéologies gauchisantes, l’égalitarisme forcené, la théorie du genre, l’encouragement à toutes les perversions sexuelles, la haine de la famille, de la religion catholique, de la morale, la haine de son pays, de ses racines, bien sûr, de la langue française, il va de soi, le cosmopolitisme, le culte de l’Autre, etc., en un mot : la capacité pour l’Homme Nouveau de sortir de l’école conditionné et formaté pour devenir un bon petit soldat de la République dite « Française » et du Nouvel Ordre Mondial.

La dénommée Laurence Rossignol, jusqu’alors ignorée du grand public, est une gauchiste pur sucre, un modèle de militantisme en matière de gauchisme de combat, jugez plutôt : ancienne militante de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), c’est-à-dire trotskiste ; et comme on dit : trotskiste un jour, trotskiste toujours… Son éducation politique précoce a commencé dans les manifestations de rues lycéennes. Le combat de rue, quand on est un gauchiste protégé par l’État républicain, c’est déjà un titre de gloire digne d’un haut fait d’arme. Elle a participé à la fondation de SOS Racisme. Féministe, ancienne pétroleuse du MLF, elle est passée par différents cabinets ministériels depuis son adhésion au parti Socialiste en 1981 ; ce qui ne l’empêchera pas d’occuper un emploi fictif dans un bureau désert de La Mutuelle Des Étudiants (LMDE) durant 18 ans, dont elle démissionnera après son élection au Sénat. Elle cumule également des commissions diverses et multiplie les postes de chargée de mission. Elle est ou a été Conseillère municipale, Conseillère régionale, sénatrice de l’Oise depuis 2011 ; un travail très absorbant comme chacun sait, puisque madame Rossignol s’est faite surprendre en séance à jouer en ligne avec sa tablette numérique. Ne soyons pas mesquins : il faut beaucoup de patience pour tuer le temps au Sénat ; elle a quelques excuses : à 15 000 euros par mois d’indemnités, la dame n’en a que plus de mérite. Dans sa vie de paria, elle accumule les malheurs, puisque cette pauvre enfant s’est fait voler son argent dans un DAB. Et que croyez-vous qu’il arrivât ? Elle cria « Au voleur ! »… Comme quoi, même ses amis lui veulent du mal. 

C’est probablement en récompense de son éminente carrière politique et des propos familiphobes qu’elle a tenus en maintes circonstances, que le tandem Hollande-Valls II l’a nommée Ministre des Familles (au pluriel), de l’Enfance et des Droits des femmes, après avoir été Secrétaire d’État chargée de la Famille, de l’Enfance, des personnes Âgées dépendantes et de l’Autonomie dans le précédent gouvernement Valls I. Reste cependant une question non élucidée à ce jour : on ignore si cette Ministre des Familles puis Secrétaire d’État à la famille et à l’Enfance, a elle-même une famille, si avec une pareille abnégation consacrée à la famille et à l’enfance elle est mariée, si elle a des enfants, et si elle est mariée avec un homme ou avec une femme… Eh oui ! Désormais, à gauche, quand on est ministre DES familles, la distinction s’impose…  Et si elle est mariée ou pacsée avec une femme, on aimerait savoir qui fait l’homme dans le « couple » ; c’est quand même la moindre des choses quand on se dévoue à ce point pour le bonheur conjugal des gens...

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J’ai déjà eu l’occasion d’affirmer, dans une précédente chronique, que le socialisme n’existe pas. Je vais le démontrer avec toutes les conséquences que cela entraîne… Mais pour en parler, je vais prendre un biais indirect, je vais évoquer l’U-to-pie, montrer en quoi ce mot est important et comment il est de nature à égarer — et a égaré au cours des âges — les esprits même les mieux constitués mais probablement pas les plus équilibrés.

Quand j’ai commencé à m’intéresser à la politique, la politique au sens noble et non la politique politicienne, il y avait un mot qui m’intriguait : le mot « utopie »… Que voulait dire ce mot ? Qu’est-ce que l’utopie ?... La réponse est simple : c’est une expression latine signifiant exactement ce qu’elle désigne : le lieu de nulle part. Le lieu qui n’existe pas. Ce mot désigne des constructions purement intellectuelles sorties de l’imagination de leurs auteurs, et sont connues comme ayant été à la base du socialisme moderne sous le nom de socialisme utopique. Le mot utopie est emprunté au livre de l’Anglais Thomas More dont c’est le titre : Utopia. L’Utopie de Thomas More a surtout été considérée comme une critique indirecte du régime du roi Henri VIII d’Angleterre et non comme la création ex-nihilo d’un improbable meilleur des mondes… Magistrat et haut dignitaire de l’État, à la suite de son refus de reconnaître la rupture d’Henri VIII avec Rome, puis le mariage de celui-ci avec Anne de Boleyn, il sera accusé de trahison et décapité. Thomas More sera canonisé martyr de l’Église catholique.

