Les femmes sont-elles aussi corrompues que les hommes ?

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Mais oui, mais c’est bien sûr…

À force de se répéter pour s’en convaincre que les femmes sont des hommes comme les autres, elles ont fini par y croire au point de reprendre à leur compte tous les vices du mâle, mais plus rarement ses qualités ! Elles ont surtout montré qu’elles étaient capables de se révéler meilleures que les hommes dans le pire, à défaut d’être meilleurs dans le bien.

Connaissez-vous dame Diana Banati ?... Moi non plus… Et cela n’a aucune importance. Parce qu’elle est une parmi d’autres. Cette dame de nationalité hongroise était jusqu’à peu présidente du conseil d’administration de l’EFSA (Autorité européenne pour la sécurité des aliments), un organisme communautaire dépendant de l’Union Européenne ayant pour but de veiller à ce que les industriels de l’agroalimentaire et de l’agrochimie réunis ne vous empoisonnent pas, ou si vous préférez ne vous cancérisent pas, ne fassent de vous des morts-vivants en état de putréfaction avancée en pleine force de l’âge. Cette bienveillante institution de sécurité alimentaire se veut donc une avancée tangible du progrès humain et technologique au service de votre bien-être. Jadis, on mangeait ce que la nature produisait ; aujourd’hui, on mange ce que les profiteurs du lobby de l’agro-business ou de l’agro-affairisme ont décidé de vous faire becqueter ; et, en plus, il faut les surveiller parce qu’ils seraient bien capables de vous intoxiquer massivement ou vous rendre malades, rien que pour alimenter, sous l’effet d’une connivence tacite, leurs collègues du lobby pharmaceutique, Big-pharma ; lesquels attendent l’arme au pied, sourire aux lèvres, stétho fièrement accroché aux oreilles, le débilo en bout de chaîne, avant de l’achever, de le dépecer, de livrer les restes de son corps aux croque-morts ou à la science… La science, mieux que les charognards pour curer un cadavre. La boucle est bouclée.

L’EFSA possède un bel immeuble ultramoderne situé à Parme en Italie (au moins le Parmesan sera bien surveillé), car, quand on est haut fonctionnaire européen, on se doit de travailler dans le luxe et le confort de bureaux opulents équipés de toutes les commodités, y compris du côté de latrines dames et messieurs, que l’on imagine si bien tenues qu’on pourrait se mirer dans le carrelage et y installer la machine à café ; il possède aussi à son service de ces fameux super hauts, très hauts fonctionnaires bien propres sur eux, qui sentent bon le thym et la lavande, heureux d’être sur terre et d’y voir clair, satisfaits de se trouver contents d’être heureux, dûment diplômés cela va de soi, hautement rémunérés en conséquence de tout ce qui est haut chez eux, et accessoirement attachés à veiller sur notre santé alimentaire, si toutefois ils ne fatiguent pas trop. Pour donner une idée du sérieux de ce genre d’organisme « européen », voici le CV affiché de la présidente exécutive de l’EFSA, une française du nom de Catherine Geslain-Lanéelle (c’est toujours très compliqué les noms propre chez les femmes qui sont des têtes pensantes). Attention, pas de blague, c’est du sérieux ; on est dans le haut, le très haut de gamme :

Née à Toulouse (France) en 1963. 

– Diplôme de l’Institut national agronomique Paris-Grignon en 1986. 

– Diplôme de l’École Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts en 1987.

– DEA (diplôme d’études approfondies) de droit communautaire à Paris II, auditeur libre, en 1987.

– Expert national détaché à la Commission européenne, DG III (DG Industrie et Marché intérieur) dans le secteur de la sécurité des aliments entre 1991 et 1993.

– Chef du Bureau du lait et des produits laitiers à la direction de la production et des échanges du Ministère français de l’Agriculture et de la Pêche entre 1994 et 1997.

– Conseiller technique au sein du Cabinet du Ministre de l’Agriculture et de la Pêche entre 1997 et 1998.

– Sous-directeur du département des échanges internationaux à la Direction générale des politiques économique et internationale du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche de 1998 à 2000.

– Directeur général de l’alimentation du Ministère français de l’Agriculture et de la Pêche de 2000 à 2003.

– Président du comité du Codex Alimentarius sur les principes généraux de 2001à 2002. 

– Vice-président du conseil d’administration de l’EFSA de 2002 à 2006. 

– Directeur régional de l’Agriculture et de la Forêt pour la région Ile-de-France entre 2003 et 2006.

– Depuis le 1er juillet 2006, directeur exécutif de l’EFSA.

