Roule, jeunesse !

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« Je ne souhaite à aucun maire ce qui m’est arrivé », ne décolère pas l’élu municipal d’une petite commune du Berry (deux cents et quelques habitants). Ce paisible village qui ne connaît ordinairement que le pépiement des oiseaux et le son de l’unique cloche de l’église pour rythmer la fuite des jours, s’est vu agresser, trois longues journées durant, par l’invasion foudroyante d’une espèce de nuisibles particulièrement dévastatrice… Invasion de criquets ? Non, adeptes d’un Technival ou Teknival (contraction de « techno musique » et de « festival » : il faut suivre), ou encore rave party (délire ou défonce in french), sorte de concentration de jeunes traînes savates venus des quatre coins de France et d’ailleurs, pour se gaver le conduit auditif de décibels. En principe, le Technival est organisé, la rave est spontanée. On se « défonce » comme on peut, avec ce qu’on a. Ils étaient 83 000 ! « Nous venons de battre le record », observe, désemparé, le premier magistrat de la commune (1). Inutile de décrire le boucan et les dégâts qu’ont dû subir durant trois jours, quasiment sans fermer l’œil de la nuit, les braves gens du coin : on le devine ; tandis qu’ils devront réparer les dégradations commises par d’autres, tant sur les cultures que pour nettoyer les détritus abandonnés par ces déjà jeunes détritus de l’humanité progressiste. 80 000 jeunes séniles que la société prendra en charge bien avant l’âge, pour ceux qui n’auront pas la force de s’extraire de leur déchéance précoce. On voit d’ici ce que peut-être une journée de ces teufeurs ou tekos, le cerveau déjà rongé par les décibels, par la dope, l’alcool et le reste… Certains vont jusqu’à passer des heures, la tête à vingt centimètres de baffles surpuissants, à se martyriser les tympans, avec, on s’en doute, les conséquences physiologiques qui en résultent pour leur santé. Quelle belle jeunesse fascinée par le vertige du vide ! Le pire est que ce genre de « festival » est non seulement autorisé par les pouvoirs publics, mais encouragé : les terrains sont réquisitionnés d’office par le ministère de l’Intérieur, comme en temps de guerre, au grand dam du maire et des habitants du village mis devant le fait accompli, forcés d’obtempérer et de se le tenir pour dit.

Faut-il s’en prendre à ces jeunes ?

Tout d’abord une première constatation s’impose : c’est la manifestation de l’incroyable vide spirituel et moral, comme noté plus haut, qui caractérise la jeunesse dite moderne. Du jeune prolo, largué par son milieu social, à l’étudiant bravache dont la fausse décontraction ne fait que masquer l’angoisse latente du conformiste en puissance obsédé par son plan de carrière, ses crédits et ses futurs droits acquis. Des zombies de la classe des bipèdes éduqués dès le plus jeune âge pour demander, réclamer, sans cesse, d’abord aux parents, puis plus tard à l’État, et tomber dans le piège de la consommation : ils sont d’autant plus vite dans le bain, qu’au nom des droits de l’homme — qui sont en réalité les droits du sous-homme (lire correctement la déclaration de l’ONU) — ils ont tous les droits dès la naissance, à commencer par le droit de satisfaire tous leurs caprices de futurs petit-bourgeois acariâtres et péteux ; le plus terrible, c’est que les parents pour faire « moderne », vont eux-mêmes au-devant des exigences de leurs rejetons, quand ceux-ci ne les précèdent pas. Il faut donc qu’ils aient toutes les satisfactions matérielles de la vie, que rien ne manque à leur « bonheur », que rien ne leur soit refusé, sous peine de traumatiser ces chérubins, mâles ou femelles. Certains vont même jusqu’à s’appliquer à eux-mêmes et à leur familles le fameux mot d’ordre soixante-huitard « interdit d’interdire », dont ils ont fait un véritable standard de vie. Voilà comment on fabrique les fientes humaines de la société moderne.