 Ce qu’exprime le mot « utopie » va complètement égarer les esprits et recouvrir la fabrication virtuelle de toutes sortes de socialismes empiriques et autres communismes dits primitifs, ne reposant que sur l’imagination confuse de leurs auteurs, c’est-à-dire sur des abstractions fumeuses. Cela va de la République de Platon (considérée comme une des premières utopies) à nos jours, en passant par des auteurs comme l’Anglais Robert Owen, l’Italien Campanella, les Français Cabet, Fourrier, Saint-Simon, pour ne parler que des principaux. Ce genre d’œuvres se multipliera surtout aux XVIII° et XIX° siècles avec le développement de la société industrielle. 

Le principe même de l’utopie repose, selon ces penseurs, sur la nécessité de combattre le monde existant, à la fois dur, âpre, méchant, violent, à partir de faits réels sur le registre bien connu de « l’homme est un loup pour l’homme », et de rêver comme réponse à cette réalité un monde idyllique où les hommes seraient égaux, vivraient ensemble, s’aimeraient comme des frères, et partageraient tout en commun. La contradiction est flagrante : d’une part, on dit que l’homme est un loup pour l’homme ; de l’autre, on dit que quand les hommes seront égaux, ils seront doux comme des agneaux. Comment expliquer et résoudre cette contradiction ? Cela entraînera des slogans du genre : « pour changer l’homme, changeons la société » Il en résultera un brouillage des idées en contradiction avec les réalités humaines et le monde réel, des idées qui feront plus de dégâts dans les esprits que le mal qu’elles prétendaient combattre.

Là-dessus arrive, vers le milieu du XIX° siècle, un nouveau théoricien qui surgit tout feu, tout flamme, s’écriant : « Stop ! Arrêtez tout ! Ce socialisme-là, est une pure illusion ; c’est un socialisme romantique, imaginatif, fumeux… Nous autres, intellectuels matérialistes, qui sommes gens sérieux et raisonnables, avons inventé un socialisme conséquent : le socialisme scientifique que nous opposons au socialisme utopique ». Le nouveau paradigme s’appellera « communisme ». Ce théoricien est allemand. Il se nomme Karl Marx. Ses théories politiques porteront le nom de « marxisme » et embraseront les deux tiers de la planète la plus grande partie du XX° siècle, et même encore de nos jours. Ses œuvres les plus connues à ce sujet sont Le Manifeste du Parti communiste et Le Capital.

Je passe sur le jargon propre à l’idéologie marxiste qui relève de la pure fantasmagorie : le matérialisme dialectique, le matérialisme historique, la lutte des classes, les antagonismes de classe, les contradictions du capitalisme, la classe ouvrière, la bourgeoisie contre le prolétariat, le dépérissement de l’État… Œuvre confuse, obsolète, sans grand intérêt même à son époque ; ce qu’il en reste est tout au plus une certaine critique des conditions de travail concernant particulièrement les femmes et les enfants, mais d’autres l’avaient fait avant lui et mieux : les intellectuels catholiques à travers les rapports ouvriers dont il fera usage. La Doctrine sociale de l’Église apportera des réponses intéressantes, mais elle ne trouvera pas d’applications politiques.

Le marxisme a comme caractéristique de s’écarter du socialisme dit réformiste pour s’imposer par la violence ; il prône un socialisme révolutionnaire visant à abolir la propriété, en s’inspirant de la terreur jacobine et des premiers théoriciens communistes de la Révolution française comme Gracchus Babeuf : c’est la marque distinctive du communisme et du socialisme. Ses meneurs réussiront à l’implanter dans tout l’Occident, dans les usines, à travers le syndicalisme ou par l’action politique. Avec la révolution russe d’Octobre de 1917 et la transformation de l’Empire russe en Union Soviétique, il connaîtra une propagation fulgurante dans le monde entier, sous toutes les latitudes et en France tout particulièrement.

