Préservons-nous du préservatif

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Il a suffi que le Pape Benoît XVI ait prononcé une seule fois le mot « préservatif » pour que toute la communauté de ce que j’appelle les adulateurs du Sexe en folie se mette en émoi et tombe en transe ; tout le ban et l’arrière ban de la France homosexuelle était en effervescence, ne se contenait plus, soit approuvant, soit désapprouvant vigoureusement le Saint-Père parce qu’il n’allait pas assez loin ; les tafioles, tombées en pâmoison, étaient au bord de l’évanouissement, et les obsédés du sexe compulsif pavoisaient, chacun voyant un premier craquement dans les arrêts rigoureux et infaillibles du dogme pontifical : il avait osé prononcer le mot. Bref, c’était le sujet dont on parle, l’information qui faisait l’ouverture des journaux radio-télés, la Une de la presse écrite : le Pape a parlé du PRÉSERVATIF ; pour la communauté homo, ce fut comme un événement, une « bénédiction » du Ciel… Et cela occupa la France entière le temps d’un week-end. Il n’y a qu’une chose que les empaffés du PAF attendent avec la même obsession empressée des millénaristes attendant la Parousie : que l’Église catholique cesse de sanctionner le préservatif et bénisse son usage dans les rapports sexuels. Après cela, la fin du monde pourra arriver.

D’abord, qu’est-ce que cela peut bien leur faire aux adorateurs du Sexe, puisqu’ils sont pour la plupart athées, mécréants, anticléricaux, matérialistes, relativistes, etc., qu’ils ne respectent rien ni personne, même pas eux-mêmes ? Un peu comme les homosexuels qui réclament la reconnaissance du mariage entre eux, alors que la plupart de ces invertis sont des gens de gauche, et que la gauche considère en général le mariage comme une aliénation sociale, une survivance de mœurs bourgeoises rétrogrades et dépassées ?... Il est d’ailleurs assez curieux de remarquer que cette obsession les travaille tout autant que le mariage des prêtres ou l’ordination des femmes, comme si cela les concernait ou conditionnait leur vie intime… Encore une fois, de quoi se mêlent-ils ? Le plus souvent ils sont les ennemis déclarés-jurés de l’Église, des ennemis acharnés contre la seule religion catholique ; le judaïsme et l’islam, sexuellement compatibles à leurs yeux, n’ont pas l’heur de subir le même opprobre que la religion du Christ.

C’est à se demander si cette obsession du préservatif, n’est pas devenue chez eux une sorte de symbolique religieuse, un substitut mystique supposé compenser le vide métaphysique de leur pauvre et bien terne existence. L’adoration du Sexe est donc devenue le nouveau culte moderne, un culte censé transcender leurs névroses, où l’on retrouve, comme dans les rites primitifs, la prosternation devant le Totem, celui-ci résumant symboliquement les structures sociales et religieuses des sociétés préchristiques primitives ou claniques ; au Totem, le préservatif, les détraqués opposent les Tabous, c’est-à-dire les interdits moraux ; toute société à ses totems et ses tabous ; et chez les adorateurs du Sexe, le tabou qu’il faut tuer, c’est le Pape ; le Pape parce qu’il représente la loi naturelle, c’est-à-dire l’abstinence et la fidélité dans le couple : l’horreur absolue, quoi !

C’en est trop pour les bruyants adeptes de la libération du corps et du sexe qui font du vagabondage sexuel, de l’éréthisme sexuel, la mesure de leur degré liberté ; autrement dit, ils déterminent la liberté aux sourdes pulsions des fonds de caleçon, et la ravalent à une gestuelle liturgique limitée à sa plus simple expression : la baise — pardon ! — la copulation à tout va ; depuis le touche-pipi de leur enfance qu’ils ont subi comme un traumatisme révélateur, l’extase ou l’épectase de la transcendance, le sexe leur a ouvert les voies du nirvana cosmique ; il résume toute leur conscience d’être, toute leur existence ; tout doit passer par le sexe, partant par le préservatif, parce qu’on ne peut exister que par et avec lui. Quant à leur conscience morale, s’il en reste encore quelques débris, elle ne saurait aller au-delà ; pas plus que leur capacité à réfléchir : le préservatif leur tape sur le cerveau ; il étouffe chez eux les facultés mentales les plus élémentaires. Réduire la pauvre vision qu’ils ont de la vie à une membrane de caoutchouc synthétique doit être plutôt frustrant ; on ne doit pas avoir grand-chose à se dire, chez les adeptes du Sexe ; mais, me rétorqueront les suppôts de la secte, on n’est pas là pour penser ; on est là pour... enfin, pour faire ce qu’on a à faire.

