Les intoxicateurs

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Sachons-le : la liberté de la presse n’existe plus en France, sous le régime républicain.

Ou plutôt, si : la liberté de la presse existe toujours mais les journaux ne sont pas libres, ce qui est encore plus vicieux ; et pourquoi les journaux ne sont-ils pas libres ? Réponse : parce que pour la plupart, à 98%, ils dépendent de l’argent qui ne provient pas du produit de la vente des supports, mais de trois sources de financement non commerciales : la publicité, l’argent des commanditaires, les très généreuses subventions de l’État.

Comment peut-on affirmer que la publicité n’est pas commerciale ? Parce que toute publication qui n’est pas politiquement correcte se voit refuser systématiquement la publicité nationale ou locale d’où qu’elle vienne. Je parle ici uniquement de la presse d’information papier, mais évidemment, cela concerne toutes les formes de supports. Dans ces conditions, il ne faut pas parler de publicité commerciale mais de moyen de financement de la presse politique, le message publicitaire n’étant qu’un prétexte. Les grandes marques ne sont pas libres de passer de la publicité comme elles l’entendent, en fonction de leur intérêt commercial, sans quoi elles sexposent à des représailles financières. 

Un exemple. Du temps où j’adhérais au Front national historique (FNH), nous avions un journal qui s’appelait National-Hebdo, un magazine politique plutôt bien tenu par des journalistes internes au mouvement ou proches. Un jour, il parut avec une publicité pleine page de l’apéritif Saint-Raphaël en quatrième de couverture. Il parut une fois. Il parut deux fois. Il y eut peut-être une troisième. La réaction fut rapide et foudroyante : l’entreprise fut mise en demeure par qui de droit de cesser toute publicité dans l’hebdomadaire lepéniste, sous peine d’être bannie de la grande presse généraliste. On s’en doute, la direction obtempéra sur le champ. Refuser de s’incliner devant ce dictat totalitaire signait l’arrêt de mort du célèbre vin spiritueux.  

Maintenant on le sait, toute la grande presse (anti) nationale est la propriété d’une poignée de milliardaires, dont certains sont étrangers, et de toute façon de gauche, mais d’une gauche instrumentalisée façon idiots utiles comme nous allons le voir. Pourquoi se gêner ? Pour ces gens-là, la France n’existe plus ; elle n’est plus qu’un cloaque d’immondices dans lequel chacun pioche selon son intérêt personnel ; elle a encore la liberté de la presse, mais n’a plus l’expression libre. Il est pratiquement impossible à un journaliste indépendant, même soutenu par un mécène, de créer un journal d’information, les conditions financières et le politiquement correct actuels rendant impossible ce qui l’était encore voici cinquante ans. La « liberté de la presse » est entièrement cadenassée et dépend du bon vouloir très orienté (au sens étymologique du terme) des grossiums de la finance internationale, du cartel des banques et des oligarchies mondialistes. Mais avant de se demander quel est le but caché, essayons de savoir comment on en est arrivé-là, à cette hyper-concentration entre quelques mains, et pas des plus propres, de toute la presse française…

*

Tout a commencé avec un journaliste de « droite » ou présenté comme tel, Robert Hersant, dit Papivore, fondateur de L’Auto-Journal (1950). À l’époque, ce journal était à l’automobile ce que L’Équipe est au sport… Il fit fortune et devint l’auteur d’un des premiers regroupements de presse en France avec la création de Centre-Presse (1958) ; un regroupement sous cette entité régionale, c’est-à-dire une concentration ou fusion d’une dizaine de quotidiens locaux couvrant quatre départements : Corrèze, Haute-Vienne, Vienne, Dordogne  : Le libre Poitou, La Vie Rurale, Le Courrier du Centre, L’Éclair du Berry, Brive Information, Le Gaillard, La Gazette du Périgord, Dordogne-Soir. Je me souviens dans ma première jeunesse, à Brive, des deux titres locaux : Brive Information à gauche, Le Gaillard, à droite (catho) : pas mal pour une ville de 35000 habitants alors. L’aventure du Gaillard était la reprise après-guerre d’un hebdomadaire corrézien, La Croix de la Corrèze, fondé et dirigé par un prêtre-journaliste de choc, l’abbé Chastrusse. Le titre sera interdit de reparution en 1944, à la Libération (son créateur était mort entre-temps), mais reparaîtra sous le nom de La Vie corrézienne ; tandis que la famille Chastrusse, héritière de l’imprimerie de l’oncle abbé, fera paraître de son côté Le Gaillard jusqu’à son rachat par Hersant. Notons que La Vie Corrézienne, hebdomadaire qui recouvre aujourd’hui le département dans son entier, n’a plus de ses origines catholiques qu’un vernis symbolique.