Distinguée de la Légion d’honneur française le 9 décembre 2008 en reconnaissance d’une carrière émérite de 20 ans au service de la fonction publique français.

– Le nouveau mandat de 5 ans de Catherine Geslain-Lanéelle débute le 1er juillet 2011.

Fichtre ! Elle a eu tout juste le temps de naître et de passer ses diplômes. À ce degré, ce n’est plus un cerveau, c’est un ordinateur institutionnel. Je calcule (il me faut du temps) : en 25 ans de carrière, elle aura été promue 13 fois, ce qui lui laisse à peine deux ans de passage dans un poste déterminé pour faire la preuve de ses compétences. Ce n’est plus de la promotion canapé (je suis bien méchant), c’est de la promotion fusée. Rien n’interdit de penser qu’elle n’est pas arrivée au bout de son cursus ; et l’on peut se demander ce qu’elle pourrait briguer de plus élevé en matière de technocratie administrative pour faire reluire son CV, en attendant la panoplie de médailles qui viendra orner le revers de son tailleur, dans le but de récompenser l’immense dévouement qu’elle aura déployé au service de la cause d’elle-même.

Une chose est sûre : cette technocrate modèle n’aura pas de soucis à se faire pour la retraite… Eh, oui, mon brave, c’est ainsi : quand les femmes s’y mettent, elles s’y mettent ! Les hommes n’ont qu’à bien se tenir. Il est vrai que, dès qu’il s’agit de singer le pouvoir mâle et ses privilèges, elles ne perdent pas de temps et ne se refusent rien ; qu’y a-t-il de plus touchant et de plus sexy qu’une femme technocrate pour faire rêver les jeunes filles modernes ? C’est papa et maman qui ont dû être contents ! Fiers d’avoir investi les économies de toute une vie de sacrifices, et mis tous leurs espoirs dans l’avenir de leur surdouée de progéniture…

Oui, bon, d’accord, il est des fifilles à papa et à maman qui ont beaucoup de mérite. Mais vous aurez beau dire, je regarderais toujours les femmes avec les yeux de l’amour (enfin, jusqu’à un certain âge et selon une certaine plastique, il ne faut tout de même pas exagérer), et vous aurez beau faire, vous ne m’enlèverez pas de l’idée qu’elles sont faites pour donner la tété à bébé, ou pour nettoyer la frimousse pleine de crème au chocolat du petit dernier, avec ces gestes précis, rapides, méticuleux propres aux femmes qui révèlent ce si bel instinct de le mère adapté à sa fonction maternelle, et dont la manifestation me sidère toujours ; a contrario, vous me mettez bébé dans les bras, vous faites de moi le plus malheureux des hommes, maladroit, emprunté, godiche, ne sachant trop quoi faire de l’objet braillard vautré dans ses bras ; et en plus, s’il vient à ouvrir les vannes et à faire sur moi un pipi-caca d’anthologie, attendez-vous à ce que j’appelle au secours pour l’évacuer d’urgence sur la table à langer. Tout ceci pour dire que quand je vois des femmes jouer les crânes d’œufs avec un QI gros comme un popotin de dame patronnesse souffrant de gourmandise tout autant que d’excès lipidiques dus à son addiction aux pâtisseries, il y a quand même quelque chose qui cloche chez les représentantes de la gent féminine que je voudrais bien comprendre : où veulent-elles en venir ? Où veulent-elles nous emmener ?

Je m’égare, je m’égare… Revenons à notre sujet. À dame Banati.

Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, quand le ciel serein de l’EFSA s’est tout à coup obscurci. De méchants justiciers venaient de dénoncer, les vilains, que des membres du conseil d’administration entretenaient des situations de conflits d’intérêts en contravention avec leur statut de (super) fonctionnaire, et en totale contradiction avec l’objet même de leur mission administrative. Tiens donc, voyez-vous ça…

Était surtout visée dame Diana Banati, encore un modèle de technocratie en jupon, membre et présidente du conseil d’administration, qui aurait eu des intérêts dans un des plus puissants lobbies agro-alimentaires du monde ; au point d’en être nommée présidente exécutive pour l’Europe. C’est à peu près comme si un avocat défendant la cause d’une victime, défendait aussi celle de son agresseur ou de son bourreau, tout en palpant des deux côtés. Tout cela étant très logique, honnête, et d’une moralité hautement exemplaire.

Le lobby en question est l’International Life Science Institute (ILSI) ; il comprend tous le haut gratin mondial de l’agro-alimentaire, dont les multinationales Monsanto, Syngenta, BASF, Bayer, Nestlé, Pepsico, Unilever, etc., soit plus de 400 entreprises mondiales du secteur.