Le marxisme apparaît de fait, non comme une idéologie se donnant pour objectif de libérer le prolétariat de l’exploitation capitaliste, mais comme une monstrueuse machine infernale visant à embrigader les masses ouvrières de l’ère industrielle afin de permettre à la bourgeoisie financière de prendre le contrôle des pays partout où le communisme s’imposera par la violence. Ce sera un échec tragique, un échec sanglant, provoquant famine, misère, guerres civiles, privation des libertés, un échec économique sur toute la ligne, particulièrement en Russie et dans les pays de l’Est de l’Europe, mais aussi en Asie, en Chine, en Amérique du Sud. Résultat, nous avons là encore la preuve que le socialisme scientifique n’existe pas plus que le socialisme utopique ou romantique, au sens que le premier n’est pas plus viable que le second ; en plus d’être totalitaire, il est potentiellement et terriblement meurtrier.

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Mais cela va plus loin. À l’origine du socialisme utopique, au moins en partie, se trouve dans ce qu’on appelle, abusivement, la « Philosophie des Lumières ». En fait il ne s’agit pas de philosophie, mais de ce qu’on pourrait appeler une critique générale des mœurs de l’Ancien Régime et une attaque frontale contre la religion catholique. En fait de philosophes, il s’agit plutôt d’esprits forts, certes non dénués de talent, mais particulièrement décadents. Trois noms bien connus émergent du lot : Voltaire, Rousseau, Diderot. La critique est facile, mais l’art est difficile : la prétendue philosophie des Lumières débouchera sur le drame de la Révolution française et ses conséquences sanglantes.

Pour être concret, prenons un exemple chez Rousseau, ce rêveur impénitent qui ne cessait de se complaire dans son rôle de misanthrope persécuté, et montrer comment on peut propager l’erreur. Pour dénoncer la propriété, il dit ceci : « Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : ‘‘Ceci est à moi’’, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile » ; sauf qu’il n’est pas venu un instant à l’idée de ce calviniste fils d’horloger suisse, que le premier qui a enclos un terrain a peut-être voulu protéger les fruits de son travail du premier voleur qui a volé… Plus loin, il ajoute : « Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne ». Quand on a proféré une telle banalité, on n’a rien dit. Nous avons-là l’énoncé typique de l’utopie, le principe démagogue d’un monde qui n’existe pas, un monde absolument tracé dans les nuages… Quand M. Rousseau soliloque ses rêveries de promeneur solitaire, celui qui sera l’un de ses adulateurs inspirés, Robespierre, répondra une quinzaine d’années plus tard à ce que furent ses rêves d’utopie en actionnant la guillotine. L’utopie conduit inéluctablement au totalitarisme et à la barbarie.

Rousseau s’inscrit d’ailleurs dans l’esprit général de l’époque qui s’était entichée des idées nouvelles, lesquelles se résument à ceci : l’homme est né bon, la société le corrompt. Énoncé totalement faux, car si l’homme était né bon, la société serait bonne ; or elle est ni bonne ni mauvaise, elle est ce que les hommes qui naissent bons ou mauvais, amendables ou non, la font. C’est aussi, rappelons-le, l’époque où règne le mythe du bon sauvage et le dogme jamais démontré de « l’état de nature » qui n’existe que dans les cerveaux illuminés… Tous ces braves gens qui rêvaient de refaire le monde à leur main avaient simplement oublié que les bons sauvages se mangent entre eux ; les hommes aussi.

À principe faux, conséquences fausses : l’erreur cumulée produit dans les esprits ses effets délétères aujourd’hui. Mais ce n’est toujours pas fini. Dans les années qui suivirent la Seconde guerre mondiale, de nouveaux courants de pensées émergeront, associant l’aliénation psychologique de l’individu à la répression sexuelle, par l’intermédiaire d’une nouvelle imposture pseudo-scientifique : la psychanalyse ou psychologie des profondeurs, véritable thérapie de la névrose bourgeoise, qui a la particularité de contaminer le patient qu’elle prétend soigner ; cette discipline très particulière a été inventée par le neurologue allemand Sigmund Freud. Sa dérive politique donnera le freudo-marxisme où s’illustreront l’école de Francfort, et des noms comme Marcuse, Reich, Sartre, Foucault, et quelques autres. Par ailleurs se développe au même moment une aspiration à la libération des mœurs — le fameux sexe libérateur ! — savamment entretenue par des charlatans sous le nom de sexologie, eux-mêmes se dénommant sexologues pour se donner des apparences de sérieux scientifique ; elle dominera surtout dans l’Amérique puritaine et pudibonde qui se découvre des pulsions soudaines pour la sexualité sans retenue, tout autant qu’elle dévoile ses parties honteuses, avec l’émergence de gens comme Kinsey, les Masters et Johnson, Hite, Money, etc., dont on apprendra qu’ils furent surtout de profonds détraqués ; encore des mouvements à prétentions scientifiques qui auront surtout pour effet de banaliser, de « normaliser », voire d’encourager toutes les dépravations sexuelles et autres perversions avec les conséquences pathologiques et sociales que cela induit.