Le groupe Hersant (Socpresse) s’enrichira par la suite de nombreux quotidiens locaux et de son navire amiral, Le Figaro, avant que le groupe ne soit démantelé par les héritiers et vendu en partie à la famille Dassault. Le coup de force financier de Hersant annonçait la mort de centaines de gazettes locales diversifiées et pluralistes dans toute la France, avalées au fur et à mesure que se constituaient de nouveaux groupes de presse sous la tutelle des grands quotidiens de province… et des banques ! Le journalisme n’était plus un sacerdoce, mais un job comme un autre, dans une profession qui allait devenir un véritable business à l’américaine. Et pas simplement un business : une gigantesque entreprise de bourrage de crâne et de propagande de la pensée unique. Cette dérive préludait à ce qu’allait devenir aujourd’hui le journalisme : un métier qui n’existe plus.

Il faut parler aujourd’hui de la presse comme d’une activité de banquiers, les journalistes étant assimilés à des « employés de banques » (1) ; ce sont elles les propriétaires, soit par prête-noms, soit par milliardaires interposés dépendant de toute façon du cartel des banques. C’est donc quelques financiers, une douzaine à peine, qui ont la main mise sur le cœur de l’information aujourd’hui, et contrôlent la plupart des journaux, radios et télévisions de masse, y compris l’activité numérique de chacun.

La presse, le journalisme, l’information, sont devenus un billard à trois bandes ou interviennent trois acteurs majeurs : les banques pour le contrôle financier et idéologique, l’État et les collectivités pour faire cracher le contribuable, les grosses agences publicitaires ou d’espaces publicitaires, qui complètent la provende des fonds fournis en permanence à une presse qui vit au-dessus de ses moyens pour s’attacher, à coups de très gros salaires, les agents de propagande que sont devenues certaines catégories de journalistes — des niveaux de salaires que ne pourront jamais atteindre les journaux indépendants.

1. L’État, c’est-à-dire le contribuable, intervient à deux niveaux : la subvention directe, la subvention indirecte ou franchise postale. L’ensemble de ces aides s’élèvent à des centaines de millions d’euros par an ; notons que le journal le plus subventionné en proportion de ses ventes est le quotidien communiste L’Humanité, qui bénéficie en plus de l’effacement de ses dettes par l’État, la dernière s’élevant à 4 millions d’euros ; sans ces soutiens scandaleux de l’argent public au quotidien communiste, il y a longtemps qu’il aurait mis la clef sous le paillasson. Nous n’entrerons pas dans le détail, mais il n’en reste pas moins que cette distribution de la manne publique orientée est absolument scandaleuse… Pour soutenir une presse de milliardaires qui n’assument même pas leurs responsabilités d’investisseurs ; l’État français subventionne à gros bouillons ces milliardaires avec l’argent des contribuables dont la majorité a le plus grand mal à s’acquitter de ses impôts ! D’autre part, il faut se rappeler que l’argent des banques N’APPARTIENT PAS aux banques, qu’elles soient nationales ou internationales ; c’est l’argent de ceux qui travaillent et participent à créer de la richesse (valeur ajoutée) ; en aucun cas cet argent est le leur !

2. Les agences publicitaires sont la deuxième grande source de financement de la presse. Elles constituent un énorme moyen de pression à la fois sur les annonceurs et sur les directeurs de journaux : gare à celui qui se permettrait, même une fois, par inadvertance, de s’égarer sur les chemins aventureux du politiquement incorrect ; autant dire que cela reviendrait pour lui à une condamnation à mort avec exécution immédiate : voir notre exemple ci-dessus.

3. Restent les banques, le mot banque étant ici employé au sens générique, non au sens du banquier de quartier. Mais alors quel est le rôle exact de ces entreprises à l’objet social détourné et de ces financiers hors sol pour ne pas dire hors-la-loi, puisqu’ils contrôlent tout, que tout dépend d’eux, que tout remonte à eux, et qu’ils sont les vecteurs du totalitarisme universel, en vertu de ce principe tout aussi universel : qui paye la guerre décide la guerre ? Autre façon d’évoquer le nerf de la guerre… En principe la paix relève du don de la grâce, donc de la gratuité.

