La chute de la maison Le Pen

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Ou la voie du déshonneur.

À la veille de l’élection présidentielle de 2017, j’ai pensé qu’il serait bon de revenir sur ce qu’est réellement le Front national, l’image qu’il donne aujourd’hui de la politique, et l’esprit de trahison du clan Le Pen. Le Front national issu de la scission de 1998 n’ayant pas encore changé de nom selon la volonté de sa Présidente, il faut parler du FNH (Front National Historique) d’avant scission, et du FNT (Font National Trahi) d’après scission. Continuer de donner le même nom à une entreprise dont on a détourné la vocation initiale pour en faire autre chose tout en gardant son nom dorigine, voire son contraire, si ce n’est de la trahison, comment faut-il appeler cela ? 

Étant un ancien du FNH, c’est à ce titre que je m’autorise d’évoquer dans les lignes qui suivent certains événements qui ont conduit à ce que le FN d’origine soit devenu un mouvement républicain comme les autres. Peu de gens de la mouvance osent s’en prendre à la dynastie Le Pen ; il y a deux raisons à cela : 1) On ne divise pas l’extrême droite (1) qui est cependant un chef-d’œuvre d’éparpillement et de multi-divisions ; 2) On ne s’en prend pas à la statue du commandeur devant laquelle on est tenu de s’incliner et d’entretenir un certain culte de son vivant.

Je ne me sens pas tenu, pour ma part, de participer à ce genre de culte de la personnalité encore pratiqué à haute dose dans la dernière dictature de la Corée du nord, celle-ci ayant au moins le mérite sur les pseudo-démocraties occidentales de s’afficher telle qu’elle est.

C’est donc à partir de quelques extraits d’un document plus complet sur ce que fut mon adhésion et la crise du Front national de 1998, que je livre ces quelques lignes ; des passages qui en disent long sur la mentalité de cette dynastie Le Pen qui bloque et monopolise le combat antisystème avec ce néo-Front national, tout en faisant le jeu de ce qu’ils prétendent combattre.

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Partons donc de cette fameuse crise de 1998 ; elle est aussi symptomatique de l’attitude des Le Pen et de leur état d’esprit général qui peut se résumer en trois points : népotisme clanique, amour de l’argent, manie de la purge. Il serait vain et surtout trop long de résumer ici les péripéties qui ont amené à la scission. C’est lors d’un conseil national tenu à la Maison de la Chimie à Paris, le 5 décembre 1998, que la crise éclate. Devant l’attitude psychorigide d’un Le Pen qui prend cette sédition pour un affront personnel au mépris des intérêts du mouvement, le directeur administratif du FN, Serge Martinez, réunit les cadres « putschistes », et, profitant d’une disposition spéciale des statuts, propose d’organiser un référendum en interne pour décider de la tenue d’un Congrès extraordinaire. Le résultat est sans appel : une large majorité des 36 à 40 000 militants d’alors se prononce « pour ». En réaction, Le Pen prend ombrage de ce coup d’État référendaire et, en bon avocat, porte l’affaire devant les Tribunaux. Il s’agit cependant d’un débat interne d’ordre strictement privé ; en aucun cas il ne saurait concerner l’Administration publique, sauf cas délictueux ; mais le système est trop content de voir le FN s’embourber, et trouve là l’occasion de lui enfoncer la tête sous l’eau ; les magistrats de la République croient, à ce moment-là, Le Pen politiquement fini : ils jugent la plainte recevable et lui donnent raison.

La scission devient inévitable ; elle va entraîner des bouleversements jusqu’à nettoyer le mouvement de tous ses « indésirables » ; on peut même parler de nettoyage « ethnique » en interne. C’est la fameuse « stratégie de dédiabolisation » initiée dans la coulisse par une jeune personne qui commence à prendre du galon et ne cache pas son ambition d’assurer la succession paternelle : la cadette de la famille, la jeune avocate Marine Le Pen ; elle surgit sur le devant de la scène alors même que le père était prêt à tirer le rideau de fer du Front national et à partir avec la caisse. Mais qui sont-ils donc ces gens pour se permettre de s’emparer du mouvement comme s’il s’agissait de leur propriété personnelle, en traitant des milliers de militants comme une vulgaire marchandise qu’on jette au rebut après avoir fait le tri ?