J’ai toujours pensé que l’intellectuel de gauche est à l’intelligence ce que le sexe est à l’amour. Ce sont des adeptes du sexe nomade, du sexe qui ne se fixe pas, provoquant chez eux une compensation masturbatoire intellectuelle profuse et confuse ; ils voudraient aimer, ils ne peuvent pas ; le véritable amour est celui qui est unique et ne peut donner prise à aucune spéculation intellectuelle… Nous avons-là une forme d’impuissance sexuelle doublée d’une sorte d’impuissance intellectuelle que l’on pourrait traduire ainsi : chez l’intellectuel de gauche comme chez le libéral tout proche, ce n’est pas le cerveau qui gouverne le sexe, c’est le sexe qui gouverne le cerveau et détermine ses pensées comme ses actes. Cela ne change rien à la sexualité de l’individu en général, mais dénote chez certains l’emprise mentale de l’éréthisme sexuel et ses dérives mortifères sur leurs comportements sociaux. Toute cette mixture intellectuelle, toute cette marmelade cérébrale, entrera en force dans nos universités, dans nos grandes écoles, et débouchera sur les événements de Mai-68. Un branle estudiantin où une certaine jeunesse dorée désinhibée qui se veut révolutionnaire croit atteindre à l’ultime spasme du jouir sans entrave par la libération du sexe, du corps et de l’esprit : l’amour libre ! Qu’ils disent !... C’est le temps de toutes les contestations, des hippies, de la multiplication des mouvements alternatifs. Nous sommes toujours dans l’utopie, une utopie qui va se heurter au monde réel et bientôt exploser… Aujourd’hui, quarante-cinq ans plus tard, on ne peut que mesurer l’ampleur des dégâts psychologiques et moraux ; dégâts qui, somme toute, ne sont que l’aboutissement de tous ces courants utopistes, dont le dernier avatar nous est bien connu maintenant sous le nom de « théorie du genre ». 

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10 mai 1981. Après vingt-trois ans de régime sec, les socialistes reviennent au pouvoir en force, cette fois alliés aux communistes qui ont perdu de leur superbe et beaucoup d’électeurs entre-temps mais certainement pas de leur nuisance : c’est le temps de l’union de la gauche, la victoire  du Programme commun PS-PC. Vainqueur d’une courte tête, l’élection de Mitterrand est cependant accueillie triomphalement par l’électorat de gauche.

Durant la campagne électorale, je me souviens d’une photo de Mitterrand posant complaisamment devant les œuvres de Karl Marx ; de quoi s’esclaffer quand on connaît le personnage et son parcours politique initial qualifié d’extrême droite ; peut-être avait-il fait l’effort minimum de feuilleter les trente pages du Manifeste du Parti communiste ; Marx était encore à la mode dans les universités, chez les intellectuels, chez les militants de gauche ; le chef du Parti socialiste se devait de montrer publiquement qu’il avait de bonnes et saines lectures.

Certes, il appliquera son plan de nationalisations de la grosse industrie et nombre de  lois nettement orientées à gauche. Mais le « bonheur » sera de courte durée ; la réalité se rappelle au bon souvenir du gouvernement socialiste. Au bout de trois ans, le gouvernement Mauroy est mis en échec, tandis que des vagues de licenciements viennent ternir le bel idéal socialiste et mettre à mal la politique de nationalisation voulue par le Président : c’est le « tournant de rigueur ». Il s’en sortira grâce à une pirouette susceptible de limiter les mécontentements sans satisfaire personne : la politique du ni-ni, ni socialisme, ni libéralisme… Sans adversaire convaincants à droite, il parviendra à reprendre un mandat de sept ans, ce qui fera de sa présidence la plus longue de l’histoire de la République. Mais le cœur n’y est plus ; il se contentera d’inaugurer les chrysanthèmes, sans oublier toutefois d’élargir l’ouverture de la France à l’immigration, une immigration déjà bien avancée sous la présidence Giscard.