En fait ces banquiers ne sont que les relais de terrains des pouvoirs occultes qui dirigent le monde et tentent d’imposer le Nouvel Ordre Mondial. Rapidement décrite, la feuille de route se résume ainsi : abattre les monarchies (processus quasiment achevé), détruire les nations d’Europe, détruire la famille, détruire l’Église catholique et anéantir le monde chrétien (qu’ils ont en haine, une haine rentrée, rageuse, féroce, qu’on a peine à imaginer) pour instaurer la dictature universelle, transformer les peuples en masses d’esclaves producteurs-consommateurs, des masses d’individus indistincts, sans races (comprenons sans racines), sans identités, sans passé ni avenir… Pour cela faire tomber les frontières, provoquer l’invasion migratoire en soutenant la résurgence de cette idéologie criminelle de fous furieux qu’on appelle l’islam, instrumentaliser la femme et l’homosexuel pour affaiblir l’homme, le déviriliser, encourager la dénatalité et l’avortement chez l’homme blanc, et au final créer un individu isolé, aveuli, servile, malléable, exploitable, corvéable, un zombie totalement aliéné à l’État ; ce qui était auparavant, notons-le, l’objectif du communisme qui a tragiquement échoué. Mais s’il a perdu une bataille, il n’a pas perdu la guerre. Ils tentent d’y revenir sous la forme du Nouvel Ordre Mondial qui n’est que l’autre nom du communisme ou néo-communisme bancaire, mais par d’autres moyens, en prenant eux-mêmes la direction des opérations au lieu de les confier à des intermédiaires incapables comme l’étaient ces autres fous furieux, les dirigeants soviétiques. Je ne suis pas sûr qu’avec la galerie des politiciens français et européens actuels ils soient mieux servis.

Il est donc nécessaire de contrôler toute la sphère publique, c’est-à-dire les fonctionnaires et les politiciens, pour transformer les États européens en machines de guerre sous bannière de l’Union Européenne contre les peuples qui osent encore s’opposer, résister, défendre leur souveraineté et leur identité nationale.

Parmi ces moyens, se rendre d’abord maître des cerveaux pour mieux les contrôler.

a) Contrôler l’enseignement afin de formater le cerveau fragile des jeunes pousses, de les lobotomiser dès le plus jeune âge de telle façon qu’ils ne pourront jamais se reprendre, tout en faisant en sorte que le moins possible de ces jeunes cervelles passe à travers les mailles du filet ; d’où l’école « laïque » (faux, elle est soumise à l’idéologie), « gratuite » (faux, c’est le plus gros budget de l’État, et ce n’est pas un hasard), obligatoire (faux, personne n’est obligé de mettre ses enfants à l’école publique). D’où la devise républicaine, celle-ci devant absolument faire croire que nous sommes tous libres, égaux, frères, des mots en l’air, des mots controuvés, détournés de leur signification réelle…

b) Contrôler la presse (parmi toutes les autres activités culturelles, également entièrement verrouillées), ce qui permet d’avoir la mainmise sur l’information et de l’orienter dans le sens souhaité. On est là dans une attaque frontale, généralisée, visant à atteindre la faculté de réfléchir de l’individu qui dispose encore d’une certaine indépendance d’esprit (« Du temps de cerveau disponible », pour reprendre l’expression devenue célèbre d’un patron de presse), le protégeant naturellement contre toute agression intellectuelle, spirituelle et morale. Le procédé consiste à le bombarder en permanence de messages faux et menteurs, de le submerger de falsifications mentales trompeuses à travers le commentaire « autorisé » relevant de l’hypocrisie pharisienne la plus grossière, et qui vise à déformer l’information tout en lui donnant l’illusion de la vérité à travers le fait avéré ; la falsification consiste à entrelarder l’information de faux et de vrai, et à valider le mensonge par le commentaire afin d’amener l’individu à penser ce qu’on attend de lui, sans faire appel à sa capacité de réflexion et au besoin en la neutralisant. Et c’est là qu’intervient celui qu’on appelait au temps jadis, au temps passé, un journaliste, et qu’on ne doit plus appeler aujourd’hui que du nom d’intoxicateur. C’est son métier. Un métier de menteur, de délateur, de faussaire, de commissaire politique, de kapo, de sycophante, de rééducateur idéologique, de chef instructeur de goulag ou de laogaï ; la pensée unique par les héritiers nostalgiques de la dictature jacobine et de sa fille aînée la dictature bolchevique, héritiers formatés pour la plupart dans les écoles de journalisme soumises à l’idéologie socialo-communiste (2).

