Remugles côté toilettes dames

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Il ne vous aura pas échappé à quel point la presse féminine a atteint un niveau affligeant d’une rare médiocrité, voire d’une rare bassesse ; elle bat globalement tous les records de nullité, et pire que la nullité, ce sont parfois les dérives scabreuses de leur contenu ou, par exemple, je tombe sur ce reportage d’une vie de couple sans enfants présenté comme le graal du bonheur, ou dans le même numéro, cette école japonaise qui accueille des adolescents transgenre : filles et garçons habillés indifféremment en filles ; tout cela présenté sans le moindre esprit critique et avec une complaisance malsaine qui met mal à l’aise… Comme toute forme de communication, la presse féminine n’échappe pas au politiquement correct, au formatage conformiste du féminisme ambiant. Je n’arrive même pas à imaginer qu’une presse de ce type, qui serait autre chose que médiocre, se puisse concevoir ; je crois que c’est propre à la nature intrinsèque de la femme qui se distingue de l’homme en ce sens que celui-ci est davantage porté à des choses qui l’entraînent hors de lui-même et auxquelles des femmes peuvent d’ailleurs adhérer. Certes, la presse à scandales, la presse à ragots, le « people » comme ils disent, qui se nourrit des immondices que charrient les égouts de la société demi-mondaine, descend encore plus bas si c’est possible. Mais la presse féminine, c’est tout de même une certaine représentation de la femme. Dans les faits, c’est une très incertaine image de la femme ou de la femelle dont il est question — on finit par ne plus savoir —, une image brouillée, ternie, loin d’être à l’honneur de l’élément féminin.

Il suffit de tomber sur l’un de ces torchons de papier glacé, illustrés de donzelles « glamour » transformées en porte-manteaux de haute couture et maquillées comme des truies anorexiques, pour voir avec quelle science ces magazines mettent en évidence les travers de la nature féminine et ses défauts les plus crispants : la bourgeoise bobo qui se veut « libérée » mais ne parvient pas à s’affranchir de son milieu social ni des limites de son cerveau ; la battante suractivée qui part à l’assaut des bastions masculins ; l’intellectuelle névrosée (pléonasme) qui refait le monde, version jupons ; la super nana qui fait peur aux hommes ; l’obsédée du sexe qui ne pense et ne réfléchit que sous les instantes sollicitations de ses muqueuses intimes ; la féministe attitrée qui ne s’en remet pas d’être née femme, et remue terre et ciel pour qu’on la reconnaisse enfin comme un homme à part entière, et qu’on lui donne enfin les mêmes droits égalitaires ; plus quelques homosexuels de fonction qui constituent la caution « virile » de ces dames manifestement en totale dérive ontologique ; avec parfois dans le contenu rédactionnel des remugles de latrines, côté toilettes dames, où les effluves ne sont pas moins nauséabonds que côté homme. Le tout plus ou moins noyé dans des considérations se rapportant à leur apparence physique : mon visage, mes seins, ma chute de reins, ma peau, mes cheveux, mes ongles, mon maquillage, mes nippes, mes crèmes, mes parfums, mes bijoux, et le reste…, agrémenté des habituels papotages insipides, divers et variés, traitant de l’univers féminin. De temps en temps, quand même, ne pouvant totalement réprimer leur nature fondamentale, il est question de mères, d’épouses, d’enfants, de vie familiale, peut-être de Dieu, par inadvertance, mais en passant, rapidement, comme pour s’acquitter d’une corvée ou d’une tâche fastidieuse.

Quand elles parlent d’elles-mêmes, ces dames n’ont pas pour habitude de se sous-estimer ni de sous-estimer leur sexe. Les bonshommes n’ont qu’à bien se tenir. On les sent frustrées de ne pouvoir mener les messieurs par les parties nobles de l’animal, comme on pourrait les mener par le bout du nez. J’ai remarqué que les femmes investies d’une autorité ou qui ont du pouvoir adorent jouer à la maîtresse d’école avec les hommes ; elles y prennent peut-être plus de plaisir qu’à jouer au docteur. J’en viens parfois à regretter Le Petit Écho de la Mode de maman. Trop planplan, trop femme popote pour les furies post-soixante-huitardes ; il n’a pas survécu à la tornade féministe. Ce qui surprend le plus, ce sont les énormes tirages qu’affiche cette presse ; compte tenu des quantités de publicité qu’elle engrange, elle devrait être diffusée gratuitement, la femme moderne étant le plus puissant moteur de consommation de la société ; ce sont de véritables catalogues publicitaires destinés à stimuler leurs envies ou leurs rêves inassouvis ; ou à cultiver leurs frustrations de femmes et à les rendre encore plus difficiles à supporter. Étonnez-vous après cela qu’elles aillent de traviole, les chéries !

Certes, loin de moi de contester à nos compagnes leur désir légitime d’être coquettes, que d’ailleurs je m’en voudrais de fustiger. Après tout, une femme coquette, c’est une femme soigneuse qui se tient propre, soucieuse de son apparence et de l’image qu’elle donne d’elle-même ; le brin de coquetterie ne peut avoir qu’une influence heureuse sur son équilibre personnel, sur son environnement familial, mais également dans les relations avec autrui. Non, ce qui me chagrine, c’est la mentalité matérialiste et hédoniste de la femme dite « moderne », qui consiste à renier sa vraie nature féminine sous des dehors de ménade conquérante, pour faire oublier ce qu’elle est réellement : une femme, rien qu’une femme, et pas autre chose. C’est déjà beaucoup ; elle devrait remercier en toute humilité le Seigneur de l’avoir voulue et désirée femme… pour elle-même, pour ses enfants, pour notre bonheur à nous, hommes. Pour sa famille. On peut voir les choses comme ça…

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