Après un intermède crypto-socialiste de 17 ans, retour de la gauche au pouvoir avec l’élection de François Hollande, le 6 mai 2012, victoire toujours accueillie par les électeurs avec des transports de bonheur et des accents de triomphalisme, sauf que les drapeaux ont quelque peu changé de couleurs... Le socialisme nouveau dévoile désormais son vrai visage, sans arrière-pensées, tel qu’en lui-même ; il ne cache rien de ce qu’il est réellement : fondamentalement jacobin ; résultat, jamais un Président de la République ne tombera aussi bas dans l’estime de ses concitoyens, particulièrement de ceux qui l’ont élu ; il stagne dans les profondeurs des sondages de popularité mais semble s’y complaire, comme si son échec était un satisfecit de compétence destiné à contenter ses maîtres du Nouvel Ordre Mondial.

Après 250 ans de tentatives infructueuses, des Lumières à nos jours, et malgré toute la puissance de la presse aux ordres servie par des journalistes à 90 % de gauche, — malgré le lavage de cerveau et le bourrage de crâne infusé à haute dose dans les lycées et collèges de la République où les enseignants sont à 80% de gauche, catastrophe, le socialisme idéologique n’arrive toujours pas à s’imposer massivement comme une vérité indépassable ; il se heurte constamment au réel et confirme finalement ce qu’il est : une utopie, le lieu de nulle part disions-nous ; c’est-à-dire que le socialisme n’existe pas, qu’il est une chimère, qu’il est impossible, qu’il n’est pas viable et qu’il échouera toujours, c’est une certitude mathématique, sauf à se transformer en totalitarisme communiste. Voilà avec quelle potion soporifique on endort les peuples depuis des décennies, en espérant que cela sera suffisant pour les mener par le bout du nez. Il n’en est rien. Toute la rhétorique progressiste et moderniste est en échec, et vole en éclats au contact de la réalité et de la vérité.

Du côté de la « droite » républicaine, véritable concentration d’idiots utiles et d’éponges mentales soumise à l’empire de la gauche intellectuelle, au point de baisser les yeux dès que le moindre troupier du parti socialiste élève la voix, il n’y a rien à attendre. Elle n’est qu’une duplication grossière d’un socialisme larvaire de fonctionnaires teintés de libéralisme, histoire de montrer que l’un est libre, l’autre ne l’est pas, tous deux étant puissamment asservis aux mirages de l’idéologie. De toute façon, la République montre réellement ce qu’elle est, une structure d’une perversité totale qui ne se tient que par la corruption et la lâcheté de ses élus ; le système républicain n’a d’autre effet que de diviser et d’opposer artificiellement les Français, de les affaiblir collectivement, et de les mettre en situation d’assujettissement permanent au profit des forces économiques dominatrices, et non pour soi-disant les libérer d’on ne sait quelle servitude capitaliste qui les empêcherait d’accéder au bonheur magique.

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Toute l’histoire de la République Française n’est que l’histoire d’un double mensonge qui dure depuis plus de deux siècles : un mensonge historique et un mensonge idéologique.

Alors, on peut se demander pourquoi les oligarchies mondialistes s’ingénient à soutenir et à financer à gogo les forces progressistes, dont le socialisme, qu’il soit réformiste ou révolutionnaire, alors qu’il est la représentation même de l’échec en tous lieux et en tous domaines, du ratage, du fiasco universel, qu’il est impossible, ruineux, mortifère, et qu’il a fait la preuve maintes fois renouvelée de son inanité tout autant que sa nocivité. Tout au plus pourrait-on dire qu’il ne sert qu’à fabriquer des fonctionnaires et des assistés sociaux, autrement dit des réservoirs d’électeurs.

La réponse tient justement à toutes ces raisons. Le socialisme tire toujours vers le bas ; il ne saurait ni élever, ni s’élever ; c’est la base même de l’idéologie fondée sur l’égalitarisme, le nivellement gravitationnel du supérieur vers l’inférieur ; se maintenir haut demande un effort constant ; c’est justement trop demander à la cohorte de ces bras-cassés structurels, que sont les socialo-communistes. Le socialisme, c’est le syndrome du rouleau compresseur : il écrase et aplanit tout ce qui dépasse ; sauf qu’il y a deux catégories de gens : ceux qui sont dans la cabine du compresseur qui écrase, c’est-à-dire les apparatchiks du système ; et ceux qui sont sous les rouleaux du compresseur, c’est-à-dire le peuple français. Rien de grand, de propre, de noble ne peut sortir du socialisme ; il ravale tout au plus petit dénominateur commun, il banalise la vie, il la médiocratise ; il transgresse l’ordre naturel, il dénie l’ordre surnaturel ; il invertit le beau, le vrai, le juste, en laid, vulgaire, faux, injuste ; il est la fabrique idéale du sous-homme des droits de l’homme, de l’homme déshumanisé asservi par l’idéologie mondialiste, un homme sans passé, sans racines, sans identité, un homme aboulique ravalé au niveau de ses bas instincts, borné par le sexe et par les appétits de son tractus gastro-intestinal, tout juste bon à s’insérer dans le cycle producteur-consommateur-payeur ; bref, il est la fabrique idéale de l’homme rêvé par les tenants du Nouvel Ordre Mondial, l’esclave parfait de l’humanité à venir.