 Enfin, dernière fonction du « banquier journaliste », et pas la moindre : tenir en main les politiciens du système. Il suffit que l’un d’eux regimbe, se révolte, dénonce le système, pour qu’il signe du même coup son arrêt de mort politique : après l’asphyxie financière, l’étranglement politique. Pire, dès lors qu’il rompt le pacte tacite, les intoxicateurs vont s’acharner sur lui, le lyncher publiquement, voire fouiller sa vie privée, l’étaler aux yeux de tous pour le discréditer, le détruire socialement, le disqualifier politiquement. Avez-vous remarqué comment les politiciens républicains se referment comme des huîtres dès qu’on aborde certains sujets politiquement incorrects ? Comme me l’a rétorqué un de ces journalistes porte-paroles du politiquement correct à propos de l’immigration : « Ce n’est pas un sujet de débat ! »…

Eh oui, il faut s’y faire, depuis l’ère Hersant, fini le journal de journaliste, du journaliste de papa, du journaliste pour qui le métier était un sacerdoce, le journalisme de celui qui faisait honnêtement mais sans doute un peu naïvement son métier d’informer. Aujourd’hui il est devenu un agent de propagande du système, un bourreur de crâne autorisé et accrédité, un terroriste de la pensée unique, un suppôt du politiquement correct dont le but est de faire rentrer dans l’esprit des lecteurs, spectateurs ou téléspectateurs, les codes de l’idéologie républicaine. De les y faire entrer et d’empêcher qu’ils en sortent, le système républicain étant le vecteur naturel du totalitarisme ; si elle doit s’imposer, c’est par la République vénérée que la dictature universelle s’imposera et pas autrement.

*

Voici deux exemples qui montrent comment a évolué la presse, ces dernières décennies.

Premier exemple.

Nous avons vu que Robert Hersant a regroupé plusieurs journaux du centre de la France sous le titre Centre Presse. Quelque vingt ans plus tard, en 1981, Mitterrand et les socialo-communistes arrivent au pouvoir. Tout ce que la France compte de socialistes, de communistes, de gauchistes est en effervescence. Finies l’ère de Gaulle, l’ère Pompidou, l’ère Giscard. Fini la « droite » rétrograde et réactionnaire ! On danse, on chante dans les rues de Limoges. Les gens sont excités. Même dans le train qui m’amène à Bordeaux, le lendemain matin, prenant au passage les gens qui vont au travail, on exulte, on se lâche, on se congratule : le monde va changer. On va être heureux. On va connaître le bonheur. L’utopie à tout va ! Les fonctionnaires et les petits profs barbichus fraîchement élus, avec leur collier pileux d’adolescents attardés, arrivent eux aussi aux manettes du pouvoir ; les néophytes ne vont pas traîner pour apprendre à s’en servir. Ils vont aller vite, très vite. J’ai de cette époque le souvenir d’une information qui circulait avec insistance ; la première des choses que firent les députés, ces nouveaux représentants du peuple en action, fut de battre le rappel dans leur entourage pour faire passer ce message : « Venez, il y a des places à prendre ! » Dire qu’on a accusé les papes de népotisme ! Rien que cette anecdote signalait déjà un certain état d’esprit au goût de faisandé qui allait ravager la France dans les décennies à venir.

Dans les salles de rédaction  de gauche, on respire, on souffle, on fait le V de la victoire. Enfin les amis sont au pouvoir, on va toucher de la galette. L’optimisme est au beau fixe. Centre Presse et Le Populaire du Centre se partagent le lectorat du Limousin. La gauche reprend du poil de la bête. Au plan national, Hersant est quasiment lynché ; les nouveaux procureurs de papier dénoncent sa boulimie de rachat de journaux et l’accusent de menacer la pluralité de la Presse : l’avenir montrera qu’ils feront pire en faisant de la Presse française une forteresse monopolistique de l’idéologie mondialiste. En attendant, ils jouent de son passé vichyssois, le traitent de collabo, lui font un procès de Moscou, oubliant pudiquement que leur héros du moment, Mitterrand, est décoré de la Francisque du maréchal Pétain. Pendant ce temps à Limoges, il se prépare en secret un coup de force spectaculaire. On apprend un beau matin que la rédaction de Centre-Presse est passée en bloc chez le concurrent ; il ne s’agit pas d’un simple transfert de personnel ; il s’agit d’une rédaction de « droite » qui vient de se saborder pour passer sans coup férir à gauche, chez l’ennemi… La cabale des lâches porte ses fruits amers : les journalistes de Centre Presse viennent de torpiller sans états d’âme leur propre journal ! L’édition du limousin disparaît du jour au lendemain ; les bureaux ferment. Sur 25 journalistes environ, trois refuseront de cautionner cet acte de félonie. Voilà comment on apprend la façon dont les journalistes de gauche fabriquent les journaux de « droite ». Quant aux lecteurs, cocus et  trahis, ils se contenteront désormais du Populaire du Centre… faute de grives !