Le plus grave dans cette mascarade, qui relève bien du Grand-Guignol sinistre des apôtres de la liberté sans responsabilité, c’est qu’avec l’apparition du sida et les ravages qu’il cause, particulièrement dans certaines régions d’Afrique, ils se servent de leur revendication impudique pour imputer la propagation de cette pandémie à l’Église et au Pape parce qu’ils refusent l’usage du préservatif, alors que dans leur tréfonds ils savent bien qu’ils instrumentent ce malheur pour satisfaire leurs propres déviances d’obsédés ; ils ne supportent pas que les symboles de la « liberté sexuelle » fassent l’objet d’interdits religieux.

Qu’on se comprenne bien. Il ne s’agit pas pour moi de culpabiliser ni de stigmatiser la « communauté homosexuelle » comme ils disent ; après tout, ils sont ce qu’ils sont : est-ce culturel (lié à l’éducation), génétique, physiologique ?… Genre de débat dans lequel je n’entrerai pas ; j’aurais plutôt tendance à botter en touche, me satisfaisant du très simpliste : c’est leur problème… Je constate, c’est tout. Pour ma part, je ne me suis jamais permis de mettre en cause leur anormalité, hors les classiques blagues toutes catégories qui prêtent à goguenarder. Ayant eu à croiser dans ma vie professionnelle des gens réputés homosexuels, je n’ai jamais eu à me plaindre d’eux, ni eux de moi : tout se passait bien ; je n’hésiterais pas à prendre leur défense au cas où ils seraient soumis à des provocations ou actes violents visant leurs personnes. Ceci dit, quand le lobby homo, que l’on sait puissant et très riche, mène des campagnes permanentes avec le soutien de l’idéologie dominante pour renverser l’ordre naturel, faire passer les couples normaux pour des anormaux, tandis qu’eux se présentent comme les parangons de la nouvelle normalité, alors là, je commence retrousser les babines et à montrer les crocs. Il y a trois choses que je n’admettrai jamais chez eux comme chez les politiciens : qu’ils pervertissent le mariage ; qu’ils revendiquent l’homoparentalité ; qu’ils fassent du prosélytisme.

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Décidément, dans quel monde vit-on ! Au moment où je rédige ces lignes, une certaine Odile B., gynécologue-obstétricienne de son État et, semble-t-il, très en pointe sur les choses du sexe, fait paraître un livre au titre on ne peut plus racoleur : Qui a peur du point G ? Plus suggestif, tu meurs. Quand on veut produire un best-seller, atteindre en quatrième vitesse et à coup sûr les hauts tirages, rien de mieux que publier un livre sur le sexe ; non, pardon, disons plus clairement : un livre de cul sur saint Trou-du-cul !... Si en plus, il est cautionné par le nom et les titres officiels d’une pseudo-sommité du monde scientifique ou médical, c’est bingo. Après tout, pourquoi pas ? Les maquereaux se font bien passer pour des sexologues, aujourd’hui... Et en plus ils ont la reconnaissance de l’Université ! Voilà où en sont arrivés ces gens qui se prétendent civilisés. Cinquante ou soixante ans après les Kinsey, Masters et Johnson et autres, qui ont ouvert la voie, et des tonnes de littérature sur le sujet, on en est encore à débattre du sexe. Ou ils ont quelque chose qui leur travaille les frustrations du bas ventre ou ça ne tourne pas rond dans leur tête. Ou les deux. L’avantage avec ledit point G, c’est que personne ne sait de quoi il s’agit, où il se situe, ni s’il existe. En attendant de le trouver, il fait beaucoup fantasmer et le suspense demeure ; on est parti pour des générations à le rechercher ; cela nous promet une profusion de livres en perspective, d’autant qu’il est admis aujourd’hui que cette histoire de charlatans est une pure invention destinée à vendre du papier, avec le même succès que ceux qui voient des ovnis partout ou prédisent régulièrement la fin du monde.