Les Le Pen père et fille sont habités par une soif inextinguible de reconnaissance sociale et de respectabilité. Diabolisés, ils ne rêvent que dédiabolisation. Ils ne supportent pas cet ostracisme agressif qui les a confinés dans le clan des parias. Ils ne ménagent pas leurs efforts pour multiplier les courbettes devant l’establishment et faire montre de bonne volonté pour se rendre « fréquentables ». J’avais noté quelques observations à la suite du passage éclair du sociologue marxiste (à l’époque) Alain Soral comme conseiller politique, à une période où le Front partait dans tous les sens ; depuis la scission et sous la férule de la fille, il ne cessait d’aller de dérive en dérive…

« Quand je suis entré au FN, je croyais lutter contre l’immigration ; vingt ans plus tard, Le Pen s’adresse, derrière Sarkozy, aux jeunes immigrés beurs et noirs sur la Dalle d’Argenteuil, leur apprenant qu’ils sont la branche de l’arbre français ; il aurait mieux fait de s’occuper des racines françaises de l’arbre, car un arbre sans racines meurt. Un peuple sans racines aussi. Je croyais lutter contre le socialo-communisme : j’apprends qu’il existe un lepéno-marxisme ; je croyais lutter contre l’islam conquérant, j’apprends qu’il existe un courant islamophile, arabophile, voire immigrationniste autour du Président ; je croyais lutter contre l’emprise insupportable de l’État républicain sur la société civile et le citoyen, Le Pen se fend d’un déplacement à Valmy pour faire publiquement allégeance au régime républicain. Les cagueux de Valmy, le symbole de la Révolution française ! De quoi s’esclaffer ! (On sait aujourd’hui que Valmy fut une bataille « arrangée »…) Et pourtant, qu’est-ce qu’on a pu l’entendre, Le Menhir, tonner, que dis-je, tonitruer contre l’établissement républicain et stigmatiser la « Bande des quatre » !... »

Nous sommes maintenant en 2007, au moment de l’élection présidentielle ; Le Pen ne renouvellera pas son exploit de 2002 : arriver second au premier tour. Peu importe : la stratégie de « dédiabolisation » entreprise par la fille se poursuit ; l’épuration au sein du mouvement est rondement menée et sera complète ; sauf exceptions, tous les anciens cadres du FN sont débarqués ou poussés dehors ; sont particulièrement visés les nationalistes et les catholiques de tradition. Même les fidèles de tous les combats, les compagnons de route, les vieux grognards, ne seront pas épargnés, y compris ceux qui insultaient les scissionnistes de la première heure. Pour se dédiaboliser devant le système, Marine Le Pen, à son tour, n’hésite pas à utiliser l’arme de la diabolisation contre les anciens compagnons et amis de son père. Quand dix ans après la scission elle prend — au sens propre — la direction du Front national, elle est à la tête d’un appareil renouvelé dont elle tient fermement les rênes en matrone affirmée du clan Le Pen ; un appareil militant parfaitement épuré, aseptisé, stérilisé, pasteurisé, vidé de toute substance doctrinale nationaliste sur le plan politique, pour tout dire, parfaitement normalisé et républicainement correct (2) ; tel Moïse décidant la conquête de la Palestine avec les nouvelles générations n’ayant pas connu l’Égypte, elle va partir à la conquête des nouveaux territoires de la République avec une faune de jeunes biquets sortis d’on ne sait où (3), propres sur eux et rutilants comme des sous neufs, patriotes de circonstance, ne connaissant rien au passé de leur mouvement, et s’en fichant comme de leur première dent de lait… C’est bien connu : il y a des places à prendre dans la République ; l’État républicain, c’est la Terre promise où coulent le lait et le miel, et où les fromages se font spécialités nombreuses ; d’ailleurs, pour bien faire oublier d’où elle vient, la matrone n’a qu’une idée en tête : changer le nom du mouvement. Marine Le Pen aura réussi ce qui était son obsession : intégrer le système et obtenir la reconnaissance publique en échange de son allégeance (4).