On voit comment les intoxicateurs avaient déjà de l’avance, quelques 30 ans avant cette page ; il est vrai qu’ils avaient de qui tenir : des prétendus journalistes résistants qui ont volé les journaux à la Libération, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale… Nous avons là l’exemple typique de ce journalisme militant progressiste qui va se développer sur le même schéma et toucher l’ensemble de la presse quotidienne régionale (PQR). Il s’agit bien moins d’informer que d’imposer une idéologie et de neutraliser l’adversaire politique. Le métier d’informer, n’est plus le but du journaliste ; le journaliste est là pour servir le Veau d’Or et se prosterner devant sa statue ; quand il s’agit d’argent, sa servilité n’a pas de limites : elle trouve sa récompense en termes de salaires et d’avantages appropriés. Les journaux de droite disparaîtront ou se transformeront en journaux de centre gauche ou droit. Il y a belle lurette que la presse de droite n’existe plus en France, si toutefois elle a réellement existé.

Deuxième exemple.

Nous sommes une dizaine d’années plus tard, au début des années 1990. Entre-temps j’ai adhéré au Front national historique. Je participe à un dîner débat qui se tient dans un Relais-Château, hors de la ville, en présence d’un orateur national du mouvement lepéniste. Le localier de service, présent lui aussi, est sur le pied de guerre.

Il convient auparavant de préciser le contexte. Dans le même temps, le Populaire du Centre, ce quotidien très à gauche qui a flingué à bout portant son concurrent de « droite », Centre-Presse, à la suite de manigances spécieuses, connaît à son tour de graves difficultés financières et se vend en catastrophe au grand quotidien auvergnat La Montagne. Il ne faut surtout pas demander à des gens de gauche, qui ne savent vivre autrement que sous perfusion de budgets alimentés par l’État-providence, de se révéler aussi des champions en matière de gestion d’entreprise. La Montagne a déjà tenté de s’implanter en Limousin, mais sans succès. L’aubaine est trop belle. Les Auvergnats se voient déjà réinvestir la terre voisine : ils sautent sur l’occasion et raflent le quotidien de gauche local. La Montagne est politiquement étiqueté centre-centre ; comprenons que son orientation politique, comme le seront tous les groupes de presse régionaux, est fonction de la vitesse du vent dans les barreaux de chaise autant que de la ligne de crédit consentie par le banquier, et des subventions accordées par les autorités politiques en place ; bref tout ce qu’il faut pour paraître un parfait honnête homme dans les milieux politico-affairistes. Il va réintroduire le titre maison en Limousin ; pour étendre son lectorat et récupérer des lecteurs de droite, du moins croit-il, il donne à son édition locale une coloration orientée droite simili. L’affaire va faire flop ! Depuis plus de cent ans que Limoges vote à gauche, il y a longtemps que les Limougeauds ne savent plus ce que « droite » veut dire en politique, même si, depuis peu, ils viennent d’élire un maire dit de « droite »… En fait, la mayonnaise ne prendra pas, même lorsque ce prétendu surgeon de « droite » ne sera plus que le Populaire du Centre auquel on aura changé le titre en La Montagne, et inséré quelques papiers « droitiers » pour donner le change.

Revenons à notre localier. Il fait son métier. Je veux dire qu’il rédige deux articles : un gentil pour La Montagne (droite simili), un méchant pour Le Populaire (gauche pur produit) : « pluralité » de commande oblige. Le lendemain, grand éclat de rire au local de notre permanence : ils ont interverti les articles ! L’article gentil a paru dans le journal méchant et l’article méchant dans le journal gentil. Voilà comment nous avons découvert le pot aux roses… Et je pourrais continuer… Les Parisiens doivent se souvenir de ce que fut le destin de L’Aurore, quotidien très à droite, trop à droite, qui finira comme un faux Figaro titré L’Aurore… Mais non, les donneurs de leçon ne prennent pas les lecteurs de journaux pour des demeurés ! Et ce sont ces gens-là qui prétendent dénoncer les atteintes au pluralisme de la Presse, à la liberté d’expression, ou, comme je l’ai déjà entendu, qui se vantent d’être les « remparts de la démocratie », alors qu’ils sont tous vendus au gros argent !

Maintenant, étendez toutes ces magouilles et tripotages journalistiques et bien d’autres encore à la France entière, et à tous les types de supports.