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La finalité ultime du socialisme, tel que celui-ci s’exprime au sein de la République, est de faire en sorte que l’Homme Nouveau, qui est aussi l’esclave nouveau, en arrive à perdre toute dignité humaine, toute conscience identitaire en exaspérant en lui le syndrome de la haine de soi, en abolissant son sens des responsabilités de façon que sa vie soit assujettie à l’État et que tout vienne de celui-ci ; il doit être pris en charge ; « être pris en charge » : l’expression magique de l’aliénation sociale ; il faut qu’il ne puisse rien décider de lui-même pour lui-même, de sa propre initiative ; le but du socialisme triomphant est d’en faire un esclave heureux, un esclave qui en arrive à désirer sa condition d’esclave et à l’aimer. 

Tout le discours du socialisme, si on l’analyse en profondeur, est un discours d’esclaves affranchis, de parias en demande d’un nouveau statut d’esclaves, mais au lieu d’un esclavage d’ordre privé, selon la loi du pater familias antique, il s’agirait d’esclaves protégés par l’État, en l’occurrence par l’État mondial, des individus anonymisés aspirant à s’oublier dans la félicité promise d’une utopie universelle sans races et sans frontières, comme s’ils attendaient l’extase du bonheur suprême. J’estime qu’une bonne partie de la population française, faite de gens naïfs ayant abdiqué toute dignité et prêts à se renier, est mûre pour aliéner sa liberté en échange du bonheur promis par les socialistes, donc par les républicains, sans savoir que ce bonheur n’existe pas, n’arrivera jamais,  ne sera jamais autre chose que leur enfer terrestre.

Le Nouvel Ordre Mondial a un furieux besoin de s’appuyer sur le système républicain représentatif pour s’imposer, car la farce électorale et l’illusion de la caution populaire lui permettent de faire passer ses idées de domination mondiale, de les légitimer à travers les discours démagogiques des politiciens républicains de gauche comme de droite ; il doit tirer la société vers le bas, il doit la médiocratiser à outrance pour maintenir son contrôle sur les esprits ; sauf que ça ne marche pas, et que dans les hautes sphères satanistes, on se demande bien pourquoi on n’arrive pas à asservir les peuples, à faire qu’il y ait encore des récalcitrants et qu’il y en ait de plus en plus, en dépit des moyens énormes mis en œuvre à coups de milliards de milliards de dollars et d’euros pour pourrir les esprits et imposer la dictature universelle. 

Il y a tout juste 80 ans, le 6 février 1934, des patriotes — résumons globalement sous ce nom générique les ligues des anciens combattants de la Grande Guerre de 14-18 — organisaient une grande manifestation devant l’Assemblée nationale pour dénoncer la corruption des politiciens de l’époque, aux cris de « À bas les voleurs » ; très vite cette manifestation contre le parlementarisme dégénéra en émeute : on relèvera une quinzaine de morts et des centaines de blessés. Si les mêmes revenaient aujourd’hui, on se demande comment ils arriveraient à épuiser leur mécontentement quand on constate l’état de déliquescence où est tombée la République Française aujourd’hui, la « gueuse »  comme ils l’appelaient. Cette crise va tomber à point nommé et provoquer l’union des communistes et des socialistes, le 12 février suivant, dans une marche commune qui servira de point de départ au Front Populaire. À partir de cette date, 1934, la France va connaître sans discontinuer sous la pression des forces progressistes, une lente descente aux enfers ; elle ne connaîtra qu’une rémission partielle durant la période gaulliste. En 2014, 80 ans plus tard, l’utopie produit ses effets dévastateurs au plus fort de sa capacité de nuisance ; après le rêve, l’illusion, la force trompeuse des chimères idéologiques derrière les mots creux, vides de sens, le retour à la réalité est brutal : ce n’est plus la gueule de bois, c’est un réveil comateux. 

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