Que manque-t-il à la jeunesse de l’an 2000 et la suite ? Voyons…

Commençons dès leur naissance assistée. S’il a réussi à passer le hachoir de l’avorteur (c’est son premier obstacle dans la vie), le petit n’est pas arrivé au monde que déjà toutes les fées de la société moderne sont penchées sur son berceau. D’abord, pour commencer, selon un rituel désormais bien établi par les marchands, il va crouler sous une avalanche de jouets idiots et infantilisants, mentalement retardants, tous plus inutiles les uns que les autres, y compris les jouets prétendument pédagogiques ; les parents vont se saigner pour qu’il ne lui manque pas une tétine (si possible, en oubliant celle de sa mère !), pas une layette, pas un vaccin ; le petit, il ne faut pas qu’il manque, qu’il ait moins que les petits du voisin ou que ses voisins d’école… On lui achètera tout ce dont il a besoin, même et surtout le superflu, y compris les âneries dont on va bourrer son cartable, y compris la moto trafiquée qui vrille les tympans des passants et leur met les nerfs à vif. Ensuite, l’État interviendra et le prendra en charge dans une atmosphère surprotégée, de la maternelle aux degrés supérieurs de l’Université ; à l’école laïque on lui apprendra à être un bon républicain bien formaté, bien lobotomisé, conditionné comme un hareng en caque pour voter d’instinct dans le bon sens, selon un réflexe pavlovien qui lui aura été inoculé au cours de vingt-cinq à trente années de bourrage de crâne intensif qu’il subira de l’école à l’université ; il faut que rien ne puisse venir de sa propre réflexion, de sa propre inspiration, de sa propre initiative, de sa propre responsabilité, et surtout pas de se remettre en question. Tout doit venir de l’État républicain qui l’étouffe entre ses généreuses mamelles et ses rondeurs mafflues. Résultat : plus de 75% de jeunes n’ont pour seul idéal un peu relevé de la vie que devenir fonctionnaires. Pour en arriver à ce point de décadence, il fallait bien un million d’enseignants et vingt-cinq siècles de civilisation. Il ne suffit pas que le million de professeurs soit nettement insuffisant, il convient en plus d’organiser des cours de rattrapage pour les cancres qui n’ont pas suivi, ou n’ont pas été bien ébavurés à la sortie de la matrice. Et toute cette débauche de moyens colossaux au service des charmants bambins pour obtenir un sésame appelé « Bac », dont la valeur pédagogique est à peu près aussi symbolique qu’un rouleau de papier hygiénique, celui-ci ayant l’avantage sur le parchemin d’être d’une utilité pratique absolue.

Entre temps, qu’est-ce qu’il leur a manqué aux chérubins ? Rien. Tout a été prévu pour qu’ils s’amusent, qu’ils passent le temps, qu’ils s’occupent à générer du vide existentiel, qu’ils fassent la fête, qu’ils oublient d’exister, qu’ils oublient qui ils sont, qu’ils ont un pays, une patrie, une famille, qu’ils oublient qu’ils vont avoir une vie à vivre, qu’ils oublient que Dieu existe peut-être. Ne pas leur laisser une minute de présence à soi. Il faut les occuper, les stupéfier. Les imbiber. Les zombifier. Il manque des piscines ? On en a construit jusqu’à plus soif — si j’ose dire — et des olympiques, s’il vous plaît. Il manque des terrains de sports ? On les a multipliés à l’infini, jusque dans la plus petite commune ravitaillée par les corbeaux. Il manque des salles de sports ? Elles pullulent. Il manque des stades, des gymnases, des courts de tennis, des complexes sportifs ? Il y en a à revendre, toujours plus immenses, toujours plus sophistiqués. Toujours plus chers. La culture ? Après les bibliothèques qui se suffisaient amplement en matière de (véritable) culture est venue l’ère des « Maisons de la culture » avec toute l’atmosphère d’agit-prop qu’évoquent ces officines culturelles municipales, idéologiquement sous contrôle. Puis les médiathèques sont arrivées en renfort : notez le changement de nom et le glissement de sens qu’évoque le mot média, signifiant intermédiaire, donc interface de contrôle, donc contrôle des esprits ; elles ont surgi de partout, envahi les quartiers et les horizons urbains avec leurs architectures plus ou moins psychédéliques de pseudo-bâtisseurs manifestement sous narcose hallucinatoire. Les conservatoires de musique et les patinoires municipales ont été multipliés au même rythme ; auparavant, il y aura eu le cinéma pour combler les soirées creuses où l’on passe son temps à s’ennuyer, à ne pas savoir quoi faire ; la télévision est venue doubler la dose afin d’occuper le consommateur et lui permettre d’étaler sa flemmardise sur la banquette du salon, un canette de bière dans une main, une pizza refroidie dans l’autre, tandis que sa cervelle s’étant fait la valise depuis longtemps, il n’a plus les moyens de réfléchir et d’exercer un jugement sain devant l’événement. Et pour cause ! Un grand patron de télé a prévenu : la télévision, cela consiste à vendre du temps de cerveau disponible aux annonceurs ; il n’y a donc plus assez de place disponible dans le cerveau pour ceux qui ont encore la volonté de le faire fonctionner.