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Revenons à notre grosse presse (anti) nationale. Les lecteurs susceptibles de porter leurs regards plus loin que les culs de bouteille leur tenant lieu de lunettes vont peut-être se poser cette question qui intrigue : admettons que ce soient des milliardaires qui contrôlent la presse d’information ; mais comment se fait-il que ces gens d’argent soutiennent les journaux de gauche, c’est-à-dire la quasi-totalité de la grande presse dite mainstream, presse de masse, presse serve, presse de conditionnement et de propagande, alors que la gauche est idéologiquement, fondamentalement, farouchement, l’adversaire du monde capitaliste, qu’elle est opposée au mur de l’argent, au capitalisme économique spéculatif, au capitalisme tout court (attendu que le capitalisme d’État ne semble pas gêner aux entournures ces mêmes gens de gauche !) ? Ironie du sort, ce sont des capitalistes qui détiennent et soutiennent financièrement la presse des ennemis les plus acharnés du capitalisme… D’autre part, la gauche se pare du titre de défenseur des petits, des humbles, des sans-grades, des sans-dents, des ouvriers, des exploités, j’en passe… Alors pourquoi ce lien entre ces milliardaires qui représentent la plus horrible personnification de l’exploitation capitaliste, et le socialisme qui défend idéologiquement les humbles et les exploités ? Comment justifier cette contradiction tant sur le fond que sur la forme ?

Cet exemple va donner un premier élément de réponse.

À deux reprises des leaders socialistes vont proclamer au cours de l’histoire contemporaine leur haine de l’argent et de la finance : François Mitterrand et François Hollande. Rafraîchissons-nous la mémoire :

1) Congrès d’Épinay, 1971. C’est Mitterrand qui dénonce les privilèges des « maîtres de l’argent » : « L’argent qui corrompt, l’argent qui achète, l’argent qui écrase, l’argent qui tue, l’argent qui ruine, et l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes ! »

2) Le Bourget, janvier 2012. C’est le candidat Hollande qui remet le couvert quarante ans après son prédécesseur, et qui déclare la guerre au monde de l’argent : « Mon véritable adversaire il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne : cet adversaire, c’est le monde de la finance. » Quel aveu !

Certes, si Mitterrand n’a pas créé les conditions de l’endettement de l’État français (Pompidou), c’est lui, après Giscard, qui va le précipiter dans les bras de la Haute finance internationale ; à partir de son premier septennat la dette publique extérieure de la France ne va cesser de croître exponentiellement ; aucun des chefs d’État qui suivront ne ralentira ce processus pervers ; jusqu’à aujourd’hui où la France de Hollande est littéralement noyée sous les flots de l’endettement public. Non seulement il est de fait assujetti à la Haute finance internationale, mais petit soldat zélé et empressé du système, il est devenu l’ordonnateur local du Nouvel Ordre Mondial a un point d’implication jamais atteint par ses prédécesseurs ; autrement dit, il est devenu l’ordonnateur du dispositif dont le but est de détruire la France jusque dans ses fondements civilisationnels. On l’aura compris, les appels hypocrites de la gauche à mépriser l’argent et les riches ne sont que des manœuvres électoralistes fallacieuses pour piéger les électeurs. Et ça marche à tous les coups !

D’accord, mais pourquoi les milliardaires et la Haute finance internationale ont-ils besoin de s’appuyer sur le socialisme et le communisme, de les financer, de les soutenir à gros bouillons ? N’ont-ils pas d’autres moyens que le socialisme, pas d’autres possibilités que de passer par cette idéologie désastreuse pour écraser les peuples et les soumettre à la dictature du Nouvel Ordre Mondial ? Eh bien non, justement… Ils n’ont rien trouvé de mieux que le socialisme (entendu au sens générique du terme) pour faire plier les peuples et les maintenir sous leur emprise.

1) Parce que cela leur permet de faire dépendre leurs propres ennemis d’eux, donc de les contrôler en les soumettant au pouvoir de l’argent. C’est la raison pour laquelle les capitalistes financent sans complexes les journaux anticapitalistes de gauche afin de les tenir par la caisse.

2) Parce que cela leur permet de tenir de la même façon les peuples par les deux bouts. Par le haut, en achetant les représentants du peuple, c’est-à-dire les élus de la République ; par le bas, en finançant par des biais détournés les divers mouvements politiques de gauche ou carrément gauchistes afin de soutenir leurs idéologies destructrices, dans le but de niveler les peuples, de les rabaisser et les empêcher de relever la tête.