Soyons sérieux. Je veux bien admettre que la connaissance physiologique de la fonction sexuelle a fait des progrès ; je veux bien admettre que jadis, toujours avec la caution de l’autorité médicale, certains médecins ont répandu sous le sceau de la scientificité des balourdises navrantes sur la sexualité qui sont de nature à faire sourire aujourd’hui ; mais ils étaient aussi sincères et avaient la même certitude d’être dans le vrai que ne le sont la dame ci-dessus et tant d’autres de nos jours. Il y a une chose dont ces autorités ne parlent jamais, c’est de la capacité d’aimer. L’amour — qu’ils n’ont probablement jamais ressenti — est presque considéré par eux comme un affect parasite. Point G ou pas, il ne dépend que de l’homme de rendre heureuse une femme ; lorsque cette femme est sienne, l’accord ne peut être que complet. Dès lors, le bonheur s’invite de lui-même dans le couple. Chercher le point G, c’est comme pour le chasseur partir à la recherche du dahu ; c’est avouer implicitement que l’homme est impuissant à rendre les hommages à celle qu’il a pour devoir conjugal de rendre heureuse.

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Pour en revenir au préservatif, la reconnaissance officielle de son usage a été l’un des thèmes emblématiques majeurs de la propagande gouvernementale, lors de l’arrivée au pouvoir des socialo-communistes en 1981, avec François Mitterrand. Il n’y avait rien de plus urgent ni de plus prioritaire avec la généralisation de l’avortement (Veil-Giscard) et l’abolition de la peine de mort, à part d’augmenter les impôts, d’embaucher des fonctionnaires à tours de bras, d’abattre les frontières et d’endetter la France jusqu’au cou. Pardon, jusqu’aux yeux. Il fallait imposer la présence du Totem dans les lycées et collèges de la République, mais rendre également sa diffusion obligatoire et anonyme par le canal des officines pharmaceutiques, que l’on croyait avoir pour mission de soigner les citoyens et non de les pervertir. Les pharmaciens les plus engagés derrière l’État socialo-communiste apposeront un distributeur automatique en devanture ; les autres se contenteront de le distribuer comme un produit ordinaire ; quelques courageux passeront outre l’ukase républicain et refuseront de vendre l’objet « culte ». Aujourd’hui, on va plus loin avec le « pass contraception » réservé aux jeunes filles de seize ans pour lutter, soi-disant, contre l’augmentation de l’avortement chez les ados… Mais de quelle éducation sont-ils victimes, les ados ? Le pire, c’est que ce kit de contraception est délivré par les infirmières des lycées, anonymement et à l’insu des parents. Encore un coup de boutoir dans la formidable entreprise de pourrissement de la jeunesse, dans la destruction de la famille et la mise sous tutelle de l’autorité parentale par l’État.

L’artisan de cette violation de la morale sociale et d’atteinte aux bonnes mœurs est à l’origine le célèbre ministre de la Culture et de l’Éducation nationale, Jack Lang, dit Djack le Coruscant, celui qui a fait du décervelage de la jeunesse un art majeur de la nouvelle éducation, de l’éducation moderne ; il reste universellement connu pour avoir marqué l’histoire en délivrant au bon peuple de France cette haute pensée le soir même de l’élection de Mitterrand : « La France est passée de l’ombre à la lumière ». Il est vrai que la France n’attendait que ce prophète de malheur, modèle du socialiste pédant, tout pénétré de son hypocrisie de pharisien, pour lui rappeler que ce qu’elle prenait pour les marques d’une brillante civilisation millénaire, n’était en réalité qu’obscurantisme et superstition. Elle est surtout passée du peu de ce qu’il lui restait de décence à la décadence accélérée ; il est vrai que Mai-68 avait déjà largement amorcé la dégringolade. C’est ce même Djack qui est l’inventeur de la journée de la musique ; il est celui qui a rendu épouvantable aux braves gens la plus longue journée de l’année ; un vrai cauchemar pour les oreilles et pour les yeux ; et ce qui aurait dû être, en ce solstice d’été, la plus belle journée de la plus belle saison, la plus agréable pour les citadins quand le temps est au beau fixe, se retrouve furieusement gâchée par les producteurs d’abrutissement généralisé qui s’autorisent tout, même le fin plaisir gourmet de pourrir la vie des citoyens.