Il n’y en a toujours pas assez. On a construit jusque dans le plus petit bled de province où il n’y a même plus de vaches à traire ni de foin à engranger, des salles polyvalentes — ex-salles des fêtes — équipées cuisines et salles de spectacles pour organiser les super concours, de niveau au moins international, du cracher de haricot blanc ou de l’ingurgitation de boudin noir au kilomètre… Dans les grands centres urbains, les auditoriums géants comme les Zénith (idée géniale de l’inévitable Djack Lang, champion de la culture socialiste subventionnée) ont fait irruption à point pour satisfaire le besoin grégaire et le désir de défoulement collectif d’une certaine jeunesse frénétique, perpétuellement en transe ; c’est ainsi que la ville de Limoges, où je rédige ces lignes, cité de 150 000 habitants, s’est offert, ville parmi d’autres, un Zénith de 6000 places, entièrement — je dis bien entièrement — financé par le contribuable : les jeux du cirque chez les socialistes ; rien de plus efficace pour atrophier la matière grise de tout une jeunesse, et pour conditionner aux réflexes de masse les apprentis bovins de la République. Il y eut jadis le disque vinyle, la cassette magnétique ; maintenant, il y a le multimédia, les jeux vidéo, le téléphone portable, le smartphone ; ça ne suffit pas encore : il y a la danse, la musique, le sport, que l’on pourrait décliner à l’infini, même si certaines de ces spécialités apparaissent plutôt sympathiques à dose homéopathiques ; puis les voyages, les loisirs en veux-tu en voilà : innombrables… Il n’y en a encore pas assez, il en faut toujours plus : des boîtes de nuit, des discothèques, des bars d’ambiance, du barouf, de la fumée, de l’alcool, du sexe éventuellement ; il suffit de suivre à la fraîche les vomissures autour de ce genre d’établissements pour apprécier combien notre jeunesse se déjante follement… Qu’est-ce qu’on s’amuse !... Il faut qu’elle s’éclate notre jeunesse. Aller en « Boîte », l’objectif suprême du noctambule adepte des défouloirs du samedi soir… Du bruit, de l’alcool, de la fumée, de la fesse ! À vomir tripes et boyaux. Les exploits de faux durs ; de quoi en mettre plein les mirettes aux « meufs » hystériques, prêtes à consentir au viol sacrificiel…