On le voit, le prétendu socialisme et son égalitarisme de pseudo-justicier redistributif qui passe par les poches des élus, ce socialisme si proche du petit peuple, des exclus, des parias, des réprouvés, n’est en réalité qu’un vulgaire moyen de détruire la société française et de fabriquer des êtres veules, lâches, ignares ; le socialisme ne peut produire que des êtres dénaturés ; il est à la fabrique du sous-homme ce que l’école publique est à la fabrique du crétin… Dans les faits, il aura contribué à ne créer que des fonctionnaires et des assistés sociaux en masse pour les faire dépendre de l’État, donc les faire dépendre électoralement d’eux : une façon d’acheter leur vote ; le socialisme n’est qu’une flibusterie, une arnaque politicienne de haute volée comme le sont l’ensemble des partis politiques dits républicains, des marionnettes du grand barnum électoral avec son théâtre d’agités du bocal. La finance internationale achète les socialistes, les socialistes achètent les électeurs ; les électeurs votent pour les socialistes qui ont acheté leurs voix. Le schéma est  simple. La collusion Haute finance et socialisme est de toujours ; ils sont culs et chemise d’éternité, et ne peuvent aller l’un sans l’autre... Les édiles socialistes se sont enrichis avec « l’argent qui corrompt » et « l’argent qui pourrit jusqu’à la conscience des hommes » ; ils possèdent tous des résidences secondaires alors qu’ils sont fonctionnaires et n’ont jamais pris la moindre responsabilité de leur existence (Ils aiment le Lubéron où ils ont acheté des villages entiers, des villages à bobos parisiens : pauvres paysans !), et se fichent pas mal du petit peuple ; ils se dépêchent de penser à lui la veille des élections et de l’oublier le lendemain.

*

On le voit mieux maintenant, on voit mieux comment les intoxicateurs sont clairement des agents de propagande et d’ailleurs ne s’en cachent même plus ; leur caractéristique principale est d’avoir des mentalités d’apatrides, dont hélas, parmi eux, beaucoup de Français de souche ; ils ont appris à l’école à haïr leur pays, à haïr le peuple auquel ils appartiennent, à se haïr soi-même, à se dégoûter de ce qu’ils sont (névrose d’auto-détestation, de haine ou de négation de soi), à préférer l’étranger qui symbolise l’altérité au détriment de leurs compatriotes, et, pour finir, à sacraliser l’« Autre » au détriment de leur propre identité ; l’exhortation charitable de Jésus : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » devient chez eux, inversée : « Tu haïras ton prochain comme tu te hais toi-même » ; totalement déracinés et hors-sol, ce sont des nomades sociologiques, sans principes ni morale, avec pour seule loi : être toujours du côté du pouvoir qui paye le mieux. Ils se disent tous citoyens du monde et sans frontières, mais ils habitent tous Paris, à l’intérieur de la double ceinture sécurisante des grands boulevards… On les voit se déployer dans la presse de masse sans retenue, avec leurs airs de procureurs stipendiés toujours prêts à anathématiser quiconque ne pense pas correctement, toujours prêts à instruire des procès de Moscou à quiconque se révèle récalcitrant ou ennemi du système.

Certains ne manqueront pas de faire observer que cette grosse presse ventrue a pour elle d’être une force de frappe événementielle considérable ; oui, mais une force événementielle qui n’est autre que le cache-sexe de la propagande ; et plus la force événementielle manifeste sa puissance, plus la propagande agit ; de plus, même si elle a connu des jours meilleurs, cette presse croule sous des montagnes d’argent : l’argent des milliardaires, l’argent de la publicité qui lui est exclusivement réservé, l’argent de l’État, enfin l’argent des lecteurs qui ne devraient même pas mettre un sou pour acheter cette presse stipendiée, tellement l’argent qui corrompt coule à flots. Un quotidien comme Libération (le journal typique des bobos au mental d’aliénés), qui a failli disparaître 20 fois, a été recapitalisé 20 fois… Ne vendrait-il que dix exemplaires par jour, vous le verriez quand même dans les kiosques de France, et en première ligne sur Google avec Le Monde. Quand il s’agit de tromper, d’abuser le citoyen, ils ne manquent jamais de moyens ni d’astuces fallacieuses.

Je n’évoquerai pas ici toutes les techniques qu’emploie la grosse presse pour tromper le lecteur. C’est du grand art, de la haute technique, que ce soient les fameux radiotrottoirs, les débats pipés, les sondages truqués, les bobards invérifiables, le hachage des nouvelles (une info chasse l’autre : pas de temps pour la réflexion), le suggestionnement, la rétention d’information ou au contraire l’exploitation d’une autre, jusqu’à l’overdose, pour faire passer au second plan une information tout aussi importante voire plus qu’il faut absolument taire, etc. Et bien sûr fermer la porte à tous ceux qui n’entrent pas dans le cadre du politiquement correct : tout danger de contestation ou de mise en cause étant ainsi écarté. Le lecteur moyen, celui qui lit quand même les chapôs et pas seulement les titres, est sous anesthésie permanente. Il faut l’euphoriser sans cesse, le maintenir dans une torpeur doucereusement enveloppante, de façon que lorsque vous lui faites remarquer à propos d’une information : « C’est faux. », il se dresse sur son séant et vous rétorque indigné : « C’est écrit dans le journal ! » Sous-entendu : le journal ne peut mentir. C’est le bon réflexe : tout l’art de l’intoxicateur est de l’entretenir savamment. L’intoxicateur dit toujours la vérité.