Mais qu’est-ce qui les pousse à entraîner la jeunesse dans des pratiques sexuelles précoces, ou à la faire basculer dans la névrose érotomaniaque avec tous les risques pathologiques, psychologiques et sociaux que cela implique ? Sans aller dans jusqu’à l’explication conspirationniste, et sans toutefois l’écarter, la réponse qui me vient à l’esprit est celle-ci : en attirant la jeunesse vers un apprentissage de plus en plus précoce de la sexualité, le but recherché est d’arriver à dépénaliser la pédophilie, voire à la légaliser comme l’usage de la drogue ; le sadisme sexuel maximum : violer les enfants ! Certains documents officiels destinés à l’éducation sexuelle dans les écoles de la République ne laissent aucun doute à ce sujet. Mais ce que je crois surtout, c’est que ces gens ont un une incapacité paralysante d’aimer dans les rapports sexuels ; ils vivent les pratiques sexuelles déviantes comme une frustration permanente qu’ils compensent par l’éréthisme sexuel ; cette pratique addictive du sexe les rend incapables d’aimer ou d’être aimés et fait d’eux des impuissants pathologiques antisociaux… Tout le drame de leur vie est là. Il faudrait qu’ils se penchent sur la signification du mot « amour » pour en comprendre le sens profond. Et comme toujours, ces impuissants structurels aliénés par leur névrose se retournent contre la société qu’ils rendent responsable de leur mal de vivre ; impuissants et irresponsables, ils le sont en tout ; ce n’est jamais eux, c’est toujours la société ; ils ne sont que victimes ; c’est aussi pour cela qu’ils sont le plus souvent libertaires, libéraux libertaires de « droite » ou asociaux socialistes de gauche ; parce qu’en plus ils ont l’esprit revanchard, taraudés qu’ils sont par le désir inassouvi de vengeance sociale : bêtes et méchants pour couronner le tout ; ils ne trouvent comme seul moyen de se délivrer de cette névrose invalidante que l’acte sexuel libérateur, le sexe désinhibiteur — la « libération par le sexe », le « jouir sans entraves » pour employer les slogans de Mai-68 —, vain palliatif d’une existence désordonnée qui ne fait qu’accroître leurs frustrations, nourrir leur mélancolie et entretenir un dégoût suicidaire de la vie.

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Revenons aux propos de Benoît XVI. Son prédécesseur, Jean-Paul II, avait réussi à ne pas prononcer le mot « préservatif » en 23 ans de pontificat ; son successeur, sous la pression médiatique, finira par l’évoquer du bout des lèvres ; dans une récente intervention, Lumière du monde, il se contentera d’en préconiser l’usage limité pour protéger les « hommes prostitués des risques de contaminations » (sic : dans ce cas restrictif, les prostituées femmes n’auraient pas droit à la même protection ?). N’entrons pas dans les linéaments de cet obscur raisonnement — il semble que Benoît XVI maîtrise mal le sujet — et contentons-nous de respecter les principes de la loi naturelle, en sachant que sa transgression est toujours signe de malheur pour les hommes. Cela se vérifie tout au long de l’histoire de l’humanité. N’ont atteint des hauts degrés de civilisation que les peuples et les sociétés qui ont su se contenir dans des cadres moraux bien établis que l’expérience des siècles confirme. Et si nous savons qu’en chacun de nous il n’y a pas nécessairement un saint modèle, il y a au moins une façon digne de se comporter qui ne fasse pas écho aux névroses gravement obsessionnelles des prosélytes du sexe pour le sexe. (2011)

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