Non, il ne faut surtout pas qu’ils aient une minute à eux, ces bons petits diables, parce qu’ils pourraient s’ennuyer et tout casser. Ils n’ont plus rien dans le crâne, un vide béant comblé à coups de décibels et de niaiseries « culturelles » qu’ils baladent dans la rue en se déplaçant comme des ectoplasmes, avec des tampons sonorisés collés aux oreilles et les yeux rivés sur le smartphone ; voir également le boum d’une certaine presse dite people qui témoigne de la dégénérescence de l’espèce humaine contemporaine ; à la longue, cela peut devenir dangereux. Là encore, on a multiplié les associations destinées à la jeunesse, des myriades de sinécures associatives subventionnées ; la jeunesse, pour s’en occuper, cela ne demande ni trop d’intelligence, ni trop de sens des responsabilités ; cela convient parfaitement à tout une population de demi-sel ou de marginaux vaguement instrumentés par la camarilla républicaine, cocos ou socialos de préférence, qui peuvent ainsi, sous la protection d’une municipalité, d’une commune, d’un Conseil général (aujourd’hui, le département), d’un Conseil régional, de l’État, de l’Europe, envisager avec sérénité un avenir paisible jusqu’à la retraite, quoiqu’un peu chahuté. Comme pour les pauvres, il y a plus de gens pour s’occuper des jeunes qu’il y a de jeunes ayant besoin qu’on s’occupe d’eux ; et au besoin, si les jeunes manquent, si les avortoirs envoient des contingents trop fournis de fœtus à l’incinérateur, à la déchetterie municipale ou dans les laboratoires de Satan, on compensera en les faisant venir du monde entier, avec une préférence pour le tiers-monde.

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Je me souviens d’une époque où nous n’avions pas le centième de ce dont disposent les jeunes d’aujourd’hui pour occuper leurs « loisirs » ; ce qu’on appelait la délinquance juvénile, phénomène urbain importé d’Amérique, comme toutes les saloperies pseudo-culturelles produites par ce pays et déversées à pleins tombereaux sur l’Europe, n’existait pas encore, ou se limitait au phénomène dit des « blousons noirs » qui jouaient aux petits durs dans les bas quartiers ; ils s’identifiaient avec leurs « cuirs », leurs Santiags, la banane et les rouflaquettes conquérantes ; un phénomène relativement marginal qui n’a jamais menacé l’ordre civil. La plupart des jeunes de jadis avaient des parents qui trimaient fort ; eux-mêmes, le plus souvent, allaient au turbin dès l’âge de quatorze ou quinze ans ; dans les familles où l’on se respectait, ils apportaient leur maigre écot tant qu’ils dépendaient de la maison. Pour occuper leurs loisirs, il n’y avait le plus souvent que les patronages laïques ou paroissiaux ; les mouvements scouts et louveteaux leur inculquaient un certain esprit d’engagement et de responsabilité : il y avait dans ces mouvements populaires plus de jeunes issus des milieux modestes que d’enfants issus de la bonne bourgeoisie. Pour occuper les vacances, les jeunes des villes avaient encore des parents à la campagne qui les accueillaient quelques temps en été, ou alors ils partaient en colonies de vacances. Le sport commençait seulement à attirer certains jeunes. C’était tout. Et je n’ai pas souvenance qu’un seul jeune l’ait mal vécu. On se débrouillait avec peu et, par le fait même que n’ayant rien, nous n’avions pas le sentiment qu’il nous manquait quelque chose, des désirs ou des envies à combler : je crois bien que nous étions heureux.