Remarquons au passage comment ces lobbies, qui ne reculent devant rien, n’hésitent pas à se camoufler derrière des intitulés ronflants comme celui-ci : Institut International des Sciences de la Vie. Gonflés, les bonhommes ! Ils auraient tort de se gêner. Après tout, qu’est-ce qui empêche Jojo la Déglingue qui croupit en prison, d’hurler à qui veut l’entendre qu’il est un homme de bonne volonté, plein de bonnes intentions, qu’on a pas compris sa sensibilité altruiste, et que s’il a occis un nombre certain de vieilles dames, c’est uniquement par amour des vieilles dames et pour leur bien. La différence, c’est que Jojo peut bien beugler du fond de son mitard, personne ne l’entendra ou croira ce qu’il dit. Tandis qu’eux, ils ont les moyens de faire taire ou de faire parler qui ils veulent, et de lui faire dire ce qu’ils se plaisent à vouloir entendre ou faire entendre. De plus, on remarquera que cet organisme n’hésite pas à faire cohabiter en son sein agro-alimentation et agrochimie, montrant clairement la collusion contre nature qui unit les secteurs de l’agriculture et de l’industrie chimique. Donc pas question de dire ou laisser dire que ces conglomérats mondialistes de l’agro-business empoisonnent délibérément la pauvre humanité.

Quant à dame Banati, qui a manifestement compris toutes les combines de l’art hautement pratiqué dans les institutions européennes, qui consiste à céder à toutes les convoitises et à satisfaire tous les appétits bien qu’elle s’en défende, elle a été accueillie sur le site de l’ILSI avec force courbettes, les institutionnels du lobby n’hésitant pas à saluer cette transfuge comme il se doit en lui donnant du « professeur Banati », histoire de redorer son blason personnel plutôt terni ; il est vrai qu’en y mettant le prix, cela a dû l’aider à franchir le pas d’une conscience plus légère. Le poids de ses convictions n’a pas pesé lourd face aux contreparties alléchantes que lui faisaient miroiter ses nouveaux employeurs. Et l’on imagine sans peine ce que cette personne a cumulé en émoluments mensuels, entre autres, le temps qu’elle a eu un pied au sommet de chacune des deux institutions.

Le 8 mai, l’EFSA demande la démission de Diana Banati de son poste de membre et présidente du conseil d’administration, avec effet immédiat, nous dit la presse. « ‘‘Elle a décidé de prendre des responsabilités au sein de l’International Life Science Institute (ILSI), ce qui n’est pas compatible avec sa fonction (au sein de l’EFSA)’’, explique l’agence dans un communiqué. Diana Banati vient en effet de prendre la fonction de directrice éxecutive pour l’Europe de l’ILSI… Un transfert jugé « scandaleux » par Nina Holland, la responsable de Corporate Europe observatory (Qu’ès aco encore que ce Machin ?) ‘‘Cela montre la nécessité pour la commission européenne de réviser les fondements mêmes de l’EFSA pour éradiquer ces conflits d’intérêts au sein du comité de direction de l’agence (T’a qu’à croire !). Les liens étroits qu’entretient l’EFSA avec le lobby agroalimentaire via l’ILSI Europe amenuisent la capacité de l’autorité d’agir dans l’intérêt public.’’ (Comme tout cela est bien dit ! Nina Holland doit être une cousine du père François). Une vision partagée par José Bové, qui y voit aussi les conséquences des révélations apportées au fil des ans : ‘‘Le travail que nous avons mené depuis septembre 2010 a porté ses fruits et je m’en félicite’’ ».

Je ne suis pas fan de José Bové, mais s’il s’avisait de dire que l’eau mouille quand il pleut, je ne pourrais qu’être d’accord avec lui. Deux ans plus tôt, il avait déjà accusé Mme Banati d’avoir menti en minorant son rôle au sein de l’ILSI pour obtenir son poste à la tête de l’EFSA, alors qu’elle était déjà membre du bureau directeur de l’Institut. Le ver était dans le fruit.