En réalité, elle ne sortira jamais de la diabolisation ; elle ne sera jamais démarginalisée, car le système a justement trop besoin d’elle à la marge ; oui, le système a furieusement besoin du FNT pour empêcher qu’un mouvement de tendance nationaliste se reforme sur sa droite et éviter ainsi toutes fuites électorales qui pourraient s’échapper hors du système ; l’establishment n’hésite pas à l’instrumentaliser, elle et son mouvement, et à en faire le repoussoir officiel de la République. Elle tient le rôle du plastron idéal qui fait son office de protection du système de la main droite, tout en faisant semblant de le combattre de la main gauche.  

Il faut bien comprendre que dans l’ancien FN existait — même s’il était minoritaire et plutôt latent que réellement organisé — un fort courant antisystème, donc antirépublicain ; cela déplaisait fort à Mlle Le Pen ; d’autre part, cette bourgeoise qui voyait dans son « engagement » familial l’occasion de venger sa jeunesse vécue sous le patronyme d’un père publiquement proscrit, trouvait le mouvement trop populaire, trop rétrograde voire carrément réactionnaire ; au final, pas assez à son goût délicat de jeune fille ayant épousé tous les poncifs de la modernité en même temps que son exécration de l’extrême droite. Peut-on voir dans cette haine à peine déguisée de ce que fut l’ancien FN, la part de son ascendance orientale ? Pour cette héritière n’étant jamais sortie du cocon familial, on peut comprendre. Mais le père ?... Pourquoi ce retournement de veste ? Pourquoi rallier le système derrière sa fille ? Pourquoi s’est-il permis de dire un jour : « Toute ma vie, j’ai traîné l’extrême droite comme un boulet » ? Qui l’a poussé ? Que n’a-t-il fait carrière politique chez les gaullistes ou au centre, où il eût été parfait ? (5)

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Pour bien comprendre l’état d’esprit du père à ce moment, il faut remonter quelques mois avant la scission. Une rumeur circulait dans le mouvement selon lequel Le Pen ne voulait pas le pouvoir… Nous ressentions un vrai malaise : il manquait d’enthousiasme, ronronnait dans ses discours, multipliait les provocations publiques par des propos déplacés, s’accrochait avec ses cadres de direction, etc. J’allais avoir confirmation de son refus du pouvoir quelques années après la scission. Une confidence qu’un ami politique m’a rapportée. Ce fut une révélation. Je précise que cette personne était un responsable départemental du mouvement, ancien professeur d’histoire-géographie, historien, érudit, conférencier ; un homme droit, d’une parfaite honnêteté intellectuelle et morale : en aucun cas sa parole ne pouvait être mise en doute. D’autant qu’il me rapporta l’anecdote comme d’une affaire banale glissée dans la conversation. 

Les faits se passent lors d’un dîner-débat. En tant que responsable local, mon ami se trouve assis à la droite de Le Pen. À peine ont-ils pris place qu’il s’adresse à celui-ci : « M. le Président, un bruit court avec insistance : est-il exact que vous ne voulez pas le pouvoir ? Est-ce une rumeur malveillante ou la vérité ? Que faut-il en penser ? » Le Pen lui dit : « Laissez-moi faire les présentations, je vous répondrai après. » Il est de tradition dans un dîner-débat de prononcer quelques mots d’accueil avant le repas et le discours final qui suit. Le Pen se rassoit, puis le repas commence. Au bout d’un moment, il se tourne vers mon ami et lui dit : « Vous m’avez posé une question. Je vous réponds. C’est exact : je ne souhaite pas accéder au pouvoir, parce qu’il existe un risque réel que je sois assassiné par la CIA ou le Mossad israélien. Désormais, je ferais du témoignage. » (6) 

Cette information est pour moi un choc. Nous marchons cote à cote. Je m’arrête brusquement et me tourne vers lui : « Tu peux me répéter ce que tu viens de dire ? » Il réalise l’effet de la révélation sur moi, se doutant de l’usage que je vais en faire. Il me dit : « Si tu en parles, ne cite pas mon nom ; pas pour moi, pour mes enfants. » Il me confirmera verbalement l’anecdote. Je la restitue donc de mémoire. À un ex-proche de Le Pen à qui il rapporta cette anecdote, celui-ci lui répondit : « Le Menhir devait être en veine, ce jour-là ! Ce n’est pas dans ses habitudes de faire ce genre de confidence. »