Les études, comme cela a toujours été le cas, étaient réservées aux meilleurs ; jusqu’à ce qu’un de ces bras cassés comme seuls les socialistes savent en produire dans leur incubateur idéologique, au point qu’ils servent de modèle à tous les autres entichés du système républicain, décide de pousser 80% d’une classe d’âge au Bac… Qu’est-ce qu’une classe d’âge ? Les « meilleurs » se distinguaient à partir d’un cursus scolaire général progressif et sélectif orienté vers des activités nécessitant des connaissances de base approfondies ; le diplôme avait donc une réelle valeur sélective et n’était pas encore réduit à l’état de simple passe-droit ; ceux qui n’avaient pas les moyens de se payer des études, s’ils étaient méritants, parvenaient à obtenir des bourses et n’hésitaient pas à financer le complément par des petits boulots annexes qui leur permettait de se confronter aux réalités de la vie. Les autres commençaient dans le privé au bas de l’échelle sociale et y restaient si cela leur convenait ; s’ils ne pouvaient « s’élever » socialement, ils s’adonnaient aux travaux manuels ; ils trouvaient dans leur travail un certain épanouissement personnel ; mais ils pouvaient aussi, en fonction de leurs qualités intrinsèques, de leur compétence, de leur capacité à se former, à prendre des responsabilités, gravir les échelons. Il fut un temps ou plus de 60 % des patrons créateurs d’entreprises ne possédaient au mieux que leur certificat de fin d’études obtenu à quatorze ans. La fonction publique n’était pas devenue cette monstruosité collectiviste qui a transformé l’État en véritable entreprise d’hébergement des populations assistées refusant de se confronter aux réalités de la vie. Certes, un certain développement social anarchique hérité de l’ère industrielle et du capitalisme primitif du XIXème siècle, conséquence directe du décret d’Allarde, de la loi Le Chapelier (lois issues de la Révolution), mais aussi de l’influence du libéralisme à l’anglaise, méritait d’être corrigé ; certes les temps n’étaient pas faciles, mais aucun, sauf exceptions, n’avait l’air d’être malheureux ou de porter sur soi, dans son comportement comme dans son accoutrement, les stigmates de la faim ou de la misère ; ils ne portaient pas ces mines avachies d’enfants blasés et frustrés qu’on verra plus tard chez nombre de ces soixante-huitards, ayant l’air de porter sur leurs épaules prématurément fatiguées et leur dos précocement voûté, toute la misère du monde. Il est vrai que pour se donner de l’allant, certains n’hésiteront pas à user des paradis artificiels pour stimuler une volonté et un courage de vivre qui leur faisaient défaut.

La plupart des jeunes appartenaient jadis à des familles ne possédant rien d’autre que le salaire mensuel du chef de famille ; bien souvent ils manquaient de tout, parfois de l’essentiel, mais ils avaient toujours de quoi se nourrir, se vêtir, se loger, parce que la famille élargie existait encore (elle n’était pas éclatée, ni dispersée, ni recomposée) ; le niveau de vie n’était pas encore devenu une marotte du nouvel arrivisme social chez les « prolétaires » ; on n’avait pas encore créé le besoin artificiel ni l’envie de consommer, voire de gaspiller jusqu’à la nausée ; le vice bourgeois ne s’était pas transmis dans les classes populaires, encore moins dans les campagnes ; le crédit à l’infini n’avait pas encore fait des ravages dans les ménages. Les gens se contentaient de peu ; nonobstant le parti communiste qui entretenait les frustrations individuelles, les rancœurs sociales, la jalousie de classe, et les exploitait sans vergogne à des fins politiciennes, ils ne donnaient pas le sentiment de manquer ni d’envier ceux qui avaient plus qu’eux, et cela, même si un certain progrès domestique était encore attendu dans les foyers ; à part la cigarette, la drogue n’avait pas contaminé le peuple ; elle était encore réservée à un milieu restreint de la grande bourgeoisie décadente des années 1930, et qui participent aujourd’hui de ce qu’on appelle l’immense population des « bobos » ; le mal de vivre inoculé par la contre-culture bourgeoise anglo-américaine ne les avait pas encore atteints ; ils commenceront à être contaminés à partir de Mai 1968. La jeunesse moderne était « piégée ».