Il semblerait qu’au sein de nombre d’organismes satellites de l’UE — il apparaît que les femmes à gros salaires infestent les instances dirigeantes… Et vous savez que quand les femmes sont cheffes, toutes pénétrées de leur rôle et conscientes de leur importance, elles marchent droites comme la relève de la garde, tellement elles se prennent au sérieux ; pas une ride, pas une moue ne vient humaniser le masque qui leur sert de visage, et nous rappeler qu’elles sont d’abord et avant tout des femmes ; enfin, qu’elles devraient être des grâces féminines… Mais je m’égare, je m’égare, je suis incorrigible… Je reviens donc à mon sujet. Je notais qu’il semblerait que nombre d’agences satellites de l’UE soient soumis aux mêmes conflits d’intérêts entre représentants officiels et lobbies extérieurs. Et l’on en sera d’autant moins étonné que l’UE est entièrement sous contrôle lobbyiste, étatsuniens en tête. En bon français, cette compromission entre ceux qui défendent les intérêts des citoyens et des consommateurs, et les grandes multinationales qui ont le cœur sur la main et la main sur le carnet de chèque dès qu’il s’agit d’apprivoiser les consciences, s’appelle corruption active. La bureaucratie européenne est rongée par cette maladie endémique. Parmi les organismes les plus visés, l’EMA, l’agence des médicaments, comme par hasard — et l’on pense à ce scandale permanent que constitue la délivrance des AMM en France (Autorisation de mise sur le marché) —, et plus surprenant : l’AEE, l’Agence européenne pour l’environnement, les conditions d’exécution de certaines missions étant contestées (1).

Ces organismes constitués de comités scientifiques font appels à des « experts » internationaux, eux-mêmes pas toujours très clairs quant à leur positionnement déontologique. Le champ d’activité de l’EFSA est considérable, puisqu’il touche les domaines de la sécurité des aliments destinés à la consommation humaine et animale, la nutrition, la santé et le bien-être des animaux, ainsi que la protection et la santé des plantes ; dans le cadre de son mandat, l’EFSA évalue également la sécurité environnementale. Une part de plus en plus importante de ses activités est centrée sur l’évaluation de la sécurité de produits, substances et allégations réglementés et soumis à un processus d’autorisation dans l’UE. Son rôle consultatif est de donner des conseils et de formuler des avis scientifiques. On comprend mieux dès lors l’empressement d’un puissant lobby comme l’ISLI à s’introduire au cœur des instances de cet organisme officiel pour tenter d’infléchir ses orientations et ses conclusions scientifiques dans un sens plus conforme aux intérêts de ses sociétaires. D’où l’utilité du « professeur Banati ».

Et pendant ce temps, on a liquidé la paysannerie traditionnelle ; on livre à la consommation humaine des nourritures de plus en plus frelatées et dénaturées, pour ne pas dire franchement dégueulasses, il n’y a pas d’autre mot ; les denrées sont transportées d’un continent à l’autre sans le moindre contrôle, sans la moindre réglementation et hors saison ; l’agriculture traditionnelle en général a été sacrifiée au bénéfice des géants de l’agro-industrie, tandis que la production alimentaire était soumise tant à la spéculation financière qu’au productivisme industriel ; dans cette même logique, ces mêmes géants se démènent dans les pays de l’Est, d’Afrique, d’Amérique du Sud, pour tenter d’accaparer les derniers immenses espaces naturels de la planète afin de les transformer en terres arables et de les soumettre à l’enfer de l’agriculture productiviste.

Merci mesdames. (2012)

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1. L’Union Européenne agit sur trente-six domaines d’action sociaux, politiques et économiques différents dans l’ensemble des 27 pays de l’Europe. On imagine l’étendue du potentiel de corruption possible dans cette organisation supranationale apatride et technocratique, soumise à aucun contrôle autre que celui qu’elle exerce sur elle-même. Son influence illégitime ou plutôt son pouvoir sur les États est disproportionné par rapport à une représentativité purement formelle. L’opinion générale qu’en ont les peuples européens est absolument exécrable. Le ressenti des populations sur le terrain est en totale contradiction avec la prétention des hauts fonctionnaires de cette Institution sans yeux et sans oreilles, déconnectée des réalités, à contribuer au bonheur des peuples. Ses nombreux dysfonctionnements, tout autant que la justification de son interventionnisme entêté, souvent arrogant, déplacé, voire insolent, dans tous les domaines de société (le drame de l’agriculture ou l’ingérence des commissaires européens dans les États, par exemple), irrite au plus haut point les citoyens européens. Il apparaît de plus en plus que cette organisation bureaucratique dotée d’un pouvoir absolu en totale contradiction avec son déficit de légitimité populaire doit être dissoute d’urgence et disparaître dans les poubelles de l’histoire, pour faire place à une véritable Europe des peuples et des nations, conçue et décidée par l’ensemble des citoyens européens et non sans eux et contre eux.

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