Vous allez me dire, mais, parmi les 36000 cartes de presse, il y a bien des journalistes dignes de ce nom ?... Dignes de leur profession ?... Ils ne sont pas tous vendus, quand même ?… Bien sûr que oui, mais les vrais journalistes, eux, ne sont pas à la noce ; le festin n’est pas pour eux. Ils sont peut-être quelques centaines, quelques milliers, et se répartissent désormais sur le Net, dans ce qu’on appelle les réseaux de réinformation ou réinfosphère. C’est du journalisme de combat, du journalisme de courage ; il n’y a pas de médaille à gagner, ni de gros chèque à toucher pour passer des vacances à l’île Maurice ou dans un palace de Floride, en remerciement du zèle que vous aurez fourni pour avoir menti et trompé allégrement le citoyen, pour l’avoir tellement intoxiqué qu’il en redemande (l’intoxication sournoise est une pathologie qui induit des phénomènes bien connus d’accoutumance ou d’addiction). Il est peut-être là, dans ce combat-courage, l’honneur du journalisme-sacerdoce retrouvé. Je me sens d’autant plus à l’aise pour parler de la corporation que je ne suis pas moi-même journaliste : j’en parle certes de l’extérieur, mais je subis comme tout le monde (3).

La conclusion est simple : le socialisme est mort, étant entendu qu’il n’a jamais existé ; il n’y a plus ni libéralisme ni idéologies, rien du tout ; la République est moribonde ; elle se vide de jour en jour de ses humeurs pestilentielles et traîne son cadavre d’élection en élection… Les Français ne le savent pas encore, mais cette vaste fumisterie d’enfumage qu’on appelle République « Française » est en état de mort cérébrale, de décomposition avancée ; il ne restera plus bientôt que le combat final qui se profile à l’horizon : le grand combat du Christ contre Satan, autrement dit du bon sens, de la vertu et du besoin de vérité des peuples contre le Veau d’Or. (2015)

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1. Selon l’expression de Jean-Yves Le Gallou, ancien député du Front national historique, spécialiste du déminage médiatique, pionnier de la réinformation.

2. Jean Madiran, feu le directeur co-fondateur du quotidien Présent, disait qu’apprendre le journalisme à l’école, c’est comme apprendre à nager par correspondance. En fait d’écoles de journalistes, ils doivent plutôt apprendre à désinformer et se préparer à exercer leur métier d’intoxicateurs. Pour l’information réelle, on s’adressera à la réinformation, en se disant qu’elle est évidemment loin d’avoir les moyens d’investigation de la grosse presse.

3. Liste à l’instant « T » des principales usines à intox du PAF français, la grosse presse vendue et ventrue, la Grosse Bertha médiatique. À chacun d’apprécier la dose de poison idéologique qu’inocule chacun de ces supports, ou plutôt de ces distributeurs d’extinction intellectuelle par stérilisation mentale. 

Agence France Presse (AFP) que d’aucuns appellent Agence Française de Propagande.

Télévision : TF1, France 2, France 3, France 5, M 6, Arte, TMC, Canal+, BFM TV, ITélé…

Radios : France Inter, France Info, France culture, RTL, Europe 1, RMC, Sud Radio qui donna un temps des sueurs froides au CSA avec son émission choc « Ouvrez-là ! » (L’époque Pierre Fabre, le magnat de la pharmacie ?). Le couperet est tombé : l’ordre règne à Sud-Radio.

Presse écrite :

1) Quotidiens : Le Parisien/Aujourd’hui en France, Le Figaro,  Le Monde,  Les Échos,  Libération,  La Croix, L’Humanité.

2) Hebdos ou news magazines : L’Express, Le Point, Marianne, Le Figaro Magazine, L’Obs, VSD, Paris Match, L’Humanité dimanche, Télérama…

Et évidemment l’ensemble de la PQR ; soit 70 quotidiens locaux, 6 millions d’exemplaires, appartenant à une douzaine de groupes par ordre d’importance du tirage : Groupe SIPA-Ouest-France, Goupe EBRA , Groupe La Voix, Groupe Centre-France, Groupe La Dépêche, Groupe Sud-Ouest, Groupe Amaury (en changement de mains ?), Groupe Télégramme, Groupe NCRO, Groupe La Provence, Groupe Nice-Matin, SNIC… En somme, c’est comme si vous n’aviez qu’un seul quotidien de gauche pour toute la France ; des monopoles locaux absolus sous l’apparence de la multiplicité des titres. Et ils osent parler de pluralité de la presse !

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