Le mal, en provenance directe des États-Unis va se propager à une vitesse foudroyante ; mais l’Amérique, c’est l’Amérique… la France, comme la plus grande partie de l’Europe, est à ce moment-là sous l’influence totalitaire des partis communistes et des intellectuels de gauche ; le mélange des deux, mélange de libéralisme progressiste et de mots d’ordre révolutionnaires, sera détonant, voire catastrophique pour notre jeunesse. Le phénomène va se concrétiser par la destruction des structures fondamentales de la société ; d’abord susciter la haine de la famille. Pour montrer qu’on s’affranchit de l’autorité parentale (il est même question de « tuer » le père, symbole patriarcal de l’aliénation bourgeoise), on va porter le jean emblématique, les cheveux longs, de préférence sales et gras ; puis on va contester la société histoire de montrer qu’on existe et qu’on a des idées : profitant de l’idéologie dominante, de la prise de pouvoir des organisations de gauche et de l’ultragauche dans les universités (marxistes, trotskistes, maoïstes, gauche prolétarienne, internationale communiste, mouvements alternatifs, anarchistes, autonomes, etc.), les étudiants, jusqu’aux lycéens, prennent l’habitude de descendre dans la rue, de manifester, de revendiquer au nom de la liberté ! Quelle liberté ? Pauvres chérubins ! Qu’est-ce que la liberté quand on est de gauche et qu’on a vingt ans, si ce n’est de repousser le plus tard possible la prise de responsabilités dans la vie qui est aussi peur de la vie ? Ou d’imposer ses fantasmes juvéniles à travers le modèle collectiviste de l’État totalitaire pour n’avoir jamais de responsabilités à prendre susceptibles d’engager sa propre existence ? Et qu’est-ce qu’un État totalitaire, si ce n’est de transformer les masses populaires en fonctionnaires et assistés sociaux permanents redevables des largesses de l’État ? Et qui payera les largesses de l’État ? Où ira-t-on chercher l’argent des largesses de l’État ? Dans les poches des patrons ? Non, puisqu’ils sont condamnés à terme. Dans celles des ouvriers et des classes moyennes transformés pour l’occasion en esclaves du système au profit des oligarchies mondialistes. La peur de vivre rend fou.

On a abruti des générations entières de nos compatriotes à coups de fadaises idéologiques d’une débilité intellectuelle sidérante ; on leur a fait croire que le bonheur c’est l’État, la justice, l’égalité : c’était décréter leur emprisonnement, leur incarcération mentale dans le système. Sans doute un emprisonnement doré de consommateurs repus de toutes les inutilités superflues qu’on leur faisait ingurgiter ; mais un enfer pour ceux qui rejettent le tout État. Dès lors, ils n’étaient plus « libérés », mais complices du système et devenaient les ennemis, les bourreaux de la liberté. Voilà où toutes les forces progressistes et modernistes réunies conduisent notre jeunesse moderne : vers la dictature universelle, c’est-à-dire vers le totalitarisme collectiviste et l’anéantissement de l’individu. Si certains l’appellent de leur vœu, il est une autre jeunesse fondamentalement plus saine, plus lucide, qui la refuse d’instinct ; ces jeunes deviennent dès lors les vrais combattants de la liberté ; ils sont ceux qui se battent pour défendre leur identité, leurs racines, les valeurs de la famille, de la patrie, mais aussi notre religion catholique, ainsi que le travail humain. Autrement dit, la vraie liberté, celle qui trouve son expression dans le respect de l’ordre naturel.

Dans toute l’histoire de l’humanité, il n’a jamais été question d’autre chose.

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1. Précision. Le temps est passé depuis la rédaction de cette chronique... Quelques années plus tard, à la relecture, je m’aperçois que le chiffre de 83 000 participants me paraît excessif, 30 000 étant déjà un cas exceptionnel (ne pas confondre les rave, le plus souvent spontanées, avec les grands festivals de rock organisés)… Je n’ai pas retrouvé le document sur lequel je me suis référé, ni dans mon ordinateur, ni sur le net, et je ne me souviens plus d’où j’ai tiré l’information (ai-je confondu avec le chiffre 8300 plus probable ?). Toutefois j’ai décidé de ne pas revenir sur ce passage et de le laisser tel quel, parce qu’il introduit la suite de la chronique. De toute façon, vu le nombre et la multiplicité des rave sur toute une année en France, au plan national le chiffre de 83 000 n’a rien d’exagéré ; les protestations des riverains et des maires (leur lassitude !) sont récurrentes et de même nature, quel que soit le lieu. Donc, je ne touche rien.

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