Un détail d’importance m’interpella : « Désormais, je ferais du témoignage », précise-il. Si j’ai bien compris, cela voulait dire en clair : « Je ne ferais plus de politique ». Hors il se trouve que quelques temps avant la scission, une nouvelle orientation s’était fait jour au sein du FN, portée par le deuxième Secrétaire général du mouvement, Bruno Gollnisch ; une orientation qui pourrait se résumer ainsi : « Le Front national n’a pas vocation à être un parti de gouvernement ; nous nous contenterons de faire du témoignage. » Je ne jurerais pas de l’exactitude de la formulation, mais c’est à peu près cela. Curieuse coïncidence, tout de même !…

Or je me souviens que cette prise de position de la direction nationale m’avait passablement mis hors de moi à l’époque : ainsi donc, nous ne militions plus pour un parti politique susceptible d’accéder au pouvoir, mais pour un patronage local résigné à faire de l’animation municipale. Des années de sacrifices, d’ardeur, de dévouement, en pure perte. Tout ce que nous avions enduré — depuis la fondation du mouvement pour certains —, les insultes, les agressions, les menaces, la diabolisation, l’ostracisation, le « harcèlement démocratique », la perte d’emploi pour les uns, la rupture des relations amicales ou familiales pour d’autres, quand ce n’était pas la perte de leur commerce ou de leur entreprise, le cas s’est vu : tout cela pour des nèfles. J’étais ulcéré. Notre raison d’être était justement de se battre pour porter les hommes et nos idées au pouvoir. La scission étant intervenue entretemps, je n’aurais jamais l’occasion de voir les effets miraculeux de cette nouvelle et subtile stratégie de déculottage. Décidément, il était temps de tirer ma révérence.

Pourtant, nous ne ménagions pas notre peine ni notre temps. Les militants du Front national historique n’ont jamais démérité, bien au contraire. Seulement nous étions trop ancrés dans nos convictions, pas assez souples de l’échine pour nous plier aux finasseries turpides des basses œuvres de la République. Nous avions également le tort de trop aimer notre pays et d’exiger pour lui une autre façon de faire de la politique. Il est vrai qu’il faut avoir le mental sacrément racorni et faisandé pour être républicain. Cela manifestement ne gênait pas les Le Pen (ni d’ailleurs les électeurs de toutes obédiences !) ; ils ne rêvaient que d’être reconnus par le système, de se faire adouber par lui. Ils étaient prêts à toutes les concessions, à tous les reniements. Et quand on a l’âme de la trahison, rien de plus facile : il suffit de franchir le pas ; c’est le prix de la dédiabolisation. Mlle Le Pen a donc eu ce qu’elle cherchait ; elle s’est faite « chiraquiser » et elle a reconstitué un semblant de RPR, ultime concession du système avant qu’elle change d’enseigne : nous voilà repartis pour quarante ans ! Et si aujourd’hui le FN fait autour de 25 à 28%, et même sil crevait le fameux plafond de verre, cela ne sera jamais qu’un effet d’aubaine due au double effet de la politique socialiste catastrophique que n’avait jamais connue à ce point la France, et à l’effet dévastateur, mortifère, de la politique d’invasion migratoire, mais certainement pas au génie politique de la fille, ni aux « normalisations » idéologiques qu’elle a infligées au Front national historique.

Rappelons que Jacques Chirac était ce jeune loup aux dents longues des années 1980, chef du RPR, réputé pour être l’incarnation de la droite dure, qui devint Président de la République. Une fois au pouvoir, comme tous les Présidents dits de « droite », il se contenta de faire, selon son tropisme naturel, une politique de gauche sans jamais remettre en question la politique de ses prédécesseurs (effet cliquet), voire en l’aggravant ou en allant plus loin dans le renoncement.

Quant au renoncement de Le Pen père, si ce n’est une boutade lancée à mon ami pour détourner le sujet, j’y vois une lâcheté indigne d’un chef politique. Depuis l’élection récente du Président américain Donald Trump, on ne manque pas ici où là de faire un parallèle entre celui-ci et Le Pen, surtout par rapport à la présidentielle de 2002 ; il est vrai qu’il y a des similitudes troublantes entre les deux cas ; sauf qu’il subsiste malgré tout une différence et elle est de taille : Trump est un Le Pen qui a eu le courage d’aller jusqu’au bout ; ce ne sont pas les menaces venues de ceux qui lui ont prédit — même souhaité pour certains, y compris en France — de finir assassiné comme le Président John Kennedy, qui l’ont dissuadé de lancer à la foule qui l’acclamait lors de sa campagne électorale, à un moment où les attaques de l’establishment américain se concentraient sur lui : « Je ne vous abandonnerai pas ! » Il aura, sur ce point au moins, tenu une de ses promesses. Déc. 2016

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1. « Extrême droite » signifie antirépublicain, comme d’autres sont antiroyalistes ou anticommunistes… Plus précisément, être d’extrême droite, c’est être hors du système, rangé sous la loi de l’ordre naturel.

