Comment perdre la guerre

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Perdre la guerre

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Lisez la légende du journal ci-dessus, puis observez la photo à droite de ce petit photomontage que nous avons réalisé… Cette photo ahurissante est parue dans une chronique du Figaro, il y a quelques années, une rubrique consistant à rappeler quotidiennement une date historique. J’ignore si le journaliste est un naïf ou s’il l’a fait exprès (la deuxième partie du titre de la photo est de nous-mêmes), mais les braves pipious montés sur les bicyclettes à papa sont censés aller combattre l’ennemi allemand auquel la République Française vient de DÉCLARER LA GUERRE… On n’ose en croire ses yeux... C’est une blague ? Mais non, ce n’est pas une blague. Ou presque. Une guerre qui commença d’abord par une farce nommée « Drôle de guerre » ; une farce qui n’allait bientôt amuser personne. En face, les soldats de la Wehrmacht, sourire aux lèvres, les attendent de pied ferme, bottés, casqués comme des extra-terrestres, circulant à moto, sides, véhicules tous-terrains, équipés de matériel de guerre dernier cri, fusils mitrailleurs, mitraillettes, automitrailleuses, pendant que les Stukas font tourner les hélices, que les colonnes de panzers font chauffer les chenilles avant de déferler sur la France en juin 40, poussant les Belges et la population française du Nord sur les routes, dans une effroyable cohue connue sous le nom de Débâcle… Et nos bidasses partent en goguette, pépères sur leurs biclous, certains qu’ils vont faire peur à l’ennemi avec leur Lebel en bandoulière, leurs bandes molletières et la roulante à chevaux qu’on distingue sur le côté. Ou comment envoyer la jeunesse française au massacre. Une fois de plus. C’est une habitude chez nos politiciens républicains de faire massacrer notre brave jeunesse, depuis la levée en masse et la création de la conscription, jusqu’au Bataclan et autres ; et quand ce n’est pas par la guerre ou les attentats, c’est dans le ventre de leurs mères qu’ils sont tués.

Espérons que nos vélocipédistes de combat  avaient leur trousse réglementaire pour réparer les crevaisons : Rustines, râpe, Seccotine… Quand on fait la guerre — il y avait, en effet, des compagnies cyclistes —, il faut être équipé, que diable ! Voilà l’Armée française parée au combat, l’armée du Front populaire, l’armée des cocos et des socialos réunis. Pendant qu’Hitler armait l’Allemagne, que Blum flanquait une pagaille monstre en France avec le Front popu (médaillon), les communistes et la CGT sabotaient allègrement les usines d’armement, menaient des entreprises antimilitaristes de démoralisation et de défaitisme au sein de l’Armée et de la population (1). On connaît la suite : la puissante Armée française sera littéralement désintégrée au premier contact avec l’ennemi et réduite à néant en moins de trois semaine ; puis la Débâcle, une débandade de la honte où l’on peut voir des militaires, débris humains de notre Armée en déroute, arriver à courir plus vite que les civils pour fuir les combats, et les élus de la République se carapater en quatrième vitesse pour tenter de se mettre à l’abri en Afrique du Nord. L’écrivain Lucien Rebatet a déjà décrit le tragique hallucinant de cette période pathétique dans son livre Les Décombres (réédité par Laffont)… Précisons que le Lebel était un excellent fusil, puissant, mais adapté à la guerre de tranchées de 14-18 ; en 1939, il ne l’était plus. Ce sont les mêmes qui ont amené la guerre qu’on retrouvera dans la Résistance, après avoir retourné leur veste ; à la Libération, revanchards gonflés de haine et de vengeance, ils se distingueront par les massacres de l’Épuration.

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Petite anecdote personnelle. Il y a de cela une vingtaine d’années, je rencontrai un vieux monsieur, propriétaire d’une usine de porcelaine, très engagé politiquement ; il avait connu l’avant-guerre et en vint à me raconter ceci :

« En 1938, dit-il, j’avais 20 ans et comme beaucoup de jeunes gens, j’allais souvent au cinéma. À cette époque, le gouvernement du Front Populaire faisait circuler des films de propagande politique en ouverture. Je me souviens d’un de ces films animés représentant un four Bessemer ; on voyait des tanks, des canons, des fusils, tout un matériel de guerre entrer symboliquement dans le four ; puis on voyait ressortir des tracteurs, du matériel agricole, des machines-outils, des engins de chantier, etc. Après la guerre, m’intéressant à la politique de plus près, j’ai vite appris que le gouvernement français était parfaitement informé en 1938 que les Allemands se réarmaient et mettaient de gros, très gros moyens dans l’effort de guerre ; leur choix était clair : entre le beurre et les canons, ils ont choisi les canons. Et ils ne s’en cachaient pas, puisqu’ils ont remilitarisé la Rhénanie en 1936. Trois ans plus tard, en 1939, au moment de la déclaration de guerre par le même gouvernement français, on savait exactement à quoi s’en tenir. Sauf que, pendant ce temps, la propagande pro-allemande des communistes produisait ses effets délétères et entretenait en France un climat euphorique de pacifisme qui allait nous conduire au désastre. Par la suite, j’ai souvent repensé à ce film, surtout durant la période où les communistes se paraient du titre usurpé de ‘‘grands résistants’’ ».

1938, c’est aussi la poudre aux yeux des accords de Munich, le fameux esprit munichois manifesté par la foule accueillant Daladier à son retour de Munich, et sa sortie non moins fameuse : « Les cons, s’ils savaient ! », qu’il retourna en aparté à ceux qui l’acclamaient… S’il savait, lui, que n’a-t-il fait ? Et son successeur, Paul Reynaud, qui, dans la panique du moment, fera entrer dans son gouvernement le Maréchal Pétain alors que celui-ci était en poste à Madrid comme ambassadeur extraordinaire : « Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts » (2) ; c’est encore le « Lâche soulagement » de Blum (3) dont on peut déduire intuitivement qu’il était assis sur une cuvette de WC quand il s’est soulagé ; il faut tenir compte du pacte de non-agression germano-soviétique intervenant l’année suivante et de l’attitude pro-allemande pour ne pas dire pronazie de nos communistes durant cette période ; prendre en compte également le matériel de guerre livré clandestinement par trains entiers aux Républicains espagnols (comprenons aux communistes espagnols), et cela malgré le pacte de non-intervention initié par Blum lui-même lors de la guerre d’Espagne, un matériel qui nous fera défaut et contribuera à affaiblir dans des proportions non négligeables nos capacités défensives déjà bien diminuées, mal préparées, mal utilisées par des hiérarques militaires soumis une fois de plus à l’extraordinaire incompétence de nos politiciens républicains, mais aussi parfois complices de leurs incohérences (4)… Bref, tout était en place sur le plan moral, humain, matériel, politique, stratégique, pour que la France connaisse, en juin 1940, l’une des plus magistrales déculottée militaire de toute son histoire, une véritable correction.

Question :

Pourquoi faut-il que lorsque les socialo-communistes sont au pouvoir, cela se termine invariablement, inéluctablement, par une catastrophe d’ampleur tellurique qui laisse derrière elle des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers de morts ? Et pire, des désastres économiques et sociétaux abyssaux ? Et pourquoi les Français, jamais lassés par l’aberration mentale de ces idéologues dégénérés, faiseurs de catastrophes, de malheurs annoncés, jamais tannés des coups qu’ils encaissent en retour, jamais las des revers humiliants qu’ils subissent, des amères déconvenues et autres douloureuses déceptions qu’ils éprouvent, redemandent du socialisme, encore et encore du socialisme à chaque élection ?... JLO/12/2015

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1. La République qui a le chic pour commémorer régulièrement les périodes les plus désastreuses de son histoire comme des victoires sociales, a érigé en mythe le Front Populaire comme elle l’a fait de Mai 1968. Sauf que les quelques mesures sociales, dont les congés payés (deux semaines), la semaine de 40 heures, le droit syndical, les conventions collectives, la hausse des salaires de 15% (vite mangés par l’inflation galopante) existaient déjà peu ou prou où étaient dans les tuyaux. Quand le Front Popu arrive au pouvoir, la réponse du « peuple » est de provoquer une immense grève qui paralysera l’économie et mettra 2 millions de travailleurs dans les rues. C’est aussi ce moment où la France populaire danse et chante, s’imaginant que le bonheur est entré par les portes et par les fenêtres avec le socialo-communisme. Pour donner une idée de l’euphorie ambiante, un facteur d’accordéons comme la sympathique maison Maugein de Tulle qui emploie de nos jours une vingtaine de personnes, au plus fort du Front Populaire aura occupé jusqu’à trois cents employés. À chaque commémoration, on nous bassine avec ces images de propagande montrant les travailleurs salariés en grève tout à la joie de fêter le bonheur prolétarien, ou les congepés prenant leurs premières vacances à la mer. Cette période d’insouciance et de faux semblants annonce les jours sombres ; pendant que les Français dansent la valse musette, font tourner les robes à volants de la guinguette au bord de l’eau aux ouvrières des ateliers en grève, personne ne voit la guerre se profiler à l’horizon. Ou plutôt : personne ne veut la voir !