2. Le référendum d’initiative populaire faisait partie du programme politique du Front national historique. Il fut un des éléments de mon adhésion au FN. Il a été supprimé après la scission.

3. Cela va dans la droite ligne du père. Il avait tenté d’imposer, à une époque, des Secrétaires départementaux issus des grandes écoles de la République. C’est ainsi qu’à la fédération de Limoges où je militais, un beau jour, il nous tomba du ciel un ingénieur EDF issu de polytechnique en lieu et place de notre Secrétaire départemental, sur le mode un clou chasse l’autre. Un polytechnicien contre un pharmacien… Comme nous n’avions rien à reprocher à notre responsable local, nous récusâmes à la quasi-unanimité le personnage, car, en plus, la méthode expéditive de la direction ne passa pas chez les militants. Après moult discussions, le polytechnicien finit de guerre lasse par reprendre son baluchon et quitta la région. Ce n’est pas sans un pincement au cœur que nous l’évinçâmes, car c’était un homme fort sympathique, armé de solides convictions, avec lequel nous conservâmes des relations amicales. Nous ne visions pas l’homme, évidemment. C’était là encore un effet des lubies de Le Pen, obsédé à l’idée de montrer une vitrine présentable du FN qui fasse oublier son côté populaire, voire populiste… Ce n’est pas pour rien que ce fils de marin pêcheur breton habite la colline de Saint-Cloud ! 

4. À quelque chose malheur est bon : c’est à des anciens du Front national historique et à des sympathisants proches que l’on doit le vaste mouvement de réinformation qui s’est développé depuis quelques années en France, en opposition à la presse du système vendue à la haute finance internationale et à la ploutocratie mondialiste.

5. Contrairement à ce qu’on a l’habitude d’entendre dire, Jean-Marie Le Pen n’est pas le fondateur du FN. Il fut appelé à la présidence du mouvement par un collège d’une quinzaine de personnalités dont certaines étaient issues d’Ordre Nouveau, d’autres de la Résistance, d’autres du régime de Vichy, d’autres du parti communiste ou de la mouvance syndicale... Il fut désigné pour son expérience au sein des comités Tixier-Vignancourt, mais aussi et surtout pour ses talents de tribun et de débatteur ; de plus, il était le seul à avoir une expérience d’élu de la nation ; il fut en effet le plus jeune député du Parlement, après avoir été élu en 1956, à l’âge de 27 ans, sur la liste Union et Fraternité Française des commerçants et artisans de l’UDCA. Paris-Match le surnomma le « Minou Drouet » de la politique. La plupart des co-fondateurs du FN ne sont plus de ce monde ; il n’est pas difficile d’imaginer que bien peu se reconnaîtraient dans le Front de Mlle Le Pen.

6. D’après ce que nous savons des forces obscures qui tentent d’imposer le Nouvel Ordre Mondial, nous pouvons vérifier depuis trente ans leurs déterminations sur le terrain à travers la mise à feu et à sang du Moyen-Orient (« printemps » arabes, État islamique), des Balkans et des pays de l’Est (révolutions de couleurs), de la déstabilisation de l’Europe par la submersion migratoire, etc. ; nous savons également le rôle joué par l’entité triple anglo-américano-sioniste dans cette formidable entreprise de déstabilisation générale du monde ; tous ces éléments corroborent les propos de Jean-Marie Le Pen et justifient ses inquiétudes. Ce qui est moins glorieux, c’est la capitulation de l’intéressé. Quand il a exprimé à mon ami sa volonté de faire du témoignage, dommage qu’il n’ait pas eu à l’esprit cette pensée de Saint-Exupéry : « Le métier de témoin m’a toujours fait horreur. Qui suis-je, si je ne participe pas ? ».

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