2. Lui aussi, il avait le chic pour lancer des bourdes à temps et à contretemps. Thaumaturge, il prédit : « Si l’on me disait que seul un miracle peut sauver la France, je répondrais je crois aux miracles parce que je crois à la France » ; alors que la percée allemande anéantit toutes nos positions militaires et provoque la panique dans les rangs de l’armée, ce Prudhomme de la politique lance : « La situation est grave mais nullement désespérée » — Pétain dira de ce personnage petit par la taille : « Un homme petit en tout »). Notons que si les Vichyssois ont été jugés et condamnés à la Libération à des peines pouvant aller de la perte des droits civiques au peloton d’exécution ou à la guillotine, les trois présidents du Conseil responsables d’avoir amené la guerre par leur impéritie, de 1936 jusqu’à Juillet 1940, sont morts tranquillement dans leur lit ; Blum en 1950, 5 ans après la guerre ; Daladier en 1970, 25 ans après ; Reynaud en 1966, 21 ans. On connaît l’antienne : responsables mais pas coupables…

3. La citation de Blum : « La guerre est probablement écartée. Mais dans des conditions telles que moi, qui n’ai cessé de lutter pour la Paix, qui depuis bien des années lui avait fait d’avance le sacrifice de ma vie, je ne puis éprouver de joie, et que je me sens partagé entre un lâche soulagement et la honte […] » En peu de mot, un modèle d’hypocrisie et de pharisaïsme : il est permis de ne pas croire un mot de sincérité dans ce qu’avance le chef du gouvernement du Front Populaire.

4. Pour s’informer des moyens défensifs français, les Allemands n’avaient pas besoin d’espions ; lors de la construction de la fameuse Ligne Maginot, il leur suffisait de lire les journaux français pour être tenus au courant de la stratégie défensive de leur voisin ; si bien qu’il leur a été très facile de contourner cet énorme dispositif de protection qui aura demandé 11 ans de construction et englouti des crédits publics énormes… pour rien !

Les Allemands, vont donc lancer une offensive leurre vers la Belgique et les Pays-Bas ; le but est d’attirer le gros de l’armée française vers le Nord de la France et de la Belgique. Plus au sud, ils se préparent à lancer un Blitzkrieg selon la tactique chère au général Guderian, une offensive éclair qui portera le nom de plan Manstein ou « coup de faucille », visant à partir de la trouée de Sedan à faire remonter les chars vers la Somme afin d’isoler l’Armée alliée du reste des troupes françaises, et l’enfermer dans la poche de Dunkerque.    

Voici ce que dit la notice Wikipédia : « La trouée de Sedan, terre d’invasion traditionnelle notamment en 1870 et 1914, n’est donc que trop négligée. Pour les Allemands, Sedan est une ville symbole de victoire. En outre, beaucoup de stratèges allemands comme Guderian ont séjourné à Sedan pendant la Première Guerre mondiale ; c’était une zone d’instruction allemande derrière le front, ils connaissent bien cette contrée et Guderian plus particulièrement encore. »[]

L’opération Blitzkrieg (action massive concentrée dans un temps très court des chars et des Stukas avec leurs sirènes stridentes) sera menée de main de maître par les Allemands ; elle aura littéralement tétanisé les troupes françaises, désorganisé le commandement et jeté sur les routes de France des millions de réfugiés. Il faut souligner la résistance limitée mais courageuse de nos soldats qui ont fait avec les moyens qu’on leur a donnés. Si le 22 juin, le Maréchal Pétain n’avait pas signé l’Armistice, ce n’est pas 100 000 morts que la France aurait eu à pleurer, mais des centaines de milliers… Et c’est justement ce qu’on reproche aujourd’hui à Pétain : ne pas avoir continué la guerre ! À croire que la République n’avait déjà qu’un but, un seul : faire tuer la jeunesse française pour la remplacer par une jeunesse venue d’ailleurs !  

5. Encore une anecdote qui témoigne de la désinvolture des autorités politiques et militaires ; quoique mineure, elle traduit bien l’ambiance délétère qui régnait au sein de l’armée… Un ami me confia que dans sa commune, durant la Drôle de guerre, le garde champêtre fit le tour des habitations à la recherche de jeux de cartes pour distraire les soldats ; son père, indigné, lui rétorqua qu’en temps de guerre les soldats avaient pour mission de s’entraîner au combat et non de jouer aux